LE BLOGOTHORAX

16 janvier 2023

Vernon Bullets pro : 4 succès du hit-parade (Wagram International)

Vernon 4 succès du hit-parade

Beau 45tours bleu offert par la marque Vernon, dont les musiciens ne sont même pas crédités.

Il s'agit d'un orchestre pop de facture standard (basse, guitare, batterie) avec des violons devant qui font les méoldies. Mais il y a aussi un autre instrument, qu'on pourrait d'abord prendre pour un xylophone, avant de constater que c'est plutôt une harpe.

Le tout donne un son très aérien, avec pas mal d'écho, sur une musique assez groovy-pop quand même. Du coup ça ne sonne pas trop variété, plutôt agréable et étonnant. Enfin, ceci est valable seulement pour les 2 bons morceaux, car ceux qui ouvrent chaque face ne sont pas terribles : L'amour te ressemble (reprise d'un slow d'Adamo) et San Francisco (reprise de la ballade hippie de Sctoo McKenzie signée John Philipps).

Par contre, les 2 autres instrumentaux (non-crédités sur le disque) sont bien cool ! Le meilleur est Voom-voom-jerk, en face A. On ne reconnait pas tout de suite le thème car les arrangements sont bien personnalisés, mais il s'agit en fait d'une reprise de l'excellent Got to get you into my life, des Beatles (pas chiés, les mecs de Wagram, quand même !). Ce titre a été popularisé en France (si besoin était) par Johnny Hallyday (en grande forme) sous le titre Je veux te graver dans ma vie. Bonne version ici aussi, plus calme mais remplie de cordes de violons et de harpe avec plein d'écho, une sorte de musique planante de Prisunic pop des sixties !

Le morceau de fin de face B est du même tonneau, il s'appelle Bullets walk (en référence à un autre modèle de chaussures présenté au verso de la pochette). Comme le disque annonce "4 succès du hit-parade", c'est sans doute encore une reprise (non déclarée) mais je ne connais pas cette compo, qui est un bon jerk assez guilleret, une fois plus plein de violons, avec quelques micros breaks de batterie ; ça  sonne très musique de film, ambiance Ne nous fâchons pas et compagnie... 

Sur l'identité de l'orchestre, j'ai ma petite idée : vu la période et vu le son, ça pourrait bien être Pierre Spiers et sa harpe électronique, car il a fait pas de 45tours un peu dans ce style. (à confirmer)

Voilà, 2 bons titres dans une belle pochette : merci les baskets Vernon ! Bon à savoir, l'étiquette indique "Disque 2" : il y a donc un premier volume. Et la pochette précise au verso : "IMPORTANT : 4 autres succès du hit-parade vous seront offerts pour un autre achat de BULLETS-PRO de Vernon". ça ne va sûrement pas être possible pour les pompes, mais on se rabattra sur le marché d'occasion  compléter cette collection de galettes...

Après une petite recherche, il s'avère sur Discogs qu'il existe 3 autres volumes et que le premier a la même pochette que le deuxième : seuls changent les titres des chansons, inscrits au recto. Le label Vernon a ensuite sorti 2 autres disques, sous l'appellation Cocktail variétés - N° 3 et N° 4, qui ne sont sans doute pas aussi bons (de mémoire, j'avais le volume 4 qui ne m'avait pas emballé).

 https://www.discogs.com/fr/label/109205-Vernon

 

Vernon verso

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27 novembre 2022

Mes meilleurs morceaux des Beatles

Vaste sujet, les Beatles ! Presque tout est bon avec eux, alors je m’en tiendrai ici à l’excellent, la crème de la crème, sinon ce serait trop long…

Il faut savoir que je suis un Lennonien et pas un McCartneyste, donc ça oriente pas mal mes choix. Mais à côté de ses mièvreries, McCartney a quand même fait quelques morceaux excellents, sans oublier Harrison, qui en signé peu mais souvent des très bons. Pour Ringo, ça reste anecdotique : quelques trucs marrants mais sans plus.

Beatles Hamburg-1961-live

Les Beatles, ça commence avant 1963, avec les disques de la période hambourgeoise, quand ils accompagnaient Tony Sheridan. Il y a quelques très bonnes choses, en particulier un instrumental : Cry for a shadow. On y voit déjà toute leur subtilité mélodique, excellentes guitares. Leur style, le son de leur collaboration basse/guitares sont déjà posés.

 

Beatles Please please me

1963 : premier véritable album, Please please me. C’est encore un peu conventionnel mais déjà plein de charme. Et ça commence fort avec un rock imparable, tendu, bien envoyé : I saw her standing there. Les guitares sont encore assez discrètes, c’est la basse et les voix qui envoient l’énergie. Il y a d’autres bons titres comme la ballade There’s a place, et plusieurs reprises, dont Anna (go to him) d’Arthur Alexander et la très bonne version de Twist and shout (des Isley Brothers) très enthousiaste.

 

Beatles With-The-Beatles

Deuxième album : With the Beatles, toujours en 63, seulement 6 mois plus tard. Et on passe à la vitesse supérieure. Ça commence doucement mais dès le 3ème titre, on trouve un grand classique des Beatles, All my loving, chanté par McCartney. Et juste après, Don’t bother me, de George Harrison. Ce morceau étonnant est d’une totale modernité, c’est mon préféré de l’album, le riff basse/guitare du couplet est génial, le solo aussi, le chant du refrain a une résonnance incroyable ; les voix sont presque toujours doublées, voir triplées, chez les Beatles. Little child, chantée par Lennon, clôt cette bonne série de 3. Il y a encore 6 reprises sur ce disque, c’est beaucoup. Et je trouve que ce n’est pas toujours le fort des Beatles. Si celle des Marvelettes, Mister postman, est super, celle de Roll over Beethoven ne vaut pas l’original de Chuck Berry et celle de Money (Barrett strong) ne vaut pas la chaleureuse version des Sonics. Par ailleurs, la version de I wanna be your man par les Rolling Stones est mortelle, les Beatles leur avaient offert cette composition mais leur propre version (chantée par Ringo) n’est carrément pas au niveau. Par contre, la reprise de Richard Drapkin, Devil in her heart, est superbe, avec plusieurs voix et des chœurs très beaux. Et il reste Not a second time, magnifique compo nostalgique de Lennon et chantée par lui.

 

Beatles hard day's night

1964 : les Beatles vont rester sur le rythme d’un album tous les 6 mois jusqu’en 66, ce qui est carrément hallucinant, vu la qualité et quantité de titres qu’ils comportent (presque toujours 7 titres par face). Dès le premier accord et le démarrage rythmique qui le suit, sur A hard day’s night, la chanson d’ouverture qui donne aussi son titre à l’album, on sent qu’on monte encore d’un cran, c’est super entrainant, un pur tube ! S’en suit une hallucinante série de pépites, toutes les chansons sont superbes, rock ou ballades, tout le long du disque - à part I’ll cry instead, morceau country qui est moyen ! Mes préférées sont la sautillante I’m happy just to dance whith you, de George Harrisson, avec ses petits coups de toms et sa super mélodie, la punchy Any time at all et When I get home, chanté par Lennon, avec un rythme assez syncopé et des chœurs puissants. Mais McCartney n’est pas en reste avec sa belle ballade And I love her, dont les Waillers (le groupe de Bob Marley) firent une reprise en reggae encore meilleure, à la même époque. Notons que dans ce troisième album, il n'y a plus une seule reprise : que des compos originales et (presque) que des tubes !

 

 

 

Beatles for sale

Quatrième album : Beatles for sale. Ça commence bien avec un morceau mid-tempo très beau chanté par John Lennon, No reply. Malgré son côté folk légèrement désuet, j’ai aussi un faible pour Baby’s in black. Mais l’une des pépites de cet album est la reprise de Rock and roll music de Chuck Berry, chantée par John : grande réussite, elle est super pêchue, dansante et joyeuse, incontournable ! Un peu plus loin, une autre reprise vaut son pesant d’or : Mr. Moonlight, d’abord chantée par un certain Piano Red. Superbe compo et excellent solo d’orgue à fond les manettes au milieu - et John toujours en grande forme au chant. Par contre, juste après il y a une reprise de Kansas City chantée par McCartney et là j’ai du mal avec ce style. Face B : elle démarre par un grand classique des Beatles, Eight days a week, là on retrouve le génie de l’album précédent : une mélodie et un rythme qui coulent de source et qui vous restent en tête. Encore deux reprises ensuite, une bien chouette et aérienne de Buddy Holly, Words of love, puis une un peu lourdingue de Carl Perkins chantée par Ringo (Honey don’t). George se fera lui aussi un Perkins en fin de face, meilleur mais pas transcendant. La raison de ce gros retour des reprises est que les Beatles étaient essorés comme des citrons, par le rythme élevé d’enregistrements et de concerts impulsé par leur management. Trois belles compos achèvent le disque, avec surtout What you’re doing, particulièrement classieuse, chantée par Paul. Super riff de guitare et super solo soutenu par un piano.

 

Beatles Help !

En 1965, ça continue très fort avec la sortie de Help ! à la fois album et bande originale de leur deuxième film (pour les titres de la face A). C’est une série de tubes monstrueux à laquelle tous les gens nés comme moi au 20e siècle n’ont fatalement pas pu échapper ! Premier titre :  Help ! est-il besoin de le présenter ? Son seul tort pourrait être d’avoir été trop entendu. Puis The night before, à la fois super entrainant et tout en finesse, chant et chœurs, piano électrique, guitare solo… tout est génial. Inaltérable ! On ne va pas toutes les citer même si elles le mériteraient, mais I need you, de Georges, est l’une des plus belles, caractérisée par son écho sur la guitare. Et la face se termine par Ticket to ride, morceau tranquille et splendide, qui enterrerait à lui seul la discographie de plein de groupes mineurs. Notons ici la batterie efficacement minimaliste et le super tambourin présent par moments. La face B est plus contrastée, avec une reprise country de Ringo un peu relou comme d’habitude (Act naturally) et une compo country-folk un peu relou de McCartney (un partout !), I’ve just seen a face. Mais par contre, entre les deux, une série de trois bijoux, qui commence par par It’s only love, de John, magnifique chanson d’amour assez lente, suivie par un sublime titre mid-tempo de George, You like me to much, avec Paul au piano électrique. Titre à la fois gai et nostalgique (ce qui est pour moi une spécificité des Beatles) qui vous prend aux tripes par ses harmonies, perturbé par un passage de solo légèrement country, mais avec des couplets et un pont impeccables. Le festival continue avec Tell me what you see, où le piano électrique fait une fois plus des merveilles ! Puis arrive un titre problématique, bien plus que les reprises country : Yesterday. Bon c’est beau, bien sûr, mais c’est un peu chiant au même titre que Happy birthday ou Petit papa noël. Par contre l’album se fini sur les chapeaux de roues avec une excellente reprise de Larry Williams, Dizzy miss lizzy. John y est aussi bon et rageux que dans sa reprise du Rock and roll de Berry, super riff de guitare et plein de cymbales partout - et puis la cloche sur la batterie, ça groove à mort.

 

Beatles Rubber soul

Et là attention, je ne sais pas quand les Beatles ont trouvé le temps de reprendre leur souffle, mais on poursuit direct avec un deuxième album cette même année 65 et toujours au top niveau avec Rubber soul. Il s’ouvre par Drive my car, chef d’œuvre très novateur, comme Satisfaction des Stones ou My generation des Who à la même époque ; c’est puissant et revendicatif, ça met une claque ! Avec ces morceaux-là, on se croirait déjà en 66… Par contre le deuxième titre, Norvegian wood m’est un peu pénible à la réécoute, mais ça s’améliore vite avec You won’t see me et encore plus Nowhere man, superbe compo chanté par les trois compères, interventions de lead guitare, mélodie de chant et chœurs inoubliables ! Notons qu’il n’y a que des compos originales sur ce disque, dont deux par Harrison, avec justement ici Think for yourself, belle surprise agrémentée d’une basse fuzz du plus bel effet. Ensuite on trouve The Word, très bon aussi et la face se termine par le fameux Michèle, qui est un peu l’équivalent du Yesterday de l’album précédent en moins pire. C’est le côté très classique de Paul qui s’affirme. Et on retrouve en face B l’habituelle intervention countrysante de Ringo sauf que cette fois, c’est une compo et qu’elle a plutôt de la gueule (What goes on), c’est bien. D’ailleurs toute la face est bonne, avec le beau Girl, larmoyant mais qui montre la différence d’approche de John Lennon, qui dans ce style est tellement plus touchant que Paul McCartney, à mon avis. Puis passons directement à Wait, vraiment une de leur plus belles chansons, avec l’effet de guitare décalée sur le refrain et le rythme de batterie s’excitant après les couplets, sans parler des voix toujours somptueuses. Juste derrière : If I needed someone, dans le même genre mais encore plus classe (c’est la deuxième compo d’Harrison sur l’album) ! Un cran en dessous mais très sympa et enjouée, Run for your life conclut l’affaire en beauté (Nancy Sinatra en fera une super reprise, avec des cuivres, sur son EP This boots are made for walking).

 

Beatles Revolver

1966 : l’année magique du garage rock sixties : la musique rock est de plus en plus élaborée, puissante et inventive, mais on n’a pas encore basculé non-plus dans le n’importe quoi, c’est le temps de la pédale fuzz, des riffs qui tuent, des rythmiques qui groovent à mort, les Sonics, les Stones, les Easybeats, les Who, les Kinks, etc. Et les Beatles sont bien sûr à la pointe de tout ce phénomène, avec l’album Revolver, qui sort au mois d’août. Dès le premier morceau, ça fait très fort, avec Taxman (encore une très bonne compo d’Harrison), rien que le son de basse est un chef d’œuvre en soi. Super chanson très percussive, avec une ligne de basse dont The Jam s’inspireront intelligemment pour leur morceau Start ! (sur l’album Sound affects, 1980). Solo de guitare aussi court qu’époustouflant avec des notes orientalisantes et un son d’enfer, plus un bis en fin de morceau. Ensuite on droit direct à la mièvrerie néo-classique de service de McCartney - bon je suis méchant, Eleanor Rigby, c’est quand même pas mal, dans le genre. Puis ça repart très fort avec une nouvelle pépite, chantée par Lennon : I’m only sleeping : magnifique ! chanson nostalgique en accords mineurs avec solo de guitare passé à l’envers, on arrive petit dans le psychédélisme. Les chœurs aussi sont très beaux. Love you to : c’est la première incursion au sitar d’Harrison sur les disques des Beatles, il y en aura d’autres ; pas mal. Ensuite, une gentille balade assez classique suivie par une marche marrante qui est devenu un standard célébrissime : Yellow submarine. Plutôt un truc pour enfants, mais très sympa quand même à la réécoute. Et enfin, pour clôturer cette face un poil faible, une beauté absolue : She said she said ! Dans leur plus grande tradition de mélodies et harmonies vocales et guitaristiques en canon de toute beauté, les Beatles sont à leur top. Face B : Good day sunshine n’est pas mal, mais très marquée du style McCartney, un peu trop cliché à mon goût. Par contraste, le titre suivant n’en est que plus éclatant : And your bird can sing, encore un immense chef d’œuvre, nerveux et délicat à la fois, avec superbes mélodies de chant et de guitares entrecroisées, soutenues par ligne de basse impeccable. Sinon, il y a deux titres un peu plus faibles, For no one et I want to tell you, mais il reste les excellents et énergiques : Dr. Robert, avec des passages tout en finesse et des guitares doublées un peu flottantes, magiques, puis le terrible rhythm & blues Got to get you into my life, avec ses cuivres bien chauds et sa basse énorme qui booste tout, sans oublier les deux guitares et le final énervé qu’on aimerait bien entre perdurer quand la fin est shuntée. La reprise par Johnny Halliday, sous le titre Je veux te graver dans ma vie est à entendre car au niveau puissance de l’orchestration soul et voix déchainée, vous ne serez pas déçus ! Et pour finir, le clou du spectacle, le fameux Tomorrow never knows, un titre totalement hallucinant, dont on ne sait pas où il sort, avec des boucles d’instruments passés à l’envers et un rythme de batterie assez atypique. Un truc très expérimental mais en même temps très groovy et agréable à écouter, on dirait qu’il avait des années lumières d’avance sur plein de choses en musique. D’ailleurs ce titre est devenu une référence dans le milieu des musiques électroniques et ce jusqu’à aujourd’hui. Pour l’anecdote (je l’aime beaucoup, celle-là), comme les Stones venaient de sortir After-Math, énorme album (leur meilleur selon moi), les Beatles se demandaient quel titre choisir pour leur album (futur Revolver) et du coup Ringo proposait After-Geography ! C’est couillon mais on sent le type sympa, de bonne compagnie.

 

À ce stade, on arrive à un tournant dans l’œuvre des Beatles, on lit et on entend souvent (pour ne pas dire toujours) qu’il y a leur période de jeunesse, puis leur période mâture, d’excellence. Je ne suis pas trop d’accord avec ça, car il y a des trucs géniaux dès les débuts et aussi des merdes sur la fin. Pas d’accord non plus avec la coupure choisie par leur maison de disque, sur les deux fameuses compilations « Rouge » et « Bleue », sorties en 1973. Ils ont fait la coupure entre 1966 et 1967, donnant plus d’importance à période de la fin du groupe qu’à celle du début. Y compris Revolver se retrouve rangé avec Rubber soul dans l’album rouge, ça fait quand même 7 albums et 5 ans d’un côté, contre 5 album et 4 ans de l’autre, sans compter que parmi les 5 on trouve une compile (Magical Mystery Tour) et un disque quasiment posthume (1970) et pas au niveau : Let it be.  

Mais bon, toujours est-il que ces compilations ont été l’occasion d’ajouter quelques singles qui ne figuraient pas sur les albums et on touche là à un point très important : les nombreux chefs-d’œuvre hors-album des groupes anglais des années 60, qui n’étaient disponibles qu’en EP ou en single.

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Concernant les Beatles, voici le moment d’en citer plusieurs, qui sont pour moi incontournables ! D’abord She loves you, énorme tube, trop bien trouvé, super entrainant, avec son chant à plusieurs voix et ses chœurs en yeah yeah et en ououhh qui emportent tout ! Et rebelote avec I wanna hold your hand, un peu moins puissant mais plus subtil, avec son petit pont et sa montée, qui repart ensuite de plus belle sur les couplets/refrains. Incontournables, ces deux-là, de 1963 ! Et un autre, de 1964, qui est vraiment magnifique : I feel fine ! Dès l’intro à la basse, puis le riff de guitare, c’est génial : super chant, super mélodie, super rythme, super arrangements… la quintessence des Beatles.

Ensuite, en 1965, une autre single indispensable réunit deux excellents titres : We can work it out, avec un super passage en mode valse sur les refrains, chantés à deux avec Lennon tandis que les couplets le sont par McCartney. Et surtout l’autre face, Day tripper : une tuerie totale, une référence qui va bien marquer le rock et le garage-rock, avec son excellent riff de guitare fuzz, encore un cran au-dessus de Taxman ! Tout le titre est chanté à deux par John et Paul. Notons qu’il sera repris par de nombreuses stars, dont Jimi Hendrix et Otis Redding, ou encore Nancy Sinatra (encore elle). Enfin, encore une merveille sortie en 45tours uniquement, en 1966 cette fois-ci : Paperback writter. Toujours ces superbes sons de guitares et ces voix en chœurs, avec un peu d’écho, super riff, superbes mélodies, c’est fou à quel point ils en produisaient à la pelle à ce moment-là. Et, faut-il le préciser ? tous ces singles ont été numéro un dans les hit-parades de l’époque !

 

Fin du premier épisode (le rouge), à suivre pour le deuxième épisode (le bleu) …

 

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26 novembre 2022

Too much class… Dogs, l’histoire / Catherine Laboubée (La Belle Saison, 2013)

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Too much class… Dogs, l’histoire / Catherine Laboubée (La Belle Saison, 2013)

Un beau livre de 320 pages sur l’histoire des Dogs, mythique groupe français de rock and roll, vu par la sœur du chanteur, qui était très proche et très fan du groupe. On apprend plein de trucs, sur l’histoire de ce groupe, sur la scène normande (Rouen, Le Havre…) et sur le rock français en général. On suit toute l’épopée d’un groupe de province, des années 70 aux années 2000, mais celui-ci était spécialement bon, alors il a eu son heure de gloire et son cercle de fans. Moi je ne suis pas ultra-fan de tout ce qu’ils ont fait, mais il y a de très belles choses, Too much class for the neighbourhood (1982) est mon album préféré. A l’évidence, Dominique Laboubée avait une personnalité charmante et captivante. Sa mort en 2002 signait forcément la fin du groupe, son groupe, qui aura vu délier un paquet de contributeurs, dont Tony Truant par exemple. Dans ce livre, on suit toutes les tournées du groupe, toutes les préparations d’albums, avec beaucoup de témoignages, d'articles de presse, de photos, de tickets de concerts, de guitares, de paroles de chansons et bien sûr une discographie complète… la totale, en somme. Dans le prolongement, j’ai pu voir une émission de télé avec Philippe Manœuvre (Top bab, 2000) où Dominique parle des trucs qu’il aime, c’est très bien :


https://www.youtube.com/watch?v=G0DmZSCLH6s

(livre lu en 2022, merci à mon copain André)

 

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19 septembre 2022

Compile spéciale du DJ-Juin (2003)

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Compile spéciale du DJ-Juin (CD-R – 36 titres – Juin 2003)

Celle-ci ne servait pas juste à regrouper mes écoutes du moment, elle avait une fonction précise, pour alimenter une soirée DJ, que j’organisais avec un copain, Giscard Le Survivant. A vrai dire c’était plutôt une fin d’après-midi qu’une soirée et plutôt une séance de passage de disques qu’un DJ-set pour danser.

On avait trouvé asile dans un petit bar sympa du 12e arrondissement, l’Orient-Express, pas très loin de Nation, où j’ait fait plusieurs soirées et concerts, sur 2 ou 3 ans. On avait en plus invité le Colonel, un copain de L’Opération Kangourou, qui s’était à cette époque rebaptisée Le Paléophone du Kangourou. Il avait d’ailleurs ramené son propre électrophone portatif pour passer ses vinyles dessus, tandis qu’à cette époque, j’utilisais pour ma part uniquement des compiles CD, plus pratiques pour réunir des trucs hétéroclites et préparer des mixages de bruits et de voix et de mélodies dont j’écrivais scrupuleusement la trame à l’avance.

Donc c’est le cas pour cette compile CD-R, qui réunit à la fois des petits coups de cœurs ou découvertes du moment, des bribes de dialogues ou de BO de films et des grands classiques de mon panthéon personnel.

The Chambers Brothers : Time as come today (1). J’avais découvert récemment ce succès américain assez psyché de 1968, par un groupe rock & soul californien. Son originalité est qu’il est parsemé de passages sonores où l’on entend un métronome qui accélère ou qui ralenti, entrainant la musique derrière lui, symbolisant le temps qui passe et les fluctuations de sa perception. Bonne compo, pas extraordinaire non plus mais marquante et marrante.

Captain Beefheart : Here I am, I always am (3). Là on est dans mes favoris de tous les temps. Magnifique morceau issu des toutes premières sessions de Beefheart, en 1966, qui avaient donné lieu à deux 45tours, dont sa redoutable reprise du Diddy wha Diddy de Bo Diddley, tandis que ce cinquième titre était resté inédit… Jusqu’à son édition en maxi-45tours dans les années 80, qui me fut offerte par Tof, le clarinettiste des Combinaisons, sans doute pour mes 18 ans. C’est en fait une valse, avec une très belle guitare, qui se transforme en rock au rythme martial sur les refrains, le tout avec l’incroyable chant du Captain tout du long. Un vrai trésor caché, à découvrir !

Elvis Presley : His latest flame et Return to sender (4/5). Deux grands classiques du king, qu’il n’est même pas la peine de présenter, mais qui sont vraiment parmi mes titres préférés de lui. Il y a par contre une autre raison à leur présence ici. Mes prestations de passages de disques avaient pour but initial de pallier à l’impossibilité d’interpréter en concert les créations que je faisais sous le nom du Vieux Thorax, uniquement à base de collages de samples. Donc je passais certains de mes morceaux en CD en les mixant avec les titres originaux dont j’avais utilisé des passages comme fondations. C’est le cas de His latest flame dont la rythmique du refrain sert de couplet sur Plastic men, un morceau que j’avais placé sur le split CD qu’on venait tout juste sortir : Le Vieux Thorax rencontre Giscard le Survivant (6 titres chacun).

Même principe avec Outta place, des Real Kids (6), mais cette fois c’était pour enchainer un autre titre de ce sublime album live de 1983 (au Bataclan, sorti par New Rose) avec celui que j’avais utilisé pour un de mes titres (Do the boob, utilisé pour Réelle attaque). En fait je ne me faisais pas chier, je samplais les trucs qui me paraissaient les plus énormes, les plus grosses tueries, sans vergogne, parce que j’adorais ça, tout simplement. J’en faisais quand même autre chose, les replaçant dans un contexte plus electro, prédominant à l’époque et en les mélangeant avec d’autres trucs, mais on reconnaissait nettement les gimmicks. C’était volontaire, pour les honorer, leur donner une deuxième vie, les faires redécouvrir (j’ai fait ça aussi avec du Pretenders, du Rolling Stones, du Sonics, etc.)

Walter Wanderley : Bicho do mato (9). Là, typiquement un truc que je venais de découvrir par hasard. « Tiens, c’est bien, allez hop, je prends, je le passe ». Je l’avais complètement oublié depuis, bon truc de pop / bossa nova à l’orgue Hammond (1964), je l'ai réécouté et je trouve ça toujours très bien.

Deux extraits du Clavier bien tempéré de J.-S. Bach (Prélude III - BWV848 et Fugue II - BWV847). (11/12) J’en écoutais pour mon boulot et Bach était l’un des rares compositeurs de classique que j’appréciais. Après, tout dépend de l’interprétation car on peut aussi bien le jouer au piano qu’au clavecin ou à l’orgue. Au piano c’est sympa mais trop classique, un peu chiant ; au clavecin, j’adore le son de cet instrument ; mais là, c’était à l’orgue d’église (par Louis Thiry) et ça faisait un son très original et étrange, comme dans une vieille BO de film en noir et blanc, parfait pour un petit bout d’ambiance sonore entre deux morceaux de rock, par exemple.

Holden : Je te reconnais (13). J’adorais ce groupe français, du label Lithium, leur premier album mais encore plus le 2ème, Pedrolira (2002) dont est extrait ce titre légèrement mambo et très frais, avec des supers sons de guitare de Mocke, plus un superbe solo d’orgue au son plus lugubre et inattendu (peut-être en lien avec les extraits de Bach que j’avais placés avant ?) et bien sûr la belle voix d’Armelle, la chanteuse. Pour moi, ce disque reste l’un des meilleurs jamais sortis en matière de pop française.

Les Wampas : Giscard complice (16). Là évidement, il s’agissait de faire un gros clin d’œil à mon copain Giscard le Surv’ (aka Victor Hams). La musique est bonne, sur un tempo lent, les paroles sont marrantes, même si Didier Wampas a un peu abusé des références aux hommes politiques et aux souvenirs de jeunesse, par la suite, mais là ça marche bien, à part le refrain en mode tempo accéléré qui est un peu relou, mais court alors ça va. C’était extrait de l’album Never trust a guy who after having been a punk, is now playing electro (!) sorti en 2003, qui était encore de bonne tenue, avec quelques très bons morceaux tels que Comme un kenyan (après celui-là, j’ai décroché).

Extraits de discours d’hommes politiques : Giscard (logique) et Chirac (17/18). Lui, c’était pour enchaîner avec le groupe fétiche de mes jeunes années à Reims : Les Combinaisons, puisqu’il emploie ce mot au détour d’une phrase : « Avec lui, vous savez, rien n’est sûr, sinon le flottement et les combinaisons ».

Du coup, allez hop, j’enchaînais avec Les Combinaisons et leur grand tube Sardines à l’huile (19), dans sa deuxième et excellente version qui fût enregistrée en 1989 (tandis que celle du 45t date de 1987). Comme je l’ai dit, sur ce CD, c’est en partie un florilège de mes trucs favoris, donc en voilà un et pour compléter avec un deuxième groupe rémois, j’avais mis Welcome to the TV show des Arajas (20). Pour moi, ce sont les deux meilleurs groupes rock de Reims sur les années 1980/90. J’espère qu’un jour ces morceaux auront l’honneur de figurer sur une vraie compilation rétrospective digne de ce nom – avec pressage en vinyle et en CD galvanoplastifié, livret en couleur et tout l’bazar !

Léo Ornstein : Dance of the dead (21). Bizarre et court morceau de piano dissonant, extrait d’une pièce sur la guerre 14 (Poems of 1917 Op. 41). Pas mal, ambiance musique de film, pour aller vite.

Buzzcocks : Nostalgia (22). Et ça continue, dans la série des grands classiques ! L’un des tous meilleurs titres de l’un des mes groupes punks préférés (historiquement punks mais grands précurseurs de toute la pop anglaise mélodique des années 80). On a beau l’avoir entendu mille fois, ce morceau reste éternellement beau à pleurer, avec la voix de Pete Shelley et son solo de guitare.

Dans un tout autre style, mais magnifique également (si, si !) : Dans la lumière de Mike Brant (24), un slow flamboyant et haut en couleur des années 70, où il en fait des tonnes dans la séduction avec sa voix à la fois puissante et tout en finesse. Un must ! Son sex-appeal était du même niveau de celui d’Elvis, mais contrairement à beaucoup d’autres chanteurs de la scène française, on sent que lui était très sympa.

Jimi Hendrix Experience : Day Tripper (25) : Bon, là, on reste sur les sommets de l’Olympe, dans le genre chanteur et artiste hors-norme. Ici avec une petite rareté : la reprise de Day tripper, des Beatles, jouée live en studio pour la BBC, en 1967 : c’est puissant ! Quand Jimi aimait bien un artiste, il n’hésitait pas à le reprendre, comme un fan de base, et parfois à le transcender, comme pour All along the watchtower de Bob Dylan, par exemple. L’album Hendrix BBC sessions vaut le détour…

Jacqueline Taïeb : Le printemps à Paris(27). J’adore cette chanson assez peu connue de cette égérie française des yéyés sixties, à qui on doit le fameux 7h du matin, qui est devenu un morceau culte dans les années 2000, suite à sa réédition. Ici, c’est un titre lent et délicat, sur la douceur des beaux jours. Belle voix langoureuse, flûte traversière et surtout un trombone majestueux dont les interventions sont très classe. 1967 (grand cru).

Les Missiles : La (nouvelle) guerre de cent ans (28). J’en ai déjà parlé sur mon Blogothorax, pour moi ce titre est le chef d’œuvre de ce groupe de rock français des sixties, connu surtout pour son tube Sacré dollar (1963), reprise de Greenback dollar du Kingston Trio, groupe folk américain. Mais ce tube n’a que bien peu d’intérêt par rapport à leur chant du signe revanchard anti anglais qu’est La guerre de cent ans (1966). Ils ont quand même aussi fait une reprise sympa du Fun, fun, fun des Beach Boys : Fume, fume, fume ! (en 1964).

Et un petit reggae dub en passant : Bucket bottom, de Prince Allah (29). J’avais sans doute chopé ça sur l’une des compiles de rééditions Studio one du label Soul jazz, qui commençaient à fleurir au début des année 2000. C’est juste magnifique, super morceau (1979) !

Oh, mais dites-donc : remplie jusqu’à ras bord, cette compile CD-R dépassait les 30 plages ! La mention « 36 trucs » qui figure dessus est peut-être un hommage au titre de l’album 36 erreurs d’Etienne Charry, sorti en 1999 (sur Tricatel Rds) et qui m’avait bien marqué.

Il reste donc encore à entendre le Chewbacca All Stars, avec She’s the one (31). Un très bon morceau de ce groupe de garage-rock français d’Orléans, que j’avais découvert sur l’une des compilations CD du label rennais Banana Juice (Kongpilation vol. 4, 2002). Un titre bien accrocheur avec plein d’orgue et de guitares, qu’on ne trouve malheureusement pas en écoute sur YouTube. Ce groupe à beaucoup tourné de 2000 à 2012 mais je n’ai jamais eu l’occasion de les voir.

La reprise de Move on up (le chef d’œuvre de Curtis Mayfield) par les Flying Lizards (33) est une curiosité amusante, mais sans plus (contrairement à leur géniale reprise de Money).

Et pour finir, un excellent rock’n’roll du groupe Au Bonheur des Dames : Ego-Dames (34). En 1974, ils sortent un album très drôle, complètement décalé par rapport à l’air du temps, avec un look glam-rock, des reprises de twist et une couleur très rétro, leur tube étant la reprise de Oh les filles (des Pingouins) dont la face B sera justement Ego-Dames ; c’est le morceau le plus sauvage de l’album, avec un son plus dur se rapprochant du hard-rock mais un peu pré-punk ; très bon morceau.

Voilà, cette compile se termine par un morceau publicitaire pour la marque K-Tel (35) et par une petite annonce d’un fan de Dalida (enregistrée aux Enfants du rock dans les années 80) et elle est parsemée d’extraits vocaux de toutes sortes, du début à la fin… Comme toujours, je n’avais dû en passer que la moitié lors de la soirée pour laquelle elle avait été conçue, mais elle a dû resservir pour d’autres sets, en y picorant un titre par ici par là.

En dehors de ses classiques incontournables, j’y ai redécouvert quelques bonnes surprises, comme Prince Allah, Walter Wanderley, Louis Thiry ou Chewbacca All Stars. Comme tous les CR-R, elle est maintenant presque foutue et c’est bien dommage, mais il en subsiste heureusement le track-listing qui permet de la faire partiellement revivre, un peu comme une partition musicale.

2003-06 Soirée Giscard

 

30 juillet 2022

Compilation : Remains me 2001 - Janvier 2001

2001-01 Remains me 2001 1

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Compilation « Remains me 2001 » - CD-R 24 titres - Janvier 2001

 

Pourquoi ce titre ? Là c’est assez clair : pour me rappeler l’année 2001, quand je le réécouterai plus tard (par exemple en 2022). Ce titre m’était aussi venu d’un jeu de mots par rapport à une excellente réédition CD des Remains que j’écoutais à cette époque.

Mais le CD-R est perfide, cette invention, arnaque typique du tout-jetable et de l’obsolescence programmée, n’a qu’une durée de vie de 5 à 10 ans (alors que le CD normal tient toujours le coup au bout de 40 ans… même si l’on n’est pas sûr qu’il tiendra très au-delà, contrairement au vinyle). Bref, à cause du CR-R, j’en suis réduit à surfer sur YouTube pour pouvoir me replonger partiellement dans cette compilation de 2001, qui commence très bien…

The Remains : « Why do I cry ? » (1). Excellent morceau des Remains, groupe de garage sixties US relativement connu. Il s’agit là de leur premier single, avec son orgue bien chaud, son riff impeccable, la magnifique voix de Barry Tashian, leur superbe maîtrise des breaks et cette guitare ! Et cette batterie !... Depuis 1965, ce titre est toujours aussi brûlant !

Gritos de Guerra : « Arrinconamela » (2). Un tout autre style, ça chauffe aussi mais vu de maintenant, ça me chauffe moins que les Remains. C’était extrait de la BO du film Vengo, de Tony Gatlif, beau film qui se passe dans l’univers des gitans. Je n’avais gardé aucun souvenir de cette mélodie. Mais il y a une autre chanson de ce film à la fin de ma compile, Remedios Silva Pisa : « Naci en alamo » (16). C’est une chanteuse, accompagnée par 2 ou 3 guitares, quelques claquements de mains, un peu de chœurs et une flûte. Cette fois la mélodie m’est restée familière. Très belle balade !

Rolf Liebermann : « Mambo : allegro molto » (3). La première fois que j’ai entendu ça, j’étais scotché. C’était à la radio, dans les années 90, de la musique classique. Je me disais : « pas mal, pour une fois » et puis de fil en aiguille, ça débouche sur ce truc, un mambo, très jazz, très musique de film, très sixties, très orchestré, ça déménage ! C’était le Concerto pour jazz band et orchestre (1954), de ce compositeur allemand de musique contemporaine. Intrigué, j’ai pris note et j’ai gardé mon post-it sous le coude pendant des années, jusqu’à ce que je me retrouve en charge d’acheter des disques de musique classique pour une médiathèque et que je mette enfin la main dessus. Très moderne pour son époque (1954), ça mérite d’être entendu !

Retour aux Remains, avec une reprise de « Hang on sloopy » (4) un titre original des McCoys qui fut un tube dans les sixties. Souvent les reprises par d’autres groupes sixties sont plutôt décevantes (par exemple celles des Standells, contrairement à leurs compositions originales) mais là, les Remains apportent leur touche personnelle et une très bonne énergie, avec la guitare qui s’emballe dès le début, et l’alternance avec des passages tranquilles, c’est excellent.

Valvola : « Baroque bouquet » (5). Ça faisait partie d’une compile CD de musique lounge électro, Harpsichord 2000, où il n’y avait que des trucs avec du clavecin, ou sonnant un peu comme du clavecin. Dans mes souvenirs c’était bien, mais on ne peut pas l’écouter sur Internet (sauf sur des sites à abonnement payant). Il y a avait aussi Stereolab et The Make up, sur ce disque, de bons groupes…

Bertrand (Burgalat) : « Gris métal » (6). J’adore toujours se slow, extrait de son premier album, The Sssound of music (2000), sous le nom de Bertrand tout court (sans doute pour faire comme dans les sixties. Tout n’est pas aussi emballant chez lui, mais là c’est parfait. Ambiance jazz lounge, la basse et l’orgue avancent sur un rythme lascif et un chant simple et classe. 

Françoiz Breut : « Si tu disais » (7). Belle chanson de cette chanteuse française, ex-compagne de Dominique A, ça sonne d’ailleurs assez proche de son univers (il a pas mal participé à l’album). Parfois je trouve sa voix un peu trop traînante mais elle est quand même bien agréable et la musique est top, super son de batterie, arrangements de cordes avec un peu de cuivres… super compo, nostalgique mais pas trop non plus.

Plus loin (17), j’ai mis un deuxième titre de cet album, Vingt à trente mille jours, sorti en l’an 2000 : « Je ne veux pas m’éloigner (Je ne veux pas quitter II) ». En fait cette version 2 se trouvait sur le CD bonus de 5 titres qui accompagnait la première édition de l’album. Elle est plus acoustique, sans doute enregistrée live en studio, en prise directe (on entend les musiciens rire à la fin) et elle est très belle, encore meilleure que la version 1 qui conclut l’album. Là sa voix en fait moins et n’en est que plus sincère et touchante. La deuxième partie du morceau (de 1’40 à 3’30) est toute instrumentale avec de superbes vagues de guitares rythmiques plus saturées et un petit solo de guitare qui surfe dessus. Quel plaisir de réentendre ça 20 ans après ! Et ça me rappelle ce qu’on essayait de faire avec notre groupe, Karine Bagot & Le Petit Personnel, à cette époque-là. On baignait dans ce genre d’ambiances musicales (il y avait aussi Holden, issus également du label Lithium, comme Dominique A, Françoiz Breut et Dogbowl… un beau filon !)

 

Retour aux Remains, avec à nouveau une reprise, « Like a rolling stone » (8), encore extraite du même CD, A session with The Remains, sorti chez Sundazed en 1996. Je crois qu’il y avait pas mal d’inédits et celui-ci doit en faire partie. Là encore, c’est une super réussite, alors que cette reprise de Bob Dylan pourrait facilement s’avérer casse-gueule ou insipide, mais pas du tout ! De l’harmonica, histoire de dire, mais un tout petit peu (bien vu) et une super guitare, en arpèges mais saturés, super chant, super batterie, basse et orgue, super tout !

Rachid Taha : « Barra barra » (9). Une toute autre ambiance mais le point commun est l’excellence. Superbe titre qui ouvrait son album de l’an 2000, Made in Medina. Ici, un mélange très bien équilibré de ses principales influences : rock, musique arabe et techno. Une guitare électrique et un oud se répondent sur un rythme hypnotique de percussions orientales et ça monte en puissance.

Tommy Hools : « Le maire de Venise » (10). Dans mon souvenir, ce morceau était très bon, mais je ne l’ai plus et on ne le trouve pas sur Youtube, seulement un remix qui est bien moins captivant. C’était de l’electro lounge (ou un truc dans le genre), instrumental et avec des cuivres.

Rubin Steiner : « Easy tune » (11). Même style et même époque que le précédent. Mais un peu plus dans les samples et le collage. Ce musicien me semblait intéressant au début, mais ce que j’ai entendu ensuite m’a plutôt déçu, comme pour beaucoup d’autres dans ce style à l’époque. En tout cas, ce morceau est super, bonne boucle rythmique doublée d’une batterie hip-hop et plein de voix sympas, beau collage !

Retour aux Remains, avec « Ain’t that her » (12), suivie un peu plus loin sur la compile par « When I want to know » (19). Encore deux chansons excellentes ! Composées par leur chanteur guitariste, Barry Tashian. C’est à la fois très délicat – comme les Zombies – et très pêchu – comme les Count Five. Sur ces versions, on entend des petits dialogues en intro, on se croirait au studio d’enregistrement avec eux, le son est très clair et dynamique.

Dario Moreno : « Quizas quizas quizas » (13). J’aime beaucoup ce chanteur, nombre de ses chansons sont très bonnes. Celle-ci est un standard dont il existe des tonnes de versions, la sienne (1963) est sympa, chantée en espagnol. Sur YouTube, on trouve une version plus ancienne, sûrement issue d’un 78-tours (vers 1950 ?) qui a plus de charme. Deux autres titres de lui, plus loin dans cette compile : « Quand elle danse » (18), chef-d’œuvre incontestable où son côté passionnel s’exprime parfaitement. Et « La Patchanga » (21), encore un classique sud-américain maintes fois repris (titre dont s’est inspirée La Mano Negra pour son chouette tube « La Patchanka » vers 1988). Super version en français ici, du bon Dario pur jus.

Serge Gainsbourg : « Quand mon 6’35 me fait les yeux doux » (14). Un excellent morceau très rythmé extrait de sa période jazz, en 1964, sur l’album Gainsbourg percussions, avec un superbe saxo solo, exécuté par Michel Portal.

Puis, « subtil » enchaînement avec une reprise de « Ce mortel ennui » (15), autre chef-d’œuvre de Gainsbourg, par Anthony Coleman. C’est extrait d’une compile CD de 1997 du label Tzadik, qui s’appelait : Great jewish music : Serge Gainsbourg, avec plein de reprises de bons titres par des artistes variés underground comme Fred Frith, Elysian Fields ou Marc Ribot… Malheureusement pas en écoute gratuite sur Internet aujourd’hui, je ne sais plus à quoi ça ressemblait mais si je l’ai retenu, c’est sûrement bien, vu que l’originale est un chef d’œuvre, l’un de mes morceaux préférés de Gainsbourg, dont on peut voir un magnifique clip d’époque sur YouTube.

J’ai mis un deuxième titre de cette compile à la fin de la mienne : « Contact » (22), l’excellent titre science-fictionesque écrit par Gainsbourg pour Bardot, cette fois repris par John Zorn. Celui-ci est disponible en ligne, bonne adaptation, à base de voix principalement, ça groove et ça reste étrange, ça vaut le détour.

Reste encore « Techno del rey » de Jérôme Boulle (20), qui était encore un extrait de Vengo, le fim de Gatlif, sans doute un mélange entre musique électro et gitane, mais on ne peut l’entendre sur le Net (sans abonnement payant à une plateforme). Je suppose que le résultat était intéressant.

Et j’avais bouclé ma compile par une deuxième version de « Why do I cry ? » (23) des Remains, pour la bonne et simple raison qu’il y en a deux différentes, sur ce fameux CD de sessions qui ont probablement dû rester inédites de 1966 à 1996.

The Remains : Why do I cry (version album 1966)

 

Ma conclusion est donc qu’il faudra que je mette la main tôt ou tard sur cet album des Remains, qui mérite mieux qu’un saucissonnage sur un vieux CD-R hors d’usage ! Et que j’ai bien fait de partir à la recherche des titres de ma vieille compile, car certains valaient vraiment la peine d’être réentendus.

 

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02 juillet 2022

Compilation : Dub & Germany - Avril 2007

Dub & Germany - avril 2007

"Dub & Germany" - Avril 2007 – CDR – 22 titres.

Pourquoi ce titre ? Juste parce qu’on y trouve un peu de dub d’une part et un peu de pop en provenance d’Allemagne d’autre part, mais il n’est pas très représentatif.

Ça commence par Can, Outside my door (1) : à la réécoute, toujours pas très fan de ce groupe, même si c’est un de leur premiers titres (les moins prog rock) et que j’ai dû trouver que c’était le meilleur du lot ; je reste toujours assez imperméable à ce groupe.

Un peu de jazz, sinon, sur cette compile. Excellent titre d’Horace Silver, Song for my father (2), instrumental très sixties un peu pop, un peu latino, très classe, difficile de ne pas aimer un truc pareil !

Suivi de France Gall : Pense à moi (3). Sans doute mon titre préféré d’elle, sur une musique jazz, une chanson merveilleuse avec une voix étonnante, qui fait des vocalises périlleuses mais très belles. Ça pourrait être super cul-cul mais ça ne l’est pas du tout. J’adore tours ce morceau !

Marva Whitney (04, 05) : quel plaisir de réentendre ça, c’est vraiment la pépite de cette compile, une vraie tuerie de soul à la James Brown. Dans mes souvenirs, cette chanteuse était justement une choriste du Godfather of soul et elle a fait une carrière solo à partir de 1969. Ces deux titres extraits de son premier album, réédité en CD dans les années 2000. C’est grâce à mon boulot à la discothèque de Vincennes et aux choix éclairés de mon camarade Christophe que j’ai pu tomber là-dessus. It’s my thing est particulièrement indispensable à entendre. Une voix ultra puissante, mais belle et sensuelle en même temps - pas comme celle de Tina Turner, par exemple, avec laquelle je me suis toujours senti mal à l’aise.

The Move (06, 07) : pas extraordinaire, mais bel effort de pop sixities quand même. Wave your flag and stop the train vaut le détour. The lemon tree est bien aussi mais a des passages un peu trop gnan gnan, le refrain notamment.

Blackbirds (08 à 11) : un groupe intéressant, de la pop allemande de la fin des sixties. C’est pas mal, mais pas transcendant, il y a de bons passages.

The Lyres : Long gone (12). Super titre de ce super groupe de garage rock américain des années 70/80, mais le son est très moyen. J’avais récupéré ce live en MP3 via le site 45toursderockfrançais et son forum qui grouillait d’informations (malheureusement disparu). Je ne sais pas s’il existe une version studio de ce titre mais ça vaudrait le coup.

King Tubby (13, 14) : 2 excellents titres de ce champion du reggae dub ! Ce style de musique reste quand même étonnant et bluffant ! Superbes rythmiques et mélodies instrumentales, enrichies d’effets bizarres avec plein d’écho, c’est magique et aérien, une sorte de psychédélisme mais en mode reggae. Empty vessel dub et en collaboration avec Prince Jammy, Dub of rights, tous les deux excellents ! Je n’ai pas la date mais sûrement milieu des 70’s.

 

PIL (16, 17) : Poptones et Religion. A la fois je trouve toujours qu’il y a un côté limité dans leur musique, mais en même temps, ils ont réussi à créer un climat super original et très avant-gardiste à l’époque, qui a influencé beaucoup de monde. Ça vaut le détour, avec une préférence pour Poptones plutôt que Religion. Mais il existe plein d’autres bons titres de PIL, bien sûr.

Dr. Octagon (17) : Aliens. Faisait partie de mes recherches et de ma curiosité pour le hip-hop et autres musiques à base de collages à l’époque. Mais ce titre est un peu indigeste et lourd, ça manque de groove.

Joeystar (18) : Bad boy. Extrait de son album solo. Bien réussi dans le genre, bons sons, bonne compo, mais j’ai du mal avec cet univers un peu trop viril, violent et égocentrique. Aujourd’hui, ça me gonfle un peu.

Peter Thomas (19) : encore l’Allemagne (des années 60), avec 2 titres rares extraits d’une compile CD de rééditions. Pas trop mal mais un peu indigeste quand même. Il vaut mieux écouter la BO de Raumpatrouille, qui reste le chef-d’œuvre de Peter Thomas et son orchestre (une sorte de remake allemand de Star Trek) : à ne pas manquer.

Allez, encore un France Gall : Teenie Weenie Boppie (21). Super morceau de jerk sixties composé par Serge Gainsbourg, ça sonne très très bien ! Et les paroles sont 100% millésimées période 1967 puisque ça parle (ouvertement !) de LSD. Mais attention, la morale est sauve, car pour Gainsbourg, « l’abus » de drogue (en l’occurrence une goutte de LSD) se conclu par la mort de l’imprudente jeune fille ! Il existe une autre version plus rare de ce morceau, chantée aussi par France Gall : Bloody Jack (Le cœur de Bloody Jack : Ne bat qu’un coup sur quatre…) toujours écrite par Gainsbourg.

 

Et pour terminer, une excellente version instrumentale, principalement à l’accordéon, de Chem Cheminée (22), un morceau de la comédie musicale Marie Poppins, interprété par Raymond Boisserie. En version chantée, c’est bien ringard, truc pour enfants ambiance Disney vintage, mais en version valse musette parisienne, c’est nickel (j’ai déjà chroniqué ce titre et ce EP sur le Blogothorax). 

Raymond Boisserie : Chem Cheminée - Aline (Trianon, vers 1965) - LE BLOGOTHORAX

Raymond Boisserie est l'un des accordéonistes les plus populaires des années soixante. On trouve assez facilement ses 45tours sur les brocantes, avec leurs belles pochettes du label Trianon, aux liserets jaunes et rouges, encadrant des photos de charmantes jeunes femmes.

http://thoraxoblog.canalblog.com

 

 

 

14 mai 2022

Thésaurus N°1 : la revue du Caméléon Records

Sortie du numéro 1 de Thésaurus, éditée par l'excellent Claude Picard, du label Cameleon Records. Avec plein d'articles intéressants sur le rock français et plus largement la musique et les disques.

On y trouve un article de mézigue sur les 45tours de disco produits par des groupes pop, rock ou hard-rock, quand c'était la mode à suivre.

On peut le trouver chez les bons disquaires ou sur le site 45vinylvindivici.net

http://www.45vinylvidivici.net/REVUE/REVUEpages/N1.htm

revue 1 Recto

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13 mai 2021

Vieux 45tours du Blogothorax - Discographie

vieux-45tours-du-blogothorax - image jpeg

 

 

Blogothorax : le livre !

Je viens d'éditer un livre qui reprend une partie des articles de ce blog : "Vieux 45tours du Blogothorax".

Si vous êtes intéressés, il est diponible ici :

 

VIEUX 45TOURS DU BLOGOTHORAX - Le Vieux Thorax

Sélection de chroniques de disques issues du Blogothorax (dossiers discographiques du vieux thorax), publiés sur Internet entre 2007 et 2021. 45tours des années 50, 60 et 70, de rock, de cha-cha, de mambo, d'accordéon, de pop réac, de sega, de tiwst, etc.

https://www.thebookedition.com

 

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03 mars 2021

Les Missiles : La (nouvelle) guerre de cent ans (Ducretet Thomson, 1966)

Les Missiles - La nouvelle guerre de cent ans

 

Pour compléter la série des 45tours de pop réac', voici un disque dont je n’avais jamais parlé avant, caressant le secret espoir de mettre un jour la main dessus à un prix pas trop cher, mais c’est une rareté. Ce morceau est (enfin) réédité en vinyle cette année, sur la compile Wizzz volume 4, donc il n’y aura plus aucun espoir de choper le EP (à moins d'une réédition un jour chez Caméléon Rds ?), mais au moins sa qualité pourra-t-elle être largement reconnue et partagée ! (Même s’il figurait déjà sur les rééditions CD du groupe par Magic Records, en 1996 et 1999 – voir sur le site de Discogs).

Il s’agit une fois de plus d’une réaction française contre l’engouement démesuré pour tout ce qui vient d’Angleterre, en particulier en matière de rock et de pop ! Après Stella et Lina Margy, voilà la version énervée des Missiles, qui revendiquent l’originalité et la qualité du style français en invoquant les fantômes de l’Histoire : « Arrêtez de brûler Jeanne d’Arc ! » allez hop, carrément ! Le tout sur une musique excellente, dont on n’oserait à peine relever la parenté avec le style anglo-saxon, de peur de froisser ces messieurs !

D’autant plus qu’avec leurs looks de gangsters, ils imposent une certaine crainte : on dirait André Pousse en vacances avec Michel Audiard ! La pochette est géniale. C’est sur ce EP que les Missiles termineront leur groupe ; on les imaginerait bien s’être retirés dans un haras en Normandie pour élever des chevaux de courses hippiques…

https://wizzzcompilation.bandcamp.com/album/wizzz-french-psychorama-1966-1974-volume-4

 

La (nouvelle) guerre de cent ans sur YouTube (page de Lindy Lou) :

https://www.youtube.com/watch?v=0ik-EnLvAz0

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24 février 2021

Mes meilleurs morceaux d’Echo & The Bunnymen

Echo Crocodiles

 

Echo & The Bunnymen est un groupe anglais, apparu à Liverpool à la fin des années 70. On l’assimile aux groupes new-wave du début des années 80, comme The Cure, Depeche Mode, Ultravox et plein d’autres. Mais pour moi il a une place à part et j’ai toujours écouté leurs quatre premiers albums depuis l’époque, sans m’en lasser. J’y ajoute un best of, reprenant les principaux singles non-présents sur ces albums. Ensuite, ça devient moins bien.

Mais au départ, ce groupe avait un son unique, mystérieux, captivant et puissant, tout en restant simple, sur une base basse-guitare-batterie, avec parfois de l’orgue, mais sans synthétiseurs. Ça ne sonne pas années 80 et c’est sans doute ce qui leur donne un côté si intemporel. Par contre ils ont utilisé des orchestrations de cordes, à partir du troisième album, pour un résultat magnifique.

Au départ du groupe, il n’y a pas de batteur et le premier single est enregistré, en 1979, avec une boite à rythme - dont le nom, Echo, inspirera celui du groupe. J’ai eu la chance de trouver ce disque, glissé par hasard au milieu d’une pile de 33tours, à la FNAC Montparnasse, vers 1988. Pictures on my wall : ambiance étrange, rythme ultra-minimaliste d’où émergent juste un coup de woodblock au début de chaque mesure et un charley qui marque tous les temps. Guitare acoustique et orgue très dépouillé. Basse discrète et voix très présente, ce timbre de voix si beau et si particulier de Ian McCulloch. Une chanson plutôt nostalgique et poétique. Mais la face B est un peu plus rock, plus abrupte : Read it in books. Boite à rythme plus présente, claquements de mains et superbe riff de guitare, bien soutenu par la basse. Excellente chanson.

Pictures on my wall (single)

Le premier album, CROCODILES, sort en plein été 1980. Mais il évoque bien plus la saison de l’automne ou celle de l’hiver. Dès le premier morceau, Going up, on retrouve ce mélange d’ambiance à la fois sombre et énergique. Il y a maintenant un batteur, Pete de Freitas, qui est un excellent batteur ! Après une intro pleine de reverb qui voit monter progressivement le volume de la basse et de la batterie, ça part sur un riff super efficace, le son de guitare est très sixties, puis la deuxième partie est plus dépouillée, répétitive, un peu hypnotique. La voix et la lead guitare surfent sur un tapis rythmique tendu et impeccable. Le ton est donné !

Going up

Tout l’album est bon mais je passe directement au quatrième titre, qui est excellent : Monkeys. L’intro part sur le thème du refrain puis débouche sur un riff magnifique, avec une lead guitare aérienne et une énorme ligne de basse, plus des accords de guitare rythmique très amples : ça sonne incroyablement bien. Le refrain n’est qu’un petit passage pour relancer la machine, où ça chante « key-mon, key-mon ».

Puis ça se poursuit sur les chapeaux de roues avec Crocodiles, un rock enlevé, plein de guitares très sixties, mais bientôt coupé par un passage plus sombre avant de repartir à bloc jusqu’à la fin.

La face B démarre avec Rescue, autre magnifique compo qui sera d’ailleurs leur troisième single et sans doute leur premier tube. Super refrain et un phrasé qui sonne si bien : « I this the blues I’m singing ? » Cette face contient aussi une reprise de Picture on my wall, plus orchestrée, forcément, mais tout aussi bonne que la première, même si elle n’a pas le charme de la fragile première version.

Rescue

Ensuite, encore un morceau puissant pour enfoncer le clou, All that jazz, au titre trompeur car c’est un rock très martial, où la guitare de Will Sergaent est soutenue encore une fois par une terrible ligne de basse et où Pete de Freitas donne toute la mesure de son talent, avec ses rythmiques infaillibles et ses roulements d’enfer !

L’album se termine en beauté et en furie avec Happy death men, contenant notamment un super break avec une section de cuivres.

 

Echo-The-Bunnymen-Heaven-Up-Here

Le deuxième album, HEAVEN UP HERE, sort en mai 1981. Globalement, pour moi, c’est le moins bon des quatre premiers, mais il démarre très fort, avec une série de morceaux époustouflants !

Show of strength, à la fois très tendu et aérien. Très peu de guitare rythmique, laissant la place à une superbe association basse batterie, sur laquelle vole le chant et des filets de guitare dans les aigus. Il n’y a pas vraiment de refrain, mais plutôt des parties qui se succèdent, pour déboucher sur la dernière, au bout de trois minutes : un final magnifique (cette basse et cette voix !) Et ça enchaîne dans la même tonalité, avec un titre encore meilleur, très rythmé et dansant, presque garage rock, With a hip, avec une ligne de basse encore meilleure. Un de mes morceaux favoris des Bunnymen.

With a hip

Le troisième est plus planant et inquiétant, plus new-wave mais comprenant des passages assez relevés, avec de superbes saillies de guitare rythmique : Over the wall. Pour respirer après ce tunnel hypnotique, un beau morceau, un peu plus léger, sans être extraordinaire, With a pleasure. Et pour finir la face, un des grands titres du répertoire d’Echo, A promise, morceau assez nostalgique mais avec une mélodie très marquante, surtout à la guitare, et une fois de plus un chant magnifique. Ce sera quasiment le seul single extrait de cet album.

La face B débute par un titre bien tendu, Heaven up here, ça sonne très bien mais c’est moins riche au niveau de la composition, il tourne presque tout le temps sur un seul accord. Puis l’album devient de plus en plus triste et apaisé. The disease est un joli et court titre presque acoustique, mais plutôt une sorte de transition. Ensuite il y a All my colours, qui est un titre reconnu dans leur répertoire, avec la voix qui répète sans cesse zimbo, zimbo, zimbo… Il n’est pas mal mais devenu lassant pour moi à la longue. No dark things est un peu plus groovy, mais pas exceptionnel et je n’aime pas les deux derniers titres qui clôturent l’album. Mais rien que pour ses deux ou trois premiers morceaux, cet album reste essentiel à entendre.

 

Echo - Porcupine

Presque deux plus tard, en février 1983, sort l’album PORCUPINE et alors là, c’est la grande classe ! Dès l’intro de The cutter apparait un violon, qui vient enrichir l’ambiance typique des Bunnymen, lui ajoutant une touche d’exotisme et de l’emphase. Cela est dû à la présence sur l’album de L. Shankar, un violoniste indien qui a joué avec de nombreuses pointures du rock (Lou Reed, Talking Heads, Zappa…) Le début très dépouillé, basé sur une rythmique basse-batterie, fait place, après le deuxième refrain, à une musique beaucoup plus orchestrée et chiadée, avec des cordes et des cuivres. Mais le deuxième titre repart en trombe avec l’un de ces super riffs de guitare à la Will Seargent, soutenu par une grosse rythmique basse – batterie : The back of love est l’un de leurs plus grands morceaux. Là encore, alternent des parties plus sensibles au violon, puis la machine se relance. Ian McCulloch livre encore une prestation vocale habité, sensuelle et puissante.

The back of love (clip)

My white devil démarre doucement, dans des effluves un peu psychédéliques puis décolle progressivement, on dirait du Doors avec des parfums d’orient, mais arrive ensuite des marimbas qui s’intègrent parfaitement et rajoutent une super couleur, tout comme ceux de Brian Jones dans Under my thumb. C’est toujours bourré d’écho partout, mais Echo fait plus penser au psychédélisme qu’à la new-wave façon The Cure. Clay et Porcupine terminent la première face et sont bons, mais sans me toucher autant que les trois premiers. Le premier est plutôt gai et rapide et le second est lent et triste puis devient de plus en plus tendu. Toujours des arrangements étranges et beaux ici et là…

La face B redémarre très fort avec un autre pur joyau : Heads will roll. Très belle intro à la guitare acoustique et riffs de violon excellents, avec une ligne de basse entêtante. Les couplets très dépouillés s’enchainent avec des refrains plus orchestrés et une partie de break super bien trouvée, le tout dans une couleur très orientale avec les violons et toujours cette ambiance réverbérée et psyché. On songe là que décidément, les Bunnymen sont bien de dignes successeurs des Beatles !

Heads will roll

Mais ce n’est pas tout : Ripeness vient relancer encore la sauce, sur un mode plus rock, un peu à la façon de With a hip sur le deuxième album : toujours cette alchimie rythmique mortelle entre la basse et la batterie ! Et McCulloch et Seargent qui continuent à planner tous les deux là-dessous, comme en état de grâce, avec plusieurs pistes de chant et de guitare superposés. On a ici un résumé de plus, une synthèse de leur style, passant en 3 minutes du rock de 65 au psychédélisme de 67.

Ripness

Ensuite, il y a une très belle ballade nostalgique : Higher hell. La guitare acoustique est accompagnée par une sorte de synthé, ou bien un orgue, ou encore un violoncelle ? Tout se fond tellement bien ensemble, avec la basse et la batterie, on ne sait plus trop. Là encore, plein de pistes de voix, ça chante en canon, les pistes de chants sont plus belles les unes que les autres.

Quatrième titre, Gods will be gods semble moins inspiré au départ, mais le morceau prend soudain un tour surprenant par un changement musical et une accélération du rythme, on se laisse facilement prendre dans ce trip assez hypnotique. Le dernier titre, In bluer skies, reste de haute volée, avec un son d’intro plus moderne, un mid-tempo très groovy, une basse presque funk et des wood-blocks, mais toujours ce climat aérien qui revient sur les refrains avec les envolées de guitares et puis un gros son d’orgue qui surgit sur la fin. Avec le recul, cet album est vraiment le plus intense du groupe (l’ami Wadel me l’avait bien dit autrefois ; il avait raison) !

In bluer skies

 

Cependant, il y a aussi le quatrième album : encore un chef-d’œuvre ! OCEAN RAIN sort en mai 1984. Le son est très pur, aéré, cristallin et il bénéficie d’arrangements joués par un orchestre philharmonique, avec beaucoup de cordes. Je l’ai découvert à peu près à sa sortie et il me rappelle des images de mon adolescence, mais que de bons souvenirs, d’enthousiasme et de ferveur, du genre c’est le printemps, vous êtes amoureux et le monde est à vous !

Oceanrain

Dès les premiers accords de guitare acoustique, suivis par les violons puis le chant, c’est magnifique. On s’éloigne du rock and roll mais c’est de la pop orchestrale de haute volée, avec toujours ces parties de guitare solo un peu orientalisantes et aussi des chœurs. Certains trouveront sans doute ça grandiloquant, moi je dirais juste grandiose ! Silver est un très grand morceau. Noctural me enchaîne très bien, sur un mode un peu plus dramatique, mais toujours dans cette même couleur orchestrale, avec en plus des instruments à vent, sans doute du hautbois. On ne sait pas s’il y a de la basse, elle est sans doute fondue ou doublée par une ou des contrebasses, sans compter les violoncelles. La batterie est là, plus en arrière que d’habitude, mais toujours excellente.

Silver (clip)

Troisième titre, encore une pépite : Crystal days. Celui-là a une structure de base plus rock et rendrait sûrement bien avec des arrangements « normaux ». Mais là encore, il bénéficie d’un traitement somptueux à base de cordes, le tout restant très nerveux et avec encore une superbe lead guitare de Will Seargent.

Quant à Ian McCulloch, il est au top. D’ailleurs on enchaîne avec The Yo yo man, où sa voix est particulièrement belle (il chante d’ailleurs deux lignes de voix par moments). Ce morceau est un peu plus triste et lent, une ballade envoûtante, ponctuée par de supers riffs de violon, un break un peu chinois et accompagné par une flûte de paon assez discrète qui joue dans les graves. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours adoré le passage après le break, où Ian reprend en chantant : « I'm the yo-yo man, always up and down ». On peut sans doute voir transparaître ici une autre de leurs influences : David Bowie.

The yo yo man

Franchement, cette série d’ouverture est vraiment imparable et d’une grande intensité, très cohérente. La face se termine avec un titre un peu moins fort mais bon quand même, Thorn of crowns, sur un mode plus incantatoire, un titre plus répétitif et tout en ambiance, mais tendu, un peu à la façon des Doors.

Ça redémarre très fort en face B, avec l’une des plus belles chansons d’Echo : The killing moon. Magnifique compo, une superbe partie de guitare rythmique, accompagnée par une superbe ligne de basse et ponctuée par de superbes accords de guitare avec un fort vibrato. Pas de violons sur les couplets, cette fois, mais juste sur les refrains. Ceux-ci sonnent peut-être un peu plus commercial, mais c’est super beau alors ça passe très bien. Et le chant est évidemment très touchant, surtout sur les couplets.

Même formule sur Seven seas : des couplets merveilleux, mais un refrain avec une mélodie un peu plus facile / commerciale, un peu trop à mon goût, cette fois. Mais bon, les arrangements sont une fois de plus très bons.

Après cette légère baisse de niveau, on arrive à My kingdom, encore l’un de mes titres préférés des Bunnymen, avec un refrain magnifique, cette fois-ci, et un thème guitare-basse excellent, précédé par une très belle intro à l’harmonium. Et puis on sent poindre la guitare solo et après le deuxième refrain elle s’envole, pour déboucher sur l’un de mes solos de guitare préférés, toutes catégories confondues ! Encore une fois, McCulloch se surpasse (et double une fois de plus sa voix dans les aigus, ce qui rend très bien). Ces coquins savent à quel point ils sont bons et du coup, on nous rebalance une deuxième fois le solo pour la fin : merci, il n’est pas de trop !

My kingdom

L’album se termine tranquillement avec le titre éponyme, Ocean rain, pas extraordinaire mais beau et assez touchant ; de toute façon le contrat est déjà largement rempli. C’est l’un des disques que j’ai réécouté le plus régulièrement depuis les années 80, sans jamais m’en lasser. La musique des Bunnymen a vraiment pour moi un côté intemporel, bien plus que les Cure ou plein d’autres groupes estimables de l’époque.

 

Echo - songs to learn

Dès 1985 sort une première compilation du groupe : SONGS TO LEARN AND SINGS, qui vaut vraiment le détour car elle reprend leurs grands succès mais surtout plusieurs singles qui n’étaient pas sur les 4 premiers albums. Tout d’abord The Puppet (1980) : très bon single qui avait eu son petit succès. Mais surtout sa face B, Do it clean, un morceau que j’adore car tout en étant très marqué de leur empreinte, c’est le plus garage-rock de tous, avec un riff de guitare excellent, très dansant et aussi un orgue qui sonne très sixties. C’est digne des meilleurs titres de Biff Bang Pow ou des Dentists, groupes pop anglais du revival sixties des eighties.

Do it clean (single)

Troisième titre de cette compilation, hors album et tout à fait indispensable : Never stop. Je me souviens encore de l’avoir vu à la télé à l’époque – sans doute aux Enfants du rock en 1983 – et d’avoir été scotché. Je crois que c’est par ce titre que j’ai découvert le groupe. J’ai cherché le disque pendant des mois mais j’étais nul en la matière et je ne l’ai vu que sur un mini-album en import qui coûtait la peau du cul, genre 120 francs les 4 titres, à une époque où un album entier coûtait 50 francs. Du coup je n’ai pu le récupérer que plusieurs années plus tard, sur cette compilation. Un titre très original qui se démarque vraiment, à l’époque, avec l’une de leurs premières utilisations de cordes (violoncelles, violon), à peu près au moment de la sortie de Porcupine, plus l’utilisation d’un xylophone.

Never stop (single)

Never stop (live at Royal Albert Hall, 1984)

Reste un inédit, sur cette compilation : Bring on the dances horses, nouvelle compo de 1985, inclue pour l’occasion. Bon morceau, qui sonne légèrement plus commercial mais avec un très beau refrain.

Ensuite, leur âge d’or est terminé. Le son plus commercial se confirme sur l’album suivant, sorti en 87 (et qui porte simplement comme titre le nom du groupe). C’est pas mal, mais moins inspiré. A noter quand même, une reprise pas trop mal de People are strange des Doors, sur un single (le chant est bien mais le break musical est poussif). Ensuite, le groupe se séparera de Ian Mc Culloch et enregistrera un album sans lui (quelle hérésie !) puis ce sera le décès du batteur Pete de Freitas, en 1989. C’est l’un des meilleurs batteurs que j'ai pu entendre alors forcément, sans lui, toute poursuite du groupe ne pourra qu’être moins bonne qu’avant.

Malgré tout, McCulloch et Seargent se réconcilient au début des 90’s, d’abord au sein d’Electrafixion (un album en 1995) puis reforment les Bunnymen, pour plusieurs nouveaux albums, agréables mais sans retrouver le génie des origines. Par contre cette reformation leur permet de tourner en concert jusqu’à aujourd’hui et m’a donné l’occasion de les voir au Trabendo dans les années 2000 : très bon concert !

The killing moon (live au Bataclan, 2018)

 

A signaler, la sortie récente d’un nouvel album regroupant toutes leurs Peel sessions de 1979 à 1983. Hyper-intéressant pour les fans, car presque tous les titres y ont été enregistrés (live à la radio, dans l’émission de John Peel) avant leur sortie définitive sur album. Du coup, les versions sont souvent moins bonnes et moins abouties, mais cela montre leur genèse et fait prendre conscience du génial travail de finition et de production qui a été fait sur leurs quatre premiers albums, notamment Porcupine et Ocean rain aux arrangements si lumineux ! Mais il y a aussi d'excellentes versions déjà bien abouties, comme celle-ci :

That golden smile (Peel session 1980, futur Show of streng, sur Heaven up here)

Posté par levieuxthorax à 01:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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