LE BLOGOTHORAX

12 mai 2018

The Ready-Mades : Ouagadougou Blues / Fire (Burru Rds - 2016)

The Ready-Mades

The Ready-Mades aura été ma découverte de l'année 2017, en termes de groupes parisiens. On les a vu en concert l'été dernier, sur un petit bateau, le Canal Barboteur, à Pantin (super spot) puis une seconde fois à la Mécanique Ondulatoire. On a acheté leurs deux 45-tours, le premier, un Ep 4 titres, dont deux chantés en français et deux en anglais (Soundflat Rds) et le deuxième, un 2-titres sans pochette, sensé préfigurer un album, qui ne devrait plus tarder à sortir. Et si l'album est comme le single, ça risque d'être le disque de l'année !

La face A, Ouagadougou blues, est un magnifique morceau de soul, hyper bien fait, tant au niveau du son que de la composition et du jeu des musiciens, plus un chant ultra poignant et puissant ! Il faut le voir aussi joué en live, c'est extra.

Et la face AA (qui est peut-être la face B, ou bien une face encore plus A ?) est un excellent ska, Fire, qu'on ne se lasse pas d'écouter. Il sonne très bien, là aussi, avec un son très sixties. Y compris le saxo (baryton, je crois bien).

Bref, un groupe à suivre de près, d'ailleurs ils ont été choisis pour faire la première partie des Sonics à Paris cet hiver, donc ça veut dire que des oreilles attentives les ont repéré et qu'ils sont partis pour cartonner ; ça me fera plaisir, quand on pense à toutes les daubes qui trustent les festivals et les salles "pro" la plupart du temps...

 

The Ready-Mades, Ouagadougou Blues

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26 avril 2018

Gypsy mambo - El Cangaceiros (Président Records)

Los Cangaceiros - Gypsy mambo

En principe j'aurais du créer la rubrique Cha-cha/musique cubaine vers 2008, en même temps que les autres, mais bon, les aléas de la vie sont bizarres parfois...

Commençons par Los Cangaceiros, parce que j'ai réentendu Gypsy mambo récemment et que ce morceau est vraiment excellent ! J'en ai 5 ou 6 versions mais je crois bien que celle là est ma préférée, bien rythmée, amplement orchestrée. On trouve plus souvent ce morceau sous le nom de Mambo guitano, mais c'est pareil, une composition de José Mora. J'en ai une version par Los Rumberos (Fantasio), Légitimus et son orchestre (Teppaz), ou encore Freddy et son orgue (Columbia), toutes bonnes aussi quand même.

Shish-Khebab ouvre la face A, sensé être une samba, mais c'est plutôt un cha-cha oriental, pour moi. Super instrumental qu'on retrouve là aussi dans plein d'autres versions (de Ralph Marterie, par exemple). Clarienette et piano sur fond de percussions, très beau. Suivi par Histoire d'un amour, un boléro dont se dit en l'entendant : bon sang mais je connais cette mélodie ! Pas mal mais un peu ampoulé à mon goût. Plus un peu trop de trompette.

Et pour finir, Dilo, qui suit Gypsy mambo en face B : un bon mambo, pas extraordinaire mais mieux qu'Histoire d'un amour. Saxo et cuivres et piano et percus, ça groove bien. Mais vraiment la pépite, c'est le Gypsy mambo !

Le tout interprèté par Los Cangaceiros el super orchesta, de Yvan Morice et Jean-Claude Gilbert, sur disques Président. J'ai pas la date mais c'est typiquement fin 50's / début 60's. Ici c'est le volume 3, j'ai aussi le 2 et le 6, leur pochettes sont très belles, la 2 est à base de collages, comme la 3. D'après Discogs, il y a un moins jusqu'à 16 volumes (le 16e EP étant lui aussi très beau). Voilà donc une collection qui est loin d'être terminée pour moi... ;)

 Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=mEBTr5JRRIY 

 

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26 décembre 2017

BOUM BOMO (deuxième série)

 

Boum Bomo verso série 2

 

Deuxième partie des aventures de la série Boum Bomo :

L'étude des pochettes nous montre que la firme Bomo a décidé de poursuivre sa série de disques, avec une deuxième fournée de quatre EPs, mais qu'elle comptait même aller plus loin, car les nouveaux dos de pochettes indiquent tous « 18 disques – 72 succès ». Pourtant, ni moi ni aucun de mes copains collectionneurs de Boum Bomo n'a jamais trouvé aucun volume au-delà du numéro 8. Et pourquoi 18 disques, alors qu'avec des séries de 4 EP on s'attendrait plutôt à 16 ou à 20 EP ? On ne le saura jamais...

Les 4 nouvelles pochettes sont illustrées par une autre série homogène de photos, sur fond de décor « naturel », dans le salon d'un appartement plutôt bourgeois, avec du mobilier classique, qui contraste avec l'aspect plus moderne (sauf ses pots de fleurs) de la première série. L'autre grosse nouveauté, c'est la présence d'un, puis deux jeunes hommes, avec lesquels la blonde continue à danser.

Boum Bomo N° 8 Label

Boum Bomo N° 2 Label

Quelques autres détails à noter, concernant cette fois les étiquettes des vinyles : la « Production Auteuil » est remplacée par « Production de Wagram », le joli petit dessin de la tête de jeune fille a disparu, mais par contre une nouvelle appellation apparaît : « BOUM BAS BOMOS », complétée sur les versos de pochettes par le slogan « BAS BOMO pour marcher... »

 

Boum Bomo N° 5

Pour le N° 5, la photo fait un lien avec la série précédente, par un éclairage en rond sur fond noir (une dernière fois). La danseuse fait exceptionnellement une pause et boit une coupe de champagne, avec un homme qui pourrait être celui qu'on apercevait sur le EP N° 3. La bouteille est posée sur une table et juste à côté, les fleurs et le chandelier sont de retour. Au fond, un rideau et au sol, un tapis : le salon commence à se découvrir. Autre lien avec la première série de EPs : on retrouve à nouveau Luis Pena et son orchestre aux manettes musicales et alors là, attention !...

La face A démarre tranquillement, avec une reprise de Manchester et Liverpool, de Marie Laforêt (composé par André Popp), un morceau joli mais un peu cul-cul, sur un tempo assez lent avec de belles couleurs instrumentales, notamment sur le riff d'intro, avec sa boucle de basse bien ronde, sur lie de guitare et batterie (intro que j’avais d’ailleurs samplée pour un morceau du Vieux Thorax).

Puis on enchaîne avec Little Carolina (de R. Tennessee), un excellent jerk mid-tempo, très groovy, digne des Mar-Keys, avec super riff de basse, super cuivres, super riffs de guitare et breaks de batterie, vraiment cool et classe !

En face B, ça continue fort, avec une reprise de Je veux te graver dans ma vie, qui est le titre français pour l’adaptation par Johnny Hallyday de Got to get you into my life, des Beatles. Là évidement, la barre est très haute, aussi bien du côté des Fabs Four que de celui de Johnny et sa version survitaminée. L’instrumentation reste un peu trop sage et commerciale, mais cette version reste très correcte (il faut dire que cette compo est top). À part le piano qui fait un peu trop guimauve par moments, celui-ci se donne la réplique avec la guitare solo et la trompette, pour remplacer le chant, d’une façon assez bien foutue.

Et pour finir ce disque, en forme d’apothéose : le chef d’œuvre de la série des Boum Bomo, mon morceau préféré de Luis Pena et même l’un de mes préférés tout court : I love Kate (yes I do) ! Une compo géniale, avec son riff de guitare fuzz, ses cuivres rutilants, son rythme basse-batterie implacable et ses chœurs féminins top-chics. On est à la croisée des chemins entre le jerk, le mambo, la soul et le style mariachis. C'est gai, c'est frais, c'est chaud, entraînant, stylé, original... Bref, je ne sais pas l'expliquer mieux mais pour moi c'est un anti-dépresseur de premier choix ! Et c'est signé Cooper. Bravo, Monsieur Cooper ! Et bravo à Luis Pena pour ses supers arrangements. Malheureusement j'ai cherché quelques autres disques de lui (Luis), mais rien trouvé d'aussi bon (… jusqu'à maintenant).

 

 Boum Bomo N° 6

 

Pour le EP N° 6, on retrouve Raymond Guiot et son orchestre, qui officiait sur le EP N° 1. J’avais dit que le principe de cette série était d’avoir un orchestre différent sur chaque disque, mais en fait on s’est contenté de reprendre les quatre mêmes artistes pour la première et la deuxième série. Sur la pochette, la blonde s’est remise à danser avec son jeune ami, mais ils ont tous les deux troqué leurs tenues de soirée pour des habits de djeunes, en pulls et jeans, plus bottes de cuir pour mademoiselle (eh oui, ils sont quand même là pour vendre des habits, ne l’oublions pas).

Côté musique, Guiot continue à faire dans le pèpère, avec une reprise d’Inch Allah, d’Adamo. Un morceau que je trouve assez beau, mais là, avec les violons à la Franck Pourcel, c’est très moyen, à part le cor anglais (crois-je reconnaitre), très classe, sur les fins de refrains.

Mais pour le titre suivant, Manolita (de L. Cleveland), ça dépote dès l’intro, avec un riff excellent : batterie rock, boucle de contre basse, petits coups de guitare et flûte orientale, qui a probablement dû être samplé à donf sur des compiles techno style « Buddha Bar en vacances à Berlin ». La suite du morceau se gâte un peu avec des arrangements un peu trop commerciaux, mais ça reste bien rythmé et dansant tout du long.

Mais alors en face B, on repart dans le total sirupeux, avec C’est ma chanson (This is my song), tirée du film La Comtesse de Hong-Kong, qui dégouline de violon comme c’est pas permis, façon Chanson de Lara. C’est signé Charlie Chaplin, mais ça a été repris aussi par James Last et Paul Mauriat, ce qui à tous les coups explique sa présence ici.

Et puis finalement, on termine avec un très bon jerk, Hollyday in bermudas, qui fait assez musique de film, où les violonades alternent avec des breaks de trompettes et des breaks de batterie et par moments de supers arrangements, dans un style somme toute assez curieux et original, signé… Luis Pena (sacré Luis, toujours dans les bons coups) ! Et quel farceur, ce Raymond Guiot, capable du pire comme du meilleur…

 

Boum Bomo N° 7

 

Passons au disque N° 7, où l’on retrouve Pierre Thibaud, sa trompette et son orchestre. Il attaque avec une belle reprise de Sous quelle étoile suis-je né ? de Michel Polnareff. Super instrumentation et chœurs féminins. A part ça, évidemment, la trompette remplace le chant, donc il faut aimer la trompette, mais bon, pour moi, là, ça le fait. Un bon point pour Thibaud ! Ensuite, ça se gâte un peu avec Los Angeles, bonne intro de basse, mais une compo et des arrangements très variétoche, seuls les passages basse/batterie sont top (à sampler). C’est signé L. Cleveland, qui avait fait mieux avec Manolita dans le volume 6.

Face B : Rendez-vous d’automne, de Françoise Hardy. Là non, Pierre, faut pas pousser : les arrangements de Françoise étaient un modèle de grâce et de simplicité, nostalgiques et touchants… Et là on se croirait en train de faire les courses, tout guillerets, dans un hypermarché, carton jaune ! Heureusement, le disque se finit un peu mieux, avec Tina (de J. Boston), un titre rapide et pop, encore un trop variète mais marrant, avec quelques breaks sympas de guitare électrique et une chouette basse, qui fait la note finale en solo (bonne fin). Bon, vous l’aurez compris, c’est pas le meilleur des Boums.

Ah, n’oublions pas la pochette : là aussi, c’est pas la meilleure robe de chez Bomo. Des motifs à trou-trous sur grosses cotes de laine blanche, on dirait des rideaux de grand-mère bretonne ! Mais bon, la jeune fille garde le sourire. En plus elle est maintenant avec deux copains, dont un jeu de miroir fait qu’on en voit l’un de fois et l’autre non, c’est assez drôle, sans compter le gros bouquet de tulipes en premier plan. Je ne sais pas si on pourrait s’autoriser à parler ici de pré-psychéxploitation à la française – bon, OK je crois que ce serait quand-même franchement tiré par les cheveux.

 

Boum Bomo N° 8

 

Allez, passons enfin à la suite, car heureusement, Les Pros sont de retour pour le bouquet final, sur le disque N° 8 ! D’ailleurs c’est la pochette ou nos modèles se lâchent le plus : la blonde secoue ses cheveux et claque des doigts, le jeune minet est à fond dans le son et le grand a l’air plus ampoulé, mais bon, on voit bien ses belles chaussures Clarks, ça rattrape. Evidemment, le salon des parents reste à gerber (c’est là qu’on le voit le mieux) avec ses canapés qui font tapisserie, ses rideaux vieil-empire et son faux vase ming porte-lampe, mais on s’en fout, on en profite pour jerker pendant que les parents sont partis, surtout que les Pros ont ramené le son…

Face A, on commence avec une reprise de Winchester cathedral, des anglais New Vaudeville Band, et là, c’est une bonne surprise, car il y avait à l’époque une mode horrible consistant à faire du revival années 20/30, genre charleston et compagnie, ce qui est le cas dans cette chanson. Et là, pour le coup, c’est la reprise qui est plus rock que la version originale ! Les guitares électriques bien acides remplacent avantageusement le chant et la rythmique est plus tendue, donc c’est nickel.

Et juste après ça, on a Patrick-jerk, qui est juste le deuxième meilleur morceau des Boum Bomo (après I love Kate, d’après moi). Un super rock mid-tempo, avec deux guitares fuzz en duo tout du long, une dans les aigus, une dans les graves, magnifique. Super compo (signée Cooper), super son, super rythme, super breaks… Des vrais pros, ces Pros !

Et pour ne rien gâcher, la Face B s’ouvre avec une reprise des Moonkees, I’m a believer ! Bon, là, ça sonne quand même un peu plus variétés que l’original (mais en même temps, les Moonkees n’étaient-ils pas eux-mêmes un pur produit pop-marketing ?). En tout cas, ce super morceau reste ici super, avec même une interprétation un plus speed, qui compense la légèreté de l’attaque. C’est rapide, gai, dansant, léger, joyeux… que demande le peuple ?

Enfin, pour finir en beauté, encore une sacrée curiosité : Goodnight Regine, a priori une composition (de J. Boston), mais qui pompe carrément le riff d’intro de LSD, l’un des morceaux les plus killers des Pretty Things ! Fallait oser ! Et fallait connaitre ! Elles sont bien là, cette fois, les influences psyché-freak-beat. Ouh la la ! Si les parents et le directeur des Bas Bomo avaient su ce qui se planquait à côté des innocentes reprises d’Adamo et de Maurice Jarre, qu’en auraient-ils pensé ?

 

Quelle tournure aurait pris la série Boum Bomo si elle avait eu une suite ? Un recadrage variété en bonne et due forme ou bien une dérive toujours plus pop et psyché dans l’air du temps ? Ou alors la poursuite (plus probable) d’une coexistence entre musique clean à la papa et trucs de jeunes à guitares saturées (l’idéal étant bien sûr le mélange des styles au sein même des morceaux) ? Peut-être qu’un jour, dans longtemps, un fondu de chez Born Bad Records ou de chez Caméléon Records exhumera les bandes inédites de la série Boum Bomo. (N° 9 à 12 ?) Et comment se serait terminée la surboum dans le salon parental ? Et où donc étaient cachées les bouteilles d’alcool ? On ne le saura jamais - même si on aperçoit, malgré tout, un verre vide et un paquet de clopes entamé sur la table basse du disque N° 8 - regardez bien…

 

Luis Pena - Little Carolina

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09 novembre 2017

BOUM BOMO (première série)

Boum Bomo verso série 1

 

La fameuse série des « Boum Bomo » est un classique des vinyles de brocantes. Dans les 60's, la Bonneterie de Moreuil (à Amiens) alias BOMO, lance une série de 45tours, BOUM BOMO, sous-titrée la « Discothèque BOMO, tous les succès du HIT PARADE ».

Sous son propre label, Boum Bomo, édité par les Productions Auteuil, l'entreprise sort une première série de 4 EPs (45tours de 4 titres) dont les dos de pochettes contiennent des photos de modèles d'habits : « Twin-sets, cardigans, pulls, gilets, jarrettes, etc. » La fille qui pose dans de nombreuses tenues semble être toujours la même et c'est elle aussi qui figure au recto de la pochette du 45t N° 1.

Ce premier volume est le seul dont la pochette a un fond bleu clair. La jeune fille, accompagnée d'un petit chien, met des disques sur un pick-up, à même le sol. Plusieurs disques sont étalés devant, parmi lesquels on peut reconnaître deux 33tours des Beatles (With the Beatles et Revolver) et le EP de Dutronc Les Play Boys. Cela nous permet de situer l'année : probablement 1966. Le principe de cette série est qu'un orchestre différent livrera 4 titres instrumentaux sur chaque volume, parfois sur deux volumes, principalement des reprises de tubes du moment.

 

Boum Bomo N° 1

Ce N° 1 est assuré par Raymond Guiot et son orchestre, ça ne démarre pas très fort, avec La Chanson de Lara, bluette romantique de Maurice Jarre, composée pour le célèbre film Docteur Jivago. L'arrangement de batterie a le mérite de bien poser l'ambiance, typiquement variété pop des sixties, avec de courts roulements bien secs, accompagnées d'une basse bien ronde - on dirait du Michel Colombier. Mais les violons sont sirupeux à souhait et on s'ennuie rapidement. Ensuite, c'est South-Highway (signé L. Conti), un morceau un peu plus enlevé, mais qui reste dans le même style assez ringard.

En face B, ça s'améliore peu, avec toujours Maurice Jarre, pour Paris en colère(du film Paris Brûle-t-il ?), qui est quand même une belle mélodie mais dont cette version reste très ordinaire. Pour finir, enfin un bon titre : Les deux guitares, signé Louis Pena, dont on n'a pas fini d'entendre parler à propos des Boum Bomo... Bonne compo, bien rythmée, avec des breaks de batterie bien rock, une belle lead guitare, et des cuivres et des cordes bien foutus, sans oublier un chouette clavecin. On dirait du bon John Barry.

 

Boum Bomo N° 2

Avec le N° 2, on inaugure une série de 3 ou 4 pochettes avec un rond de lumière sur fond noir, série assez homogène qui tranche avec la pochette N° 1 sur fond bleu clair. On voit ici une danseuse en action, avec un carré de cheveux roux. C'est la seule de toute la série qui ne soit pas blonde, soit il s'agit d'un autre modèle, soit elle porte une perruque.  A côté d'elle, un gros bouquet de tulipes et un petit chandelier à trois bougies, sur une table basse, pour une composition kitchisime !

La musique est ici assurée par Les « Pros » et ça commence bien, avec Les Play-Boys de Dutronc, dans une version pas trop mal, avec notamment de jolis petits moulinets de guitares sur le couplet, non-existants sur la version originale. Je pense que c'est pour remplacer le débit de la voix. On entend quand même une parole à la fin : « encore », entre les deux finals, peut-être bien la seule intervention chantée de toute la série Boum Bomo. Et juste ensuite, arrive la première apparition de guitare fuzz de la série ! En introduction de Drugstore midnight, qui semble bien être une compo originale, signé A. Florent. Supers mélodies, plusieurs guitares se répondent, une jouée dans les basses, une autre aiguë au son clair, et enfin une fuzz, qui prend son solo en milieu de morceau. Super basse, super batterie, du bon jerk ; aurait tout à fait pu être joué par les anglais à casquettes dans le film Ne nous fâchons pas.

La Face B démarre moins bien, avec une reprise d'un charleston de Sheila, L'heure de la sortie, bien jouée, mais bon, le charleston, c'est relou, quand même. Puis on revient au jerk avec Le Chemin du lycée (F. Langel), moins bonne compo que Drugstore midnight, la lead guitare est un peu bateau, mais c'est très correct, avec un super son d'ensemble.

 

Boum Bomo N° 3

Pour le disque N° 3, la poursuite lumineuse se fait plus nette, avec un rond rose qui se découpe nettement sur un fond noir, toujours une danseuse et des fleurs sur une table basse (un peu plus discrètes cette fois : deux roses rouges). Cette blonde est apparemment la même que celle au pick-up sur la pochette N° 1 et elle tiendra l'affiche jusqu'au bout de l'aventure Bomo. On voit par contre apparaître à moitié dans l'ombre la silhouette d'un homme de dos, en costard, sur la droite.

Côté musique, ce n'est pas un grand cru, avec Pierre Thibaud et son orchestre. On a affaire à un trompettiste et cela peut vite s'avérer pénible, sauf en cas d'excellent répertoire, mais ce n'est pas le cas ici, avec en ouverture une reprise de Kilimandjaro (la romance de Pascal Danel) suivi de Geronimo (F. Langel), un morceau lent aux arrangements un peu rocks mais globalement assez variète avec une trompette assez soulante. En face B, deux tubes un peu exotiques, Guantanamera et La Bamba, respectivement signés par L. Conti et J. Dina, ce qui n’est pas très honnête puisque l’une est en réalité attribuée à Joseito Fernandez (Cuba, 1928) et que l’autre est un air traditionnel mexicain. Guantanamera démarre pas mal mais ça se gâte assez vite avec la trompette et des arrangements de cordes sirupeux, malgré une bonne rythmique basse/batterie (on vous recommandera plutôt la chouette version de Joe Dassin). Et pour sauver un peu cet EP, on termine avec une version dynamique et assez marrante de La Bamba, morceau de style mexicain sur lequel la trompette passe beaucoup mieux !

À noter (pour les méticuleux) : il y a une erreur de numérotation sur les étiquettes (labels) des disques N° 3 et 4. Les numéros sont inversés, ce sont les numéros des pochettes qui sont les bons. Et la même erreur se reproduira entre les étiquettes des disques N° 6 et 7 !

 

Boum Bomo N° 4

Pour le N° 4, notre danseuse blonde continue à sourire et à danser de plus belle, en robe violette sur un fond de poursuite orange vif du plus bel effet ! Sur une petite table basse, les disques font leur retour à la place des fleurs (on y aperçoit à nouveau le EP Les Play-boys de Dutronc). Et le track-listing va s'améliorer significativement, sous la direction de l'excellent Luis Pena et son orchestre.

Ça démarre avec J'attendrai, reprise de Claude François, c'est à dire I'll be there des Four Tops, un morceau original tellement bon qu'on est forcément un peu déçu ici, l'instrumentation de Clo-clo étant elle aussi excellente. Mais c'est pas mal, surtout la partie de clavecin du couplet ; c'est juste le passage avant le refrain qui manque de punch. Une version un peu courte mais amusante. Ensuite, on a Jerk à St-Germain, une compo de Luis Pena, sympathique mais sans plus, pour un soi-disant jerk, c'est quand même très mou, plutôt une ballade.

Face B, autre reprise d'un excellent morceau, Mellow Yellow de Donovan, bonne reprise, la encore le clavecin est particulièrement réussi, mais le reste sonne bien aussi (basse, guitare, cuivres...) A noter : la présence de chœurs féminins. On les retrouve aussi sur le titre suivant, Spring à Liverpool, une bonne ballade pop, meilleure que le Jerk à Saint-Germain, sans être non plus transcendante. Elle est signée par A. Florent, déjà rencontré sur le volume 2 avec son fameux Drugstore midnight. Mais le meilleur de Luis Pena reste à venir, sur le EP suivant...

 

Deuxième série : à suivre...

 

https://www.youtube.com/watch?v=zghS3b7KQUk

 

 

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12 mars 2017

Men in the moon (Paris, 2002-2004)

Ce groupe officiait à Paris, au début des années 2000. Un excellent groupe de garage rock sixties, ou freakbeat ou psyché ou autres étiquettes du même tonneau… mais en tout cas excellent ! Ils ont fait pas mal de concerts et on en retrouve trace sur la page Facebook du groupe, animée par Gérald, le guitariste. C’est un peu le foutoir, mais il y a plein d’infos, photos, affiches, et même du son, notamment par un renvoi sur une antique page Myspace.

Ce groupe où chantait Olivier, futur leader des Hushpuppies a enregistré plusieurs titres en studio, dont seulement quelques-uns ont été publiés, sur des compilations. Tout d’abord Metorite beat, en décembre 2002 sur la compile (CD) CQFD (Ceux Qu’il Faut Découvrir) publiée par les Inrockuptibles suite à la création d’un concours par cette revue. Super morceau court, très enlevé et mélodique avec impressionnantes saillies de guitare fuzz. Ensuite le groupe a placé Paradise sur une autre compile, plus confidentielle (400 ex. vinyl), produite par Anteenagers M.C.  Ce titre est tout aussi excellent, avec des parties des arpèges de guitare rythmique qui rappellent les Count Five, super basse, super chant… Ensuite le groupe a dû être à deux doigts de se faire signer par une maison de disques, puisqu’on retrouve un troisième titre, I Need somebody Else (to love), sur une compilation CD de Labels en 2003 : Futur now : coming soon.  Et ce morceau est aussi paru sur la compile Le nouveau rock and roll français éditée par JB Wizz, futur patron du label Born Bad, en 2004. C’est sorti en CD et en vinyle, plus un sampler 45tours 4-titres de la compile, dont celui des Men in the moon.

Sur la page Facebook du groupe, on trouve ce qui semble être la couverture d’une démo CD sortie à l’époque, avec les 3 titres déjà cités : Metorite beat et I Need somebody Else (to love), Paradise, mais aussi un quatrième titre : Buddha. Il y a 2 pochettes différentes pour cette démo (voir photos). Buddha est un morceau lent à guitare wha wha, avec un refrain plus speed et guitare fuzz, cette compo est un peu moins inspirée à mon goût, mais ça reste bien.

Men in the moon démo

Men in the moon démo 2

Par ailleurs, en plus de ces 3 titres, ils en avaient enregistré d’autres tout aussi intéressants, qui mériteraient d’être découverts ou redécouverts, au-delà du cercle des fans et amis du groupe, qui s’est dissout quelques temps plus tard, vers 2006. Comme j’avais connu Olivier (chant), Christian (basse) et Gérald (guitare)vers 2003, ce dernier m’avait envoyé, après leur séparation, des MP3 de ces inédits, qu’on retrouve en partie, aujourd’hui encore, sur leur antique page Myspace déjà évoquée. Il y a I’m going home, pas mal mais ressemblant un peu trop à Paradise en moins bien, mais aussi A new kind of girl, à nouveau un très bon morceau, mid-tempo, avec belles mélodies et partie d’orgue, bons arrangements… Et enfin Song for Sky (apparemment en hommage à Sky Saxon, le chanteur des Seeds) un de leurs tous meilleurs titres, super guitare et super chant, avec quelques belles envolées lyriques. A signaler aussi sur ce Myspace, 2 titres enregistrés en live : Hearded baby et I ain’t no Saints. Le groupe a fait pas mal de concerts à Paris (dont on retrouve les chouettes flyers sur leur page Facebook) et j’ai pu en voir quelques-uns. Étrangement, ils paraissaient plus sages sur scène qu’en studio, même si leurs sets avaient malgré tout de la gueule.

Mais il me reste encore à signaler deux titres en studio, non présents sur internet et tous les deux excellents ! D’abord Highway 69, une reprise des Fuzztones, qui d’après le site Discogs figure sur une compile 2 CD Fuzztones Illegitimate Spawn Vol. II, sortie en 2010. Je trouve leur reprise carrément bien meilleure que la version originale. Et pour finir, The way I feel, peut-être ma préférée, une compo mid-tempo avec une intro de basse entêtante, un super orgue façon Del Shannon et une très bonne compo !

En conclusion, ça nous fait 9 titres studio qui pourraient constituer une belle suite sur vinyle, sans compter d’autres inédits qui existeraient peut-être ?... Puisse un bienfaiteur du garage-rock inspiré réaliser un jour ce projet, on aimerait bien pouvoir s’acheter un truc pareil.

…à (ré)éditer !

Men in the moon sur Discogs : https://www.discogs.com/fr/artist/1575011-Men-In-The-Moon-2

Men in the moon sur Myspace : https://myspace.com/meninthemoon69/music/songs

Men in the Moon sur Facebook : https://www.facebook.com/MEN-in-the-MOON-261909337252645/?ref=page_internal

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30 décembre 2016

Mes disques préférés de l'année 2016

Calico Review / Allah-Las (Mexican Summer, 2016)

C'est leur troisième album, très bon, tout comme le premier. Beaucoup de morceaux magnifiques, comme "Could be you" ou "Terra Ignota", avec de superbes mélodies et arrangements de guitares. l'album s'écoute en boucle et on s'en lasse peu. Vu comme ça, le rock californien, c'est génial !

 


III / Jaromil Sabor (Frantic City, 2015)

Super groupe de Bordeaux, dont le jeune chanteur, Jaromil, joue aussi dans 39th & The Nortons avec Nick Weeldon, le leader d'Os Noctambulos. L'album est produit avec un poil trop de disto à mon goût, mais il recèle des magnifiques compos, dont "Until the end of the world" : je n'avais peut-être rien entendu d'aussi beau depuis la face B du premier 45tours des Rivals ("We did it to ourselves") en 2008 ! Vu aussi en concert, l'hiver dernier à l'International bar (Paris 11e), le groupe est excellent, énergique, stylé et puissant.

 

 Stranger / Os Noctambulos (Stolen Body, 2016)

Encore un album cette année, le deuxième (si on ne compte pas la demi-face du split-album avec les Plantins, qui avait déjà précédé "Corsica garden"). C'est toujours aussi bon, avec des sommets fascinants comme Jordi taught me ou Wandering light. Purs arpèges de guitares à la fois mélancoliques et pleins d'entrain. Un mixage qui manque peut-être un peu de graves dans son équilibre général, mais on s'en fout, c'est déjà tellement bien !

 


The Quirky Lost Tapes : 1993-95 / El’Blaszczyk (Born Bad, 2016)

Redécouverte des géniales chansons d'El’Blaszczyk, à l'origine produite par Patrice Caillet, des Editions Bricolage, sur une très belle réédition 33tours de Born Bad, richement documentée. Du premier titre, "Taqui walki" ou dernier, "Elle est horrible" (reprise détournée de "Elle est terrible" en passant par le super groove michel colombiesque du "Prisonnier Beatnick", tout est bon là-d'dans, comme dans l'cochon !

Born Bad Records - BB085 EL BLASZCZYK ROCK BAND HIMSELF - THE QUIRKY LOST TAPES 1993-95

BB085 EL BLASZCZYK ROCK BAND HIMSELF - THE QUIRKY LOST TAPES 1993-95 "Je me souviens très bien, à la fin des années 90, lorsque j'ai découvert le 45T "With Girls" d'EL'BLASZCZYK, un vinyle autoproduit qu'il distribuait au compte-gouttes. Ce disque ne ressemblait à rien d'autre que je connaissais déjà.

http://www.bornbadrecords.net

 

à signaler aussi : les très bons albums de French Boutik, "Front pop", des Daltons, "Objet ancien", de Brodé Tango, "Appel d'air" et celui de ma chouchoute galloise Cate Le Bon, "Crab day", que j'ai encore assez peu écouté, un peu moins pop que les précédents, mais toujours étonnant...

Mon meilleur concert de l'année : The Real Kids, au Petit Bain, le 1er juillet. Depuis toutes ces années d'attente et après plusieurs annulations, on n'osait plus y croire mais c'était à la hauteur de nos attentes : avec une classe et une application/implication énormes !

 

Vus aussi en concert et bien apprécié : Paul Collins Beat, Os Noctambulos, Flowerbed Tramplers, Jaromil Sabor, Petit Louis, Massey Ferguson Memorial, The No-Things et Pierre Bastien. Plus tout un tas de groupes que je n'ai pas encore pu aller voir...

Les trouvailles en brocante n'ont pas été extraordinaires cette année, mais un bouquin sur le "Easy-listening" par Erwann Pacaud (Editions Le mot et le Reste, 2016) m'a donné envie de me replonger dans mes nombreuses compiles 33t du style Pertinent percussion, Xavier Cugat et autres Herb Alpert...

 

Easy listening

La musique easy listening erre au-dessus de tous les styles musicaux qui existent depuis le XVIII e siècle jusqu'au début des années 1970. C'est une musique large, sans œillères, qui va puiser son inspiration à des sources bien dissemblables comme les compositeurs de musique classique, les big bands américains des années 1940, les ensembles gamelan balinais folkloriques, les Beatles, la bossa-nova ou la musique hawaïenne traditionnelle.

https://lemotetlereste.com

 

A ne pas manquer non plus, une initiative musicale particulière, ni sur disque ni sur scène mais presque, avec la poursuite de l'étonnant label d'Etienne Charry : Catalogue. Il s'y occupe de tout : les musiques, les titres, les noms de groupes, les pochettes de disques (les disques sont virtuels mais les pochettes existent sous forme de tableaux), les viédéos promos, les play-backs, la production, etc ! (Cherchez les vidéos sur Youtube, elles sont très drôles).

Etienne Charry | Catalogue

HASEC SKOUNIC HORACE TRICH ADONIS MERCIER RICHARD MIX SWEET PARADE DEMOLITON CREW DULZ GALVIN THE 3 KRAUNS HERLINGTONES THE PICKLES PRONZO DORF RAOUL MENNICK THE FLASHIES THE PHOTONS ERNIE MOTKA TOM ZIG & FRIENDS ROMBUS KETLER JAZALBAM PICOCK ABSAL GORMUT LES DÉLICIEUX

http://www.etiennecharry.com



Enfin, grâce à Eric Bathory, j'ai pu, à l'occasion du décrochage de son expo de peintures et dessins, enchainer une bonne sélection de vinyles lors d'une belle soirée au bar Planète Mars (Paris 11e). Merci encore pour cette invitation, les occasions se font si rares ! :)

 

 

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29 octobre 2016

Les Combinaisons - K7 démos 1985-1992 (Reims)

Dans cette rubrique à (ré)éditer, il était évident qu’il faudrait s’attaquer aux Combinaisons, dont la production de K7 démo est aussi pléthorique que leur discographie est mince !

Je ne peux pas être vraiment objectif, vu que j’ai joué dans ce groupe de 1990 à 1992, mais j’en ai quand même été l’un de leurs plus fervents fans, pendant les trois années qui ont précédé ma participation.

Essayons de ne pas entrer trop dans les détails de l’histoire de ce groupe, qui reste à écrire, pour nous concentrer sur sa production d’enregistrements en studio, quasiment tous jamais édités, mis à part le 45-tours « 4 gros tubes » sorti sur Deutsche Gros Klaxon (en réalité une autoproduction) et enregistré par Dorian Feller et Dominique Diebold, du label Ayaa, en 1987.

Ce disque a été tiré à 500 exemplaires ou bien mille (je ne sais plus), dont plusieurs centaines n’ont pas été vendus - et dont quelques dizaines ont même fini par sérieusement se gondoler suite à un mauvais stockage ! Mais ce disque a tout de même été diffusé, sur Reims et lors de concerts un peu partout, suffisamment pour figurer dans les discographies du rock français (Euthanasie, 45toursderockfrançais…) et pour marquer les esprits, au moins localement. Il est excellent, avec une version étonnante d’Origine Argentine, le fameux tango des Combinaisons, et Sardine à l’huile, deux de leurs plus célèbres chansons, qui seront réenregistrées par la suite (comme on va le voir). Autre titre : Rat débile et rat méchant, chanté par Bûcheron, chanteur de passage cette année-là, car l’une des originalités du groupe est d’avoir compté beaucoup de formations et de membres différents, sur toute son existence, de 1983 à 1993. Cette compo sera elle aussi réenregistrée, mais avec d’autres paroles et sous un autre tire (Sparing partner). Et enfin Cœur volé, titre qui lui est plus ancien, sans doute issu d’une des toutes premières démos des proto-Combinaisons, vers 1983. Où l’on voit qu’on avait affaire dès le départ à un truc pas banal, avec les guitares sauvages et bizarres et bien sûr l’incroyable voix de Kankrela ! Notez que ce morceau s’inspirait fortement de Sex Beat du Gun Club, dont il ne trahissait pas trop l’esprit.

combi 4titres

Mais c’est fin 1985 (ou début 1986 ?) que les Combi enregistrent ce qui est leur première vraie démo à ma connaissance (à moins qu’il ne s’agisse que d’une répétition plus soignée que les autres). En tout cas c’est sous cette appellation qu’elle m’a été donnée à l’époque. Il y a quand même 10 titres dessus, c’est conséquent, sans titre général, d’ailleurs aucune de leurs démos n’aura jamais de titre précis. Le groupe se compose alors de Kankrela et Hugues (chant), de Fara (batterie), de Bruno et Thierry (‘Duty’) aux guitares - et je ne suis même pas sûr qu’il y avait déjà une basse à ce moment-là.

On trouve sur cette K7 Starsky et Hutch, un très bon reggae qui sera malheureusement assez vite supprimé de leur répertoire ; Strychnine, leur reprise des Sonics, dont ils étaient fans. Cette version est très bonne, assez lente tout comme l’originale, et leur valu l’estime de Joe la Cravate, un légendaire rocker de Reims (trop tôt disparu) qui lui aussi chanta avec le groupe durant quelques mois, en 1987, notamment sur ce titre (et sur la reprise de The Crusher, des Novas). Ensuite, vient Do you wanna jump, qui fait bien sûr penser à Do you wanna dance (Booby Freeman, Ramones…) mais avec des paroles françaises et une mélodie musicale originale assez différente. Plutôt une réussite, mais ce titre ne sera pas conservé, tandis que le groupe rejouera finalement une version fidèle de Do you wanna dance (à la façon Ramones) de 1991 à 1993. Puis vient Pedro dollard, qui est en fait déjà une version d’Origine argentine, le tango, mais sous un autre titre. Elle n’est pas aussi bonne que celle du 45-tours, que certains n’hésitent pas à qualifier de chef-d’œuvre !

Cachoux la jaunie est un titre assez enjoué et syncopé, sympa mais qui est resté à l’état d’ébauche. Puis encore une reprise : Over my head, de Pere Ubu, dont ils étaient très fans, notamment Bruno, le guitariste, et Kankrela. La reprise est longue, tout comme la version originale, mais presque tous leurs morceaux étaient longs à cette époque : 5 minutes ou plus. Ils se sont raccourcis par la suite. Un autre titre de Pere Ubu a été repris durablement, de 1989 environ et jusqu’à la fin du groupe, c’est Heaven, dans une très bonne adaptation, mais malheureusement jamais enregistrée en studio. Ensuite, c’est Talking to your daddy, une excellente compo, qui bizarrement a été abandonnée vers 1989 ; on y entend bien le style très caractéristique du premier batteur, Fara, tout en syncopes et roulements rigoureux et raffinés, entre la fanfare et le twist, qui faisait merveille sur leur reprise du générique des Chiffres et des lettres, par exemple. Car oui les Combinaisons n’avaient peur de rien et pouvaient enchaîner ce générique en concert avec Strychnine, ou encore Étoile des neiges (de Jacques Hélian) avec Love comes in spurts (de Richard Hell) !

Pour bien comprendre l’état d’esprit du groupe, ce n’était pas un truc du genre rock festif (ou ska festif, genres qui d’ailleurs n’existaient pas encore à leurs débuts) mais plutôt un truc dadaïste et punk façon John Lydon : anticonformiste à fond et si ça vous plaît pas allez tous vous faire foutre, y compris les punks, justement… Mais bien qu’arrogants, leurs sets étaient globalement très joyeux.

Pour en finir avec cette première démo, on trouve encore trois morceaux : Chocolate song, qui est un prototype de leur fameux futur morceau de bravoure Les grosses dames. Ici, pas encore le climat étrange et le texte incroyable qui viendront, mais déjà les motifs de guitare qui fondent toute cette compo. Bistouquette break, un bon thème musical assez nerveux, mais sans paroles. Et enfin A tous ceux qui s’aimentest un slow, ou plutôt un blues, assez sympa, mais qui sera assez vite mis de côté.

Fin 1986 (ou début 1987 ?) les Combinaisons enregistrent une deuxième K7 démo, 8 titres, un peu plus travaillée. C’est l’époque du Hang’Art, petite salle de concerts et d’expo située sur le côté de la Mairie et tenue par Michel Jovanovic et un certain Denis (si je me souviens bien). Cette salle sert de local aux Combi, qui bossent plus ou moins là-bas en contrat aidé (TUC), au bar et aux entrées, tandis que Michel est alors le bassiste du groupe. Le premier titre, Ougadoudou est très bon, un truc joyeux, simple mais bien trouvé, typique de leurs compos de cette époque, avec toujours Duty à la guitare rythmique. Ensuite, Go to my left (go to my right), qui intègre en intro le thème de Des chiffres et des lettres, célèbre émission télévisée et naphtalinée. Il sera souvent utilisé en ouverture des concerts et joué jusqu’à la fin du groupe ou presque. Puis Strychnine, version plus rapide que la précédente, très carrée et énergique, avec moult cris de Hugues et Kankrela. Encore une belle version de Tango (futur Origine argentine), plus rapide que la version du 45t.

Un nouveau reggae, Revolution, prend la place de Starsky et Hutch. Je le trouve moins bon, un peu trop basique musicalement, mais le chant, caricaturant le style jamaïcain, est très bien. Ce titre a été joué régulièrement en concert pendant au moins deux ans, je crois. Ensuite, Les grosses dames : ça y est, le morceau est abouti, l’un des textes les plus marquant de Kankrela, une histoire de grosses dames bizarres, tout au bout d’une jetée… Un tempo plutôt lent et un climat étrange. Sur cette version, c’est Kankrela qui joue de la guitare solo (il le faisait aussi en concert). C’est suivi par Micheline, qui n’est autre que Bistouquette break, qui a changé de nom et est un peu plus carrée, toujours sans texte, mais avec des borborygmes de Hugues très réussis. Et enfin la première version au propre de Sardines à l’huile, le tube des Combinaisons, version assez proche de celle du 45tours, qui sort quelques mois plus tard.

Après le 45-tours (décrit plus haut), un changement important s’opère fin 1987/début 1988, avec le départ de Duty (guitare rythmique) et l’arrivée de Fu (François) qui remplace Michel à la basse, plus les arrivées d’une organiste, Manelle, et d’un deuxième batteur, Marc. Du coup cela va pas mal modifier le son, sans oublier la présence de Christophe (‘Tof’) à la clarinette, qui était déjà là sur les concerts en 87, mais pas sur les enregistrements.

Il existe une sorte de démo intermédiaire entre ces deux périodes, qui a été enregistrée dans un studio, avec une batterie électronique (jouée par Fara seulement) et avec de l’orgue mais sans clarinette. Je crois qu’elle date de 1988 mais je ne n’ai pas la date précise. Le groupe n’avait pas été très satisfait du résultat de la production. On y trouve 3 titres : encore une version de Strychnine et une de Talking to your daddy, plus un très beau slow mélancolique, La fille du faubourg, avec de belles parties d’orgue et de guitare, qui malheureusement sera très vite délaissé, mais heureusement enregistré ici, donc.

Démo Comin 88 jaquette

Au printemps 1988, c’est l’avènement du nouveau son des Combinaisons, qui enregistrement une quatrième démo de 7 titres, avec l’ami Dorian Feller (du groupe Brodé Tango), fortement marquée par les arrangements de Fu. Le son est plus riche, avec la clarinette, l’orgue, les percussions du deuxième batteur et les nombreux chœurs et bruitages divers et variés. Il y a aussi plusieurs nouvelles chansons : Jiu Jitsu, beau morceau avec différentes ambiances et tempos, plus un chant excellent. On danse, excellente compo également, qui rendra malheureusement l'âme sur l'établi des répétitions en 1990, victime d'une sophistication un peu trop ambitieuse... Les filles du bord de mer, une reprise d’Adamo, qui fut un temps fort dans leurs concerts, où l’on invitait les filles à danser la valse ! Par hasard, il se trouve qu’Arno, le chanteur belge, a lui aussi repris ce vieux standard, très peu de temps après. C'est un titre parfaitement taillé pour Kankrela, qui l’interprète tout aussi bien que son tango, Origine argentine, à nouveau réenregistré ici, ou encore La Matchiche, de Mayol, jamais enregistrée par les Combi mais plusieurs fois jouée en concert. Autre nouveauté marquante : Sur mon vélo, titre très gai au rythme un peu ska, qui nous enchantât cette année-là. Danseuse dada, un titre très speed, qui (de mémoire) s'était appelé Vieux cochon au départ et qui changera encore par la suite.Et enfin Go to my left, qui devient une sorte de patchwork intégrant plusieurs parties musicales récupérées ici et là, dont toujours l’incontournable intro des Chiffres et des lettres.

Cette démo est suivie d’une deuxième, en 1989, enregistrée dans les mêmes conditions, toujours dans l’immeuble des deux Bruno, le guitariste des Combi et Dorian Feller, sur le 8-pistes de celui-ci. 3 titres, dont un nouveau, Texas Tex, pas si nouveau en fait mais encore jamais enregistré, et deux « anciens » : Sardines à l’huile et Les filles du bord de mer. Je n’ai jamais trop compris l’intérêt de réenregistrer cette dernière chanson juste un an après, je crois que Kankrela n’était pas satisfait du chant, mais les deux versions sont très bonnes. Par contre les deux autres morceaux sont vraiment parfaits, vifs, avec un son chaud et une mise en place impeccable. La version de Sardines se fait plus longue, avec un solo de guitare d’anthologie qui en fait la version ultime à écouter ! C’est leur cinquième démo depuis le départ.

Démo Combi 89 jaquette

Mais ce n’est pas fini, il reste encore deux démos à venir ! D’abord celle des studios de la MJC de Vandœuvre-lès-Nancy, qui sera enregistrée en janvier 1991, dans un studio professionnel sur un 16-pistes. Là, il y a encore eu des changements dans le line-up du groupe, avec le départ de Fara, Marc devenant l’unique batteur des Combinaisons, et mon arrivée, en tant que guitariste rythmique (il n’y en avait plus eu depuis le départ de Duty). Cette fois le son est très bon, de qualité pro, mais il est même un peu trop clean à mon goût, avec le recul. Le premier titre est Sparring partner, qui est en fait la même compo que Rat débile et Rat méchant, du 45t, mais avec un nouveau texte, de Kankrela (l'ancien était de Bucheron) un tempo plus rapide et de nouveaux arrangements. Une bonne réussite, notamment avec les bruits de synthé Moog et la lead guitare de Bruno, ainsi que la clarinette de Tof. Le deuxième titre est le plus réussi : c'est une nouvelle version des Grosses dames, très travaillée, avec une ambiance qui s'installe tranquillement pour monter en tension jusqu'à l'explosion finale, et une interprétation magistrale de Kankrela (dont il existe une vidéo, filmée en cabine d'enregistrement). Ce titre fut choisi par le groupe pour figurer sur la compile CD du Printemps de Bourges 1992, où les Combi étaient qualifiés pour représenter la Champagne-Ardennes, mais des abrutis se sont permis de le shunter au bout de 3 minutes alors qu'il en faisait 6, gâchant tout l'effet du truc ! Dire qu'il aurait suffi de nous prévenir pour qu'on leur propose Sparring partner, qui était deux fois plus court. Du coup la discographie CD officielle du groupe ne compte qu'un demi-morceau... Le troisième titre, c'est une nouvelle version de Strychnine, mais avec un texte en français de Kankrela, très drôle et réussi : Pesticide ! (extrait : « Moi, mais moi, je m’enquille, des barils et des kilos de la pesticide » !...) Malheureusement je trouve le résultat un peu décevant au niveau musical, avec des arrangements qui s'éloignent à la fois du garage des Sonics et de l'esprit des Combinaisons première mouture. Le tempo est peut-être un peu trop speed, et je ne sais pas dire, sinon, ce qui cloche exactement, mais ça ne va pas vraiment. D'autre part le saxo soprano est accordé légèrement trop bas, ce qui n'arrange rien à l'affaire. Mais cette démo marque une étape avec la production la plus « pro » jamais obtenue par le groupe : un son ample et net, pas de souffle, etc. Sur Les grosses dames, ça colle parfaitement.

Les Combinaisons - Les Grosses dames (1990)

Et pourtant, le groupe allait pouvoir se hisser encore un cran au-dessus, dans la production en studio, grâce à cette sélection au Printemps de Bourges. Les gagnants de chaque finale régionale recevaient un pécule assez conséquent pour enregistrer quelques morceaux dans le studio de leur choix. En principe, c’était pour préparer leur venue au festival du Printemps, à Bourges, mais comme on avait déjà l’enregistrement de Vandoeuvre sous la main, on avait décidé de reporter le suivant après le festival, pour pouvoir peaufiner tranquillement de nouveaux titres. Le choix se porta sur les studios Mix-it, fondés par Eric Débris et Charles Urbier, de Metal Urbain, groupe dont plusieurs d’entre nous étaient assez fans. En 1992, l’ingénieur du son qui officiait là (et dont j’ai oublié le nom) avait travaillé sur deux albums de la Mano Negra et avait plutôt la cote. Bref, en résumé c’était un gros studio (24-pistes analogique) mais tendance rock indé/alternatif, donc tout indiqué pour nous.

Encore quelques changements de line-up à noter cette année-là : le départ de Tof, le clarinettiste, et l’arrivée de Julien (le futur ‘Jean Golo’), en tant que troisième chanteur ; ça peut paraître beaucoup, trois chanteurs, mais traditionnellement, les Combi ont toujours accueilli plein de membres (le groupe en a rarement compté moins de six). De plus, Hugues n’était pas réellement un chanteur mais plutôt un choriste/bruitiste, un danseur, un entertainer, un ambianceur, un animateur, un agitateur !... Il fût même le manager du groupe pendant quelques années. Donc il restait un peu de place pour un autre chanteur, mais surtout Julien était un ami très proche du groupe, sans cesse fourré avec eux, donc son arrivée allait presque de soi.

Cette démo, enregistrée et mixée au début de l’été 92, contient 4 titres, dont une reprise de Captain Beefheart, Zig zag wanderer, jouée depuis quelques années en concert (un morceau génial, repris entre autres par les Coronados, dans les 80’s). On a souvent comparé la voix de Kankrela à celle de Beefheart, dont il est un grand fan, et toutes proportions gardées, on peut convenir que dans l’esprit et la puissance, il n’en est pas si éloigné que ça ! Cette reprise est impeccable, avec un gros son, net mais avec du grain, des arrangements assez proches de l’original et surtout la voix singulière de Kankrela (c’est pas le genre de titre à faire chanter par Jean-Louis Aubert, par exemple) ! Ensuite il y a deux nouvelles compos, que j’avais amenées dans le groupe : Rock as not learned et Grosses métropoles. Seules le squelette et les parties de base sont de moi, car Fu avait rajouté ses fameux arrangements, puis chacun sa touche personnelle (en particulier la lead guitare de Bruno) et, surtout, les textes et le chant sont de Kankrela, comme presque toujours (mais je crois me souvenir que celui en anglais, de Rock as not learned, est basé sur un poème de Ted Hugues). Là aussi, le résultat est nickel : c’est vif, claquant, avec une basse bien ronde et présente et bon gros son d’ampli à lampes sur la guitare rythmique, mais sans être un son trop lourd non plus (on fuyait par exemple le son gras et uniforme des groupes hard-core ou noisy-pop, ou trop influencés par le style Stooges/MC5). Seule la batterie nous avait donné du mal au mixage, notamment la grosse caisse. Et l’enveloppe sonore avait une belle ampleur (qui a un peu trop disparu sur mes copies de K7 et autres versions MP3…) sans compter les super parties de chant de Kankrela, les claviers, les chœurs de Hugues et d’un peu tout le monde, incluant pas mal de fantaisies et d’improvisations. On avait fait au moins trois prises de chant et de chœurs sur les Grosses métropoles par exemple, et Fu avait passé des heures à en sélectionner les meilleurs passages. Rock as not learned est très rapide et pourrait s’apparenter à un truc rock and roll 50’s ou un peu country-punk, tandis que les Grosses métropoles est plus long et complexe, avec des breaks, des ponts, mais aussi un couplet avec un riff de basse/guitare bien dansant. Sur le pont et dans les parties d’orgue, on sent plus des influences à la Witches Valley, qu’on appréciait beaucoup (sauf Kankrela, qui comme souvent était à contre-courant des autres - idem pour les Wampas, par exemple).

Les Combinaisons - Grosse métropole.wmv

Et pour finir, une nouvelle version de Danseuse dada, cette fois-ci réécrite et chantée par Julien, qui était devenue Charlie et qui parlait du catcheur rémois Colossal Charlie (ou Charly ?) qui était le videur attitré de l’Usine, la principale salle de concerts à Reims au début des années 90. Mémorable refrain, avec Julien qui hurle « Chaaarlie » et Kankrela qui répond, toujours en hurlant, mais dans les basses : « Détrruuis-le ! ». La fin musicale était peut-être un poil trop longue et alambiquée, mais super morceau quand même, supérieur à Danseuse dada. A l’écoute du mixage final, on n’était pas peu fiers du résultat de cette septième démo !

Et voilà. La suite donnée à tout ça ?... Rien, malheureusement. Moi j’ai quitté le groupe subitement suite une embrouille personnelle et ils ont continué à jouer jusqu’à l’été 1993. Mais il y avait des tensions entre plusieurs membres du groupe, de la fatigue aussi, due à de nombreux concerts et encore plus de répétitions, trop de soirées (trop) arrosées aussi, et puis les aléas de la vie, le boulot… Les Combinaisons n’ont rien enregistré d’autre en studio, mais surtout ils n’ont rien sorti, rien publié de toutes ces bouillonnantes démos, dont les trois dernières rien qu’à elles seules auraient pu fournir la matière pour un super album… jamais édité. Ceci dit, il n’est jamais trop tard… Alors, dans l’attente de la réhabilitation du « rock textile à poil dur », Amen !

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24 septembre 2016

Fred Steven – Guns for people (Scum Products, 1986)

K7 Fred Steven 1986

J’ai vu Fred Steven en concert à la MJC Claudel, à Reims, en septembre 1986. Il se produisait plus exactement sous le nom de Fred Steven & The Sub Kids. En effet, Fred était l’un des deux chanteurs et guitaristes, avec son frère Scum, de ce mythique groupe punk de Dunkerque que furent les Sub Kids. Eux, je les avais vus un an avant (mars 1985), au même endroit, et on s’était pris une sacrée claque, car leur prestation ressemblait beaucoup aux Clash, de par sa puissance et son style musical. Ils avaient joué tous leurs super morceaux, comme le fameux Boots and cars, sorti en 45tours en 1984, plus quelques reprises comme Teenage Kicks, des Undertones.

Mais il semble que peu après, le groupe se soit plus ou moins arrêté, avec une scission entre Fred d’un côté et Scum de l’autre (celui-ci formant un peu plus tard The Action, qui passèrent eux aussi à Claudel, avec les Fridays Angels, autre groupe de Dunkerque comprenant un ex-Sub Kids). C’est sans doute pour capitaliser sur le succès des Sub Kids que leur nom avait été accolé à celui de Fred Steven pour son concert, alors on fût d’abord un peu déçu par sa prestation, car elle était moins punk et énergique que celle des vrais Sub Kids. Malgré tout, on découvrait de nouvelles compos de Fred, plus douces mais dans un style toujours très rock and roll, plus nostalgique, lorgnant vers la ballade (un peu à la façon des Saints) ou vers le reggae, deux tendances qu’on retrouve finalement déjà sur le EP Boots and cars, respectivement avec Eyes of Youth et Talk to you. D’ailleurs son groupe joua aussi ce soir-là These days are gonne, titre qu’on retrouve sur le 33-tours compile posthume des Sub Kids, sorti en 1988.

J’en arrive maintenant à la K7 démo que Fred avait sortie en 1986 et dont il jouait les 4 titres en tournée : Guns for people. Sur la pochette on voit un type avec des lunettes noires en train de tirer de face avec un flingue ; je ne sais pas si c’est Fred, car ça ressemble à une photo vintage sortie d’un film, mais ça pourrait bien être lui quand même… La chanson du même nom ne se situe qu’en ouverture de la face B, tandis que la face A s’ouvre avec Benny, qui devait être un peu son « tube » en puissance. Et effectivement, ce morceau est excellent, avec une belle mélodie et des arrangements touchants, comme ces petites cloches qui ponctuent les phrases des couplets. Le son de batterie est assez cheap ; je crois qu’il avait tout enregistré quasiment seul, en home studio. Mais en tout cas il y a un super rendu entre les deux guitares, rythmique et soliste, avec des riffs très bien trouvés, tout comme dans les Sub Kids. Et enfin cette voix, assez singulière et qui m’est devenue si familière avec le temps ; vraiment un bon chanteur ! Tout est en anglais, les Sub Kids étaient du Nord et donc plus branchés sur l’Angleterre que la France, fans de groupes comme les Outcasts, qu’ils avaient rencontré là-bas. Mais aussi les Soft Boys, Undertones, etc. Donc pour eux, c’était la langue naturelle pour le rock. Le deuxième titre, Outta control, est un reggae, façon Clash (ou Ruts…) peut-être pas aussi chiadé que le Talk to you déjà évoqué, mais très bon quand même. Il y a aussi des chœurs, là encore il semble que ce soit lui-même qui les ait faits. Face B, Guns for people est un rock plus speed et enlevé, plus classique dans son style mais très bien, et avec un beau final quand même assez inattendu. Et pour finir Love you again, plus mid-tempo et un peu triste, bon titre assez touchant…

Mais ce n’est pas fini, car il existe une seconde démo ! A priori elle s’appelle One more time, mais le titre était écrit à la main sur la K7 et elle n’a sans doute été distribuée qu’à quelques personnes plus ou moins proches. En tout cas il y a une dizaine d’autres morceaux dessus, dont certains sont excellents. Je n’ai pas les titres, mais il y en a qu’on peut deviner assez facilement, comme New town dream (ou drill ?), encore une excellente compo, avec super guitares et mélodie de chant, plus un peu d’orgue. Il n’y a que le son de batterie qui pêche (car là on reconnaît trop clairement une batterie électronique des années 80, assez cliché). Mais cette compo aurait franchement pu faire un tube, dans d’autres circonstances. Pareil pour She comes to me, avec toujours ce style, clairement influencé par le rock et power pop des 70’s, mais avec cette touche personnelle qu’amène toujours Fred Steven. Les autres titres ne sont pas tous aussi bons, ça part dans pas mal de directions, un reggae instrumental, un titre qui sonne très new-wave, un autre carrément disco cheap et un morceau très pub-rock (un peu trop à mon goût)... Et puis un titre très marrant, Dream like a little queenie, sorte de ska un peu disco mais presque dans un esprit à la Jonathan Richman, et que l’ami Pol Dodu du Webzine Vivonzeureux reconnaîtrait sûrement comme étant du pur hip-pop hoptimiste ! Bien sûr on voit que cette deuxième démo n’était pas destinée à sortir, mais on voit aussi que Fred était un musicien curieux et aimant fureter un peu partout, tout comme les Clash, période Sandinista, par exemple. D’ailleurs il a continué à jouer dans un tas de groupes, de projets et dans des styles musicaux assez variés, jusqu’à aujourd’hui (voir son site Internet, azz.free.fr où il a (re)pris le nom de Fred Rocher (son vrai nom, je crois).

Cette démo, Guns for people, augmentée de quelques titres de la démo non-officielle, mériterait bien une réédition (en vinyle ! ;) et pourrait faire le bonheur de plusieurs amateurs de rock and roll façon 77. Qu’on se le dise…

Et pour finir, il faut dire un mot des titres inédits des Sub Kids. Bien qu’un 33-tours (déjà cité ici) ait compilé leurs 45tours et participation à des compiles, plus quelques inédits dont le morceau titre du disque, These days are gone ou Kensington station, il reste une quantité de compos excellentes de ce groupe qui ne sont jamais sorties… ou presque. Un CD semble être sorti vers 2013, intitulé Sub in dub + inédits, mais pas trouvable à ma connaissance… On peut en voir un track-listing sur la page Facebook des Sub Kids, avec entre autres les excellents titres Keep on dancing, West mind ou encore For a living… Là encore, il y aurait de quoi sortir un sacré vinyle !

PS : Merci à Thierry, qui m'avait fait connaître les Sub Kids, et à Sylvain, qui m'a donné accès aux deux démos de Fred Steven.

L'histoire des concerts de l'asso Un autre émois à la MJC Claudel : http://documentsmusicauxremois.blogspot.fr/2016/09/un-autre-emoi-par-philippe-roger.html

Le site officiel des Sub Kids : http://azz.free.fr/pages/subkids.htm

Le site officiel de Fred Rocher (Fred Steven) : http://azz.free.fr/pages/fred.htm

SUB KIDS - Boots on cars (1985)

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24 juillet 2016

Les Arajas (Reims, années 80/90)

 

Arajas

 

J'ai découvert ce groupe à la MJC Claudel, à Reims, en première partie de je ne sais plus qui. C'était vers 1988. L'association Un autre émoi organisait des concerts de rock là-bas. 

Les Arajas n'étaient alors que deux et c'était peut-être bien leur premier concert. Olivier Stupp, chanteur et guitariste semblait être bien connu et apprécié par toute la bande de Claudel (Tonio, Carole, Wadel, Thierry, etc.). Avec lui sur scène, un autre guitariste, Christophe Boisseau. Par chance j'ai enregistré ce concert et je ne l'ai pas regretté, c'était génial !

Ils reprenanient Juke Box Baby d'Alan Vega, mais dans une version plus rock et mélodique, excellente, ainsi que Walk on the wild side de Lou Reed. Et d'autres morceaux que je ne conaissais pas, sans doute des compos pour la plupart, tous chantés en anglais. Stupp avait une belle voix aïgue, éraillée, nerveuse et puissante. Et un super jeu de lead guitare, avec des solos pleins de reverb, tandis que Christophe assurait la guitare rythmique (électro-acoustique) saturée, avec un solide sens du beat. J'étais scotché, comme je le reste à chaque réécoute de ce concert.

Stupp venait du bout de la Marne (Sainte-Ménehould), près des Ardennes, tout comme Jean-Marc Wadel, le bassiste des Funeral Service. Assez vite après ce concert, ils ont tourné avec un batteur, Arthur (lui aussi de Sainte-Menehould). Je n'ai malheureusement pas de trace de cette formation, mais j'ai du les voir jouer en plein air, place d'Erlon, pour une fête de la musique. Ils ont joué aussi au 1792, une boite de nuit à Valmy, vers 1989.

Ensuite le groupe a pris une autre tournure, Christophe passant à la batterie à la place de Jean, et en accueillant Wadel à la contrebasse et Catherine (la soeur de Christophe) au clavier. C'est avec cette formation qu'ils sont passés à la vitesse supérieure, répétant beaucoup et réussissant à gagner le tremplin régional des Découvertes du Printemps de Bourges. Ils ont ainsi pu aller représenter le région Champagne-Ardenne à ce festival, sans doute en 1991. Cela n'a pas débouché sur une "victoire" nationale au tremplin, ni sur une signature avec un label, mais ils s'y sont fait remarqués et ont eu des contacts supplémentaires avec le milieu des "musiques amplifiées" (comme on disait alors).

Et en 1991 ils sont aussi allés à Bruxelles aux (réputés) studios ICP, pour enregistrer une démo de 5 titres, avec un son incroyable de qualité pour l'époque et pour un groupe français. Un son très ample, très équilibré, avec les rondeurs de la contrebasse, les aigus de la voix et de la guitare, la nettetté de toutes les parties musicales, de la batterie, du piano électrique (ou clavecin selon les titres). Un son très accoustique, un peu à la Violent Femmes, pas du garage ni punk car très propre, mais pas commercial non plus, un son puissant et saisissant.

Il y a d'abord la reprise de Requiem pour un con, de Gainsbourg, chanson qui était à l'époque bien moins connue qu'aujourd'hui, avec une version personnalisée et des supers arrangements de piano/batterie/contrebasse. Leur seul titre en français, la voix passe très bien.

Mais le meilleur reste à venir, avec Welcome to the TV Show, magnifique compo avec son riff de clavecin entêtant et ses saillies de guitare électrique façon mandoline italienne, plus des choeurs aériens et une fois encore, de supers arrangements batterie/contrebasse... "Yes we will be proud of ourselves" chante Stupp à tue-tête. En effet, il y avait de quoi l'être ! Mais c'est en fait un texte ironique sur la prétention et l'arrivisme (enfin grosso-modo, ça me semble être à peu près l'idée).

Les trois autres titres sont excellents eux aussi : Ten inches penis (!), Question of noze et Rosbeef (rosbeef in my heart, baby !). Sur cette dernière, il doit y avoir une guitare slidée qui sonne presque comme un violon. De toute façon ce groupe fourmille d'originalité et de classe d'une façon générale.

Je me souviens de les avoir vus sur la scène de l'Usine à Reims, dans cette formation, et ils sonnaient très bien en live aussi. On sentait qu'ils avaient fait un gros travail sur leur son, il faut dire qu'ils étaient tous plutôt du genre perfectionniste et qu'ils écoutaient beaucoup de trucs.

C'était l'époque à la con ou le vinyle était en déclin et le CD pas encore abordable pour les groupes amateurs, à moins de casser une grosse tirelire... Du coup cette démo n'a été diffusée qu'à l'état de K7 pour rechercher des concerts ou à quelques radios et labels. 

Par la suite, ils ont continué à gonfler, se faisant repérer par Noir Désir, qui leur avait proposé de faire leur première partie sur un gros concert parisien. Et ils ont eu des contacts sérieux avec une maison de disque. Mais là, on leur a demandé de chanter en français, alors pour Stupp, c'était hors de question qu'on lui impose un truc comme ça et il a refusé - à juste titre ! Un peu plus tard le groupe s'est arrêté. Je crois que c'est Stupp qui en a eu marre et a jetté l'éponge pour mener d'autres projets, sur Paris.

Ensuite il y a eu une deuxième (ou troisième) mouture du groupe, sous le nom de "Araja" (sans s et sans article), avec Christophe au chant et à la guitare (et au bouzouki électrifié ou un intrument dans ce genre), toujours Vadel à la contrebasse (ou à la basse, je ne sais plus) et Jean Bigot, l'ainé de trois frères qui ont tous joué de la batterie dans des groupes de rock rémois (Jean, Nicolas et Manel). Cela restait très bien, mais pas aussi bien que du temps de Stupp, à mon avis. Ils ont du jouer au moins trois ans et enregistrer quelques démos.

Avant le départ de Stupp, il y avait eu aussi des répétitions prometteuses avec un saxophone, tenu par Sylvain (ex-membre de plusieurs groupes rémois, dont Dynamo avec moi en 1994) mais restées sans suite (malgré un ou deux concerts, je crois).

En tout cas, voilà une démo qui mériterait grandement d'être (ré)éditée, si possible en vinyle 33tours, avec pourquoi pas quelques extraits du concert de Claudel en bonus (dont l'intensité compenserait la mauvaise qualité de l'enregistrement), le tout pour l'édification des jeunes générations de rockers de Reims et d'ailleurs !...

 

(rédigé de mémoire, cet article comporte sûrement des inexactitudes qui seront corrigées avec plaisir sur simple demande ;)

 

PS : (05/11/2016) Quelques dates de concert des Arajas et de Araja :

 - 03/05/1989 : Shifters + Les Arajas @ M.J.C. Claudel / Un autre émoi
 - 16/02/1990: Passion Fodder + Les Arajas @ L'Usine
 - 12/10/1990: Festival Octob'rock - Les Arajas + Kid Pharaon @ L'Usine
 - 20/03/1991: Noir Désir + Les Requins Marteaux + Les Arajas @ L'Usine
 - 11/10/1991: Festival Octob'rock - Les Arajas + Black Maria + Dominic Sonic + Les Dogs @ le Cirque 
 - 02/06/1994 : The Shoulders + Araja @ L'Usine
 - 06/12/1994 : Araja + Azteks @ M.J.C. Claudel
 - 16/12/1994 : Araja + Dynamo @ M.J.C. Claudel

Les Arajas figurent aussi avec 2 morceaux sur La compil du Nain Jaune Vol.4, éditée par Rod Caravannes vers 1990.
02 - Arajas - Cold friday
03 - Arajas - Nine is new

Merci à Julien pour ces infos et pour ses repérages de trucs à corriger ici et là !

Voir son blog ici : http://documentsmusicauxremois.blogspot.fr/ 

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03 janvier 2016

Découvertes musicales 2015

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Quelques disques relativement récents que j'ai pas mal écouté ces derniers mois :

 

French Boutik : Mieux comme ça (Copase)

3ème EP de ce super groupe mod de Paris, avec 4 titres disséminés sur 2 45tours, dont une reprise de Madness : Tiptoes. Et j'ai un faible pour End of the line, belle composition.

https://www.youtube.com/watch?v=Q4vjQX7DpHU

Os Noctambulos : Corsica garden (Evil)

Super album du groupe parisien de l'anglais Nick Weldon avec Baldo, Coline et Valentin. Il reprend Song for Olivier, tube qui était déjà sur leur splitt 33t avec les Plantains. Plus plein d'autres superbes titres, comme Forget everything, On the run ou encore Wild... Bientôt un autre album à venir.

https://www.youtube.com/watch?v=2zGaNFcQVB8

The Madcaps : The Madcaps (Howlin Banana)

Ecxellent groupe de Rennes, qui viennent de sortir un nouvel album, Hot sauce, pas encore écouté. En tout cas le premier 33tours est super de bout en bout. Ne pas manquer d'écouter le puissant High school troubelmaker. Vus en concert à la Mécanique Ondulatoire il y a 2 mois : extras !

https://www.youtube.com/watch?v=dLpmVNLViXg

Allah-Las : Allah-Las (Innovative Leisure)

J'ai découvert ce premier album seulement cette année mais il date déjà de 2012. Un deuxième est sorti en 2014, mais il n'est pas aussi bon. Ce sont des californiens. De superbes ballades sobres et parfois un peu tristes, mais classieuses et obsédantes. Tell me (What's on your mind) : impeccable tube ! Seven point five est l'une de celles qui me restent en tête constamment.

https://www.youtube.com/watch?v=rK95uR1gE2I

 

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Cate Le Bon : Mug Museum (Turnstill)

3ème album de cette excellente chanteuse et musicienne galloise, maintenant basée à Los Angeles. Il date déjà de 2013, mais j'ai continué à beaucoup l'écouter depuis ! Mon titre préféré : Duke. Magnifique. Vue en concert au Point Éphémère il y a deux ans environ, super bien.

https://www.youtube.com/watch?v=SK6wq7WlBZI

Les Moonshiners : Prière pour aujourd'hui (La Fugitive)

L'un des meilleurs groupes actuellement actifs sur la scène parisienne. Leur CD est sorti cet automne, 18 très bons titres. Avec Thierry Cokrane au chant, superbe voix, mais aussi Mikael, ex-Pénibles, excellent guitariste, Alex le très bon contrebassiste du Massey, plus Frank Williams et Cyrille Andrieu, qui se sont aussi illustrés aux cotés de Fantazio. C'est rock and roll, très roots, ça groove, c'est beau.

https://www.youtube.com/watch?v=oTsqh7P2SA4

The Riots : Take no prisonners (Time for action)

EP 25cm 4 titres de ce groupe de Moscou, vu en concert cette année à la Mécanique Ondulatoire. Ce sont des copains de French Boutik. Excellent punk rock, évoquant Stiff Little Fingers et The Jam. Meilleur titre (un tube!) : Take no prisoners, pas écoutable en ligne, mais Sulphate est très bon aussi : https://www.youtube.com/watch?v=LJD0Sa1yhRg

Dividers : Fourwalls Farewell (Casbah/Beast Rds)

On a découvert ce groupe de Toulouse par hasard lors d'un week-end à Lille. Ils jouaient dans la toute petite cave d'un bar du centre-ville. On leur a acheté l'album vinyle dans la foulée, qui contient l'entêtant morceau Hook, au final un peu long mais super quand même. Un groupe à voir !

https://dividers666.bandcamp.com/track/hook

Les Rivals : Les Rivals (Cashbah Rds)

Également sur Cashbah Records, le 33tour des Rivals, sorti depuis déjà 2014, mais qui mérite de ne pas tomber dans l'oubli, avec des bombes comme Falling from the shelter, Glory days, In my bed, ou encore Halfway there, dans un style plus planant. L'un des tous meilleurs groupes à voir sur scène (à Paris et Montreuil principalement) depuis ces dernières années années. Grosse ambiance !

https://lesrivals.bandcamp.com/album/lp

 

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Quelques vieux 45tours marquants, parmi ceux chinés ces derniers mois, ici et là :

Nestor Campos : Cavalo do cao(Guilde internationale du disque)

Ce boléro extrait du EP 33tours 6 titres Fiesta tropicana est vraiment très sympa :

http://www.discogs.com/fr/Various-Fiesta-Tropicana-Dances-From-South-America/release/1861146

The Melodians : You don't need me(The Melodians)

Tomber su r un pressage original du label Treasure Isle à 30 centimes sur une brocante, ça fait quand même très plaisir, surtout que les Melodians font partie de la crème des vieux groupes jamaïcains.

https://www.youtube.com/watch?v=6neepiKp0Gg

Joe Ferrer & His Devil's Boys : Rockin' crickets(Président)

Un bon instrumental rock avec un saxo plus un arpège de son bizarre qui fait le sel du morceau :

https://www.youtube.com/watch?v=Y-HywqfiTA8

Claude François : Reste(Disques Flèche)

Une des meilleurs reprises soul de Clo-clo, on peut rire (il y a matière) mais quand même, quel son, c'est génial ! Version (artificiellement) longue sur Youtube (les images valent le détour aussi ) :

https://www.youtube.com/watch?v=eD1hOU6Zktc

L'original, Beggin, des Four Seasons, n'a pas cette pêche, ni même la reprise portant classieuse de Timebox :

https://www.youtube.com/watch?v=hQgmyQFFQjo

https://www.youtube.com/watch?v=WJ_QW3m_YO8

Les Sunlights : Cassez la baraque (Disc AZ)

Un titre marrant des Sunlights, que je ne connaissais pas, ça sent le surf sur la vague post-68 :

https://www.youtube.com/watch?v=d9CgNulkD6g

Jacky Moulière : Lam'di lam'(Disques Salvador)

Super titre, chanté par l'un des poulains d'Henri Salvador, en 1964 :

https://www.youtube.com/watch?v=nwF6mVaU_Ic

Tazi : Une fille (Electro Disques)

Étonnante chanson en français d'un chanteur algérien des années 70 !

http://www.encyclopedisque.fr/disque/54895.html

Maya Casabianca : Chéri chéri je reviens (Philips)

Tombé par hasard sur cette super chanson, reprise française de Shimmy Shimmy ko ko bop, de Little Anthony and The Imperials, un groupe de doo wop :

https://www.youtube.com/watch?v=WcGhlrcVRNw

Là contrairement au Reste de Clo-clo, la version originale est clairement au-dessus, c'est la classe !

Roger Clency et Marie Josée : Alalila (Disques Jackman)

Un super morceau de la Réunion, années 60, accompagné par le Club Rythmique ; ça swingue ! Cette version sur Youtube semble légèrement différente du 45 tours :

https://www.youtube.com/watch?v=ngcvBg0Fowc

Los Cangaceiros : Gypsy mambo(Président)

super 4-titres de musique afro-cubaine, dont ce titre là en particulier, tout en cuivres inspirés :

https://www.youtube.com/watch?v=mEBTr5JRRIY

Ronnie : Beestjes (Delta)

Chanson pop néerlandaise bien marrante, du début des seventies - et y a même le clip qui va avec !

https://www.youtube.com/watch?v=yoZX-hWDRV4

Maurice Guinard et ses Rythmes : Zezette (Babylone)

Un chouette boléro instrumental, au piano, avec orchestre. On ferme les yeux, on est déjà au bar...

http://www.cdandlp.com/maurice-guinard-et-ses-rythmes/zezette-piff-signorita-dansez-jenny/45t-ep-4-titres/r116040222/

Dalida : Je préfère naturellement (Barclay)

Encore une petite surprise laissée par Gainsbourg, au détour d'un EP de Dalida, c'est pop, c'est drôle, c'est « anglais !

https://www.youtube.com/watch?v=OVOiqAOz0YU

Los Brincos : Borracho (Novola)

Super titre de ce groupe rock espagnol des sixties, consacrée à l'abus d'alcool (« bourré »!). Le seul titre à ma connaissance avec des chœurs de type bourré (hormis les Charlots, bien sûr) :

https://www.youtube.com/watch?v=6wHPa3o8e0g

Pierre Louiss : Pas tant de grimaces(Disques Régence)

Super chanson antillaise, sur une jeune fille qui se la joue un peu trop, super musique, supers chœurs :

http://www.discogs.com/fr/Pierre-Louiss-Tu-Peux-Compter-Sur-Moi/release/7091713

Bruno Lorenzoni : Nouvelle vague (GEM)

Et pour finir, une excellente reprise du Nouvelle vague de Richard Anthony (alias Three cool cats des Coasters), avec son accordéon, son orchestre et sa swinguing french touch enthousiasmante !

http://www.amourdurocknroll.fr/pages/bruno_lorenzoni.html

 

Bonnes écoutes et bonne année 2016 !

 

 

Ronnie en de Ronnie's - Beestjes

 

 

 

 

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