LE BLOGOTHORAX

22 novembre 2020

LES DISQUES PANORAMA (3/3)

« Les jeunes jouent le Tiercé Panorama »

Maintenant, revenons sur le concept de Tiercé, l’une des séries de Panorama. À un moment, le label a sorti une série appelée Tiercé avec une numérotation à part, qui va du N° 1 au N° 7 - à ma connaissance car je n’ai pas de disques au-delà du N° 7. Le concept est expliqué au dos de la pochette du N° 1, Emilhenco chante Les Bras en croix… Voir la description sur la photo (cliquer pour agrandir) :

Tiercé N° 1 Emilhenco - verso

 

L’idée de faire chanter 2 succès d’artistes connus à un artiste inconnu qui en profite pour présenter 2 de ses compositions à lui, c’est sympathique. Après, il y a le jeu du tiercé, concept un peu fumeux et démago. Je ne sais pas s’ils ont eu beaucoup de retour de la part des « copains » consommateurs, mais bon, c’est marrant, bien dans le style de l’époque. Les paroles des compos originales sont reproduites au dos de la pochette, sympa aussi, ça.

Le problème, bien sûr, comme pour tous les disques Panorama, est que leurs jeunes talents ne sont pas terribles, à commencer par ce Emilhenco. Je voudrais bien me marier est un succès de Claude François, qui n’est de toute façon pas terrible, mais les Bras en croix est un bon morceau de Johnny (composé par Jil et Jan) et il y a avait là une chance de faire un bon truc, mais la version d’Emilhenco, pfff, on dirait Guy Béart qui reprendrait du Gainsbourg…

Le N° 2, c’est Jimmy Frey, je ne l’ai pas, mais il y a d’autres disques de lui sur Panorama et c’est pas terrible. Le N° 3, c’est Chantal, je ne l’ai pas mais il est écoutable sur Youtube, pas terrible, voix trop nunuche - belle pochette néanmoins.

Chantal (24) - Si Tu Veux Être Heureux

Consultez des crédits, des avis, des pistes et achetez la référence 1963 Vinyl de Si Tu Veux Être Heureux sur Discogs.

https://www.discogs.com

 

Pochettes des Tiercé N° 1, 4, 5 et 7 :

Tiercé N° 1, 4, 5 et 7

 

Avec le N° 4, on attaque une bonne petite série d’exceptions avec trois chanteuses intéressantes. La reprise de Twiste et chante (Twist and shout) par Nicole Delarc n’est pas mal du tout, j’aime bien sa voix, un peu à la Sylvie Vartan. Sinon le reste (dont ses 2 compos) n’est pas génial…

Twiste et chante : https://www.youtube.com/watch?v=ezJOlZajBj4

 

Sur le N° 5, le titre phare est une reprise de Paul Anka par Marianne Mille : Je ne vois que toi (I’m watching you). Elle en fait un peu beaucoup mais ça envoie, et sur un bon morceau. Le reste est moins bien, à noter une chouette pochette où elle pose sur le capot d’une Simca. Ça a du marcher un pour elle, car dans la vidéo Youtube ci-dessous, on voit une pochette de 45t chez Victor RCA, ce que confirme le dos de pochette Panorama : elle a été signée sur une « vraie » maison de disques (c’est moi qui met les guillemets) !

I’m watching you (Je ne vois que toi) : https://www.youtube.com/watch?v=YLeNrZ4vty4

 

Je n’ai pas le Tiercé N° 6 mais c’est avec Steve Arlen, qui est présent sur d’autres disques Panorama et pas terrible (ceci dit, l'ami Julius le Robert, de l'Objectif Dingo (Dijon) m'a soufflé que sa reprise de Ma guitare serait bonne...) A ce propos, notez que la plupart des titres de cette série Tiercé sont aussi recyclés sur d’autres disques Panorama non-Tiercé ! Par exemple le Twiste et chante de Nicole est aussi sorti sur un 2 titres, le MH 148 (recyclage, quand tu nous tiens !). Pareil pour celle de Ma guitare, donc : elle existe en Tiercé, en version 2-titres et en version 4-titres (à chercher ;)

Et enfin le Tiercé N° 7, où Chris Kersen reprend Si j’avais un marteau (de Cloclo) dans une bonne version assez vive. Une fois de plus, les 3 autres titres sont moins bons.

Si j’avais un marteau : https://www.youtube.com/watch?v=KOOjl2R9jUg

 

Autre intérêt de ce disque, son dos de pochette : si la présentation de l’artiste et les paroles de ses compos ont disparu, on a droit à la place à une liste des 7 premières références et, chose rare, aux dates de sorties de ces disques, un par mois, de juillet 63 à janvier 64. Le slogan a changé aussi : « Panorama et son tiercé misent sur les jeunes ».

 (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Tiercé N° 7 - Kris Kersen - verso

 

Petite remarque au passage : les sources des vidéos postées sur Youtube sont plus variées, dès lors qu'elles sont chantées. Le moindre interprète même inconnu trouve des quidams pour s'en donner la peine, alors que les titres instrumentaux intéressent encore peu de monde pour l'instant, à part quelques précurseurs comme M. T. Wallet... Sans oublier les compères qui ne postent pas de vidéos mais qui collectionnent ce genre de disques et en parlent (Blogonzeureux) ou les passent à la radio ou dans des soirées dansantes (Opération Kougourou, Radar Géant, Mission Koala, Objectif Dingo, Baldo...)

 

Tiercé 3

 

Mais ce n’est pas tout ! Chez Panorama, on décline à mort les sorties sous toutes les formes possibles, comme on l’a déjà expliqué. Il y a donc aussi la série Tiercé « normale », avec une numérotation de type 3.101, qui ne comportait que 3 titres et qui n’était vendue que 3 francs, au lieu de 5 francs pour les Tiercés 4-titres présentés précédemment. Autre différence : un seul morceau chanté en face A par l’artiste à découvrir et 2 instrumentaux pour remplir la Face B. Par exemple, on retrouve le Si j’avais un marteau de Kris Kersen toute seul en face A du Tiercé 3.105, avec 2 (bons) titres des Royal-Enfield (déjà présentés) en face B.

D’après les dos de pochette de cette série Panorama à 3 titres, il y a 10 références, de 3.101 (La Mama de R. Falgayrac) à 3.110 (Le sifflet des copains par France Lys). Voir la photo :

Tiércé Panorama 3

 

Tout laisse donc supposer que les séries Tiercé à 3F et ceux à 5F sont sortis en même temps. Mais ce n’est ENCORE pas tout ! Car ensuite, cette série Tiercé « normale » s’est poursuivie, avec un nouveau look de pochette, caractérisé par un encart sur fond blanc en haut à droite, avec un dessin d’un personnage époque révolution française, dessin qui change parfois selon les disques. Le logo « Succès du jour » est conservé, mais le prix n’est plus indiqué. On reste avec un titre chanté en face A et 2 instrumentaux en face B, mais des dessins et des slogans variables sur les dos de pochette, qui présentent le catalogue. Celui-ci va au moins de 3.101 à 3.350 (c’est l’exemplaire le plus tardif que je possède), mais en sautant des numéros. Pourquoi n’y a-t-il que 3 références dans les 3.200 (3.201 à 3.203) avant de sauter directement à la série des 3.300 ? Mystère… En même temps j’ai bien conscience que je suis sans doute le seul cinglé sur terre à me poser cette question, mais bon !

Photo de dos de pochette du Tiercé Panorama 3.322

Tiercé Panorama 3

 

Encore une reprise de chanteuse pas trop mal à signaler, sur le 3.338 : Poupée de cire poupée de son, chanté par Janie Jurka. La mention « Grand prix de l’eurovision 1965 » nous confirme que la série Tiercé a perduré au moins jusqu’à cette année-là (et depuis 1963). Il y a un bon instrumental en face B : Boule d’or, signée A. L. Prévost et interprétée par… l’Orchestre A. L. Prévost (il a dû en avoir marre d’utiliser des pseudonymes ce jour-là !)

Et cette fois on a fait le tour des Tiercé Panorama ; il y a des reprises des Beatles sur le 3.346 (Ticket to ride) et sur le 3.348 (Help), mais malheureusement je ne les ai pas et ne les connais pas…

Tiercé 3

 

« 45 T microsillon Panorama succès – 2 Francs »

Bon, eh bien ?... C’est pas encore fini, car il reste une autre série Panorama ! Celle des 2-titres vendus à 2 francs seulement (ou bien à 29 francs belges) ! Pour parvenir à une telle offre, les inépuisables commerciaux du label ont eu une idée, un simple recto cartonné, non imprimé au verso et glissé dans une pochette en plastique transparent (avec photo couleur, quand même, faut que ça reste attrayant). Le look de ces pochettes est très sympa, avec un bandeau aux coins arrondis en partie haute, qui présente l’artiste et les 2 titres, sur un fond coloré qui change à chaque fois et est assorti avec le fond de la photo juste en dessous ; ça fait très pop sixties. Ma préférée est celle du Succès N° 9, Le Cinéma, chanté par Sophie Renaud. De plus, ce disque contient un bon instrumental des Davidson, Two Drums (la face A est sans intérêt).

Two drums : https://www.youtube.com/watch?v=xCVvMKCL5l8 (M. T. Wallet : le retour, merci encore à lui ! par contre il a été un peu trop enthousiaste sur le bouton speed, en vrai la vitesse du morceau est plus lente).

 

Dans cette série, le N° 2 est bien : Une certaine Antoinette (baptême de circonstance ?) reprend Les élucubrations d’Antoine, du célèbre chanteur du même nom. C’est marrant, chanté façon gouailleuse. Et bonne face B : Rock on the beach, par Samy Cates.

J’en ai 6 en tout, mais les autres 45t ne sont pas terrible (hormis les pochettes) ; ça va au moins jusqu’au n° 23 (Kilimandjaro, chanté par Olivier Robin).

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GROSJEAN RAMA 

Et pour finir (!) il reste encore une série à signaler, qui n’est pas siglée Panorama mais en est une déclinaison (commerciale, bien évidemment) : la série Grosjean Rama, offerte par le fabricant de crème de gruyère La Vache Grosjean (un concurrent de la Vache Qui rit) !

Il n’y aura pas grand-chose à dire sur le contenu musical puisque ce sont les titres de chez Panorama qui sont recasés ici, dans des couplages différents et avec de nouvelles photos de pochettes. Ce sont des 4-titres et cela augmentent les chances d’éventuels chineurs de mettre la main sur d’excellents titres comme Ne te moques plus ou Capricorne, par exemple… La première référence est le Super N° 101 (Non oh l’eta, chanté par Dora Mananello) et à partir d’un moment (vers le N° 110 environ) on passe à des pochettes au look ressemblant à celles de la série à 2 francs, avec le joli bandeau de couleur en partie haute, par exemple le N° 118, qui contient le bon jerk instrumental Tu es là, par Samy Cates. (photo 118)

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PS : Dans ma deuxième partie sur les disques Panorama, j'ai oublié de signaler une sous-série rattachées à la série principale des 4-titres Super Panorama, il s'agit des KART-PARTY ! Il y en a 5, de 17.301 à 17.305. Malheureusement je n'ai que le N° 5, avec 2 tangos, un slow et un fox, EP qui n'est pas terrible (à part une version assez sympa de la Cumparista) mais certains autres ont l'air d'être supers ; regardez bien sur la photo ci-dessous (calypso, rock cha cha et cha cha rock).

Kart-Party N° 5 - 17

 

En conclusion, les disques Panorama recèlent un bon paquet d’instrumentaux intéressants, dans le style rock-twist-hully-gully-sixties… ainsi que quelques reprises chantées qui tiennent la route, mais restent des exceptions. L’histoire retiendra sans doute bien peu les noms des poulains qu’ils avaient essayé de lancer mais plutôt celui de James Award et de ses autres collègues (ou avatars) musiciens de studio, qui mériteraient pour ça une belle compile de réédition sur un album 33tours.


15 novembre 2020

LES DISQUES PANORAMA (2/3)

 

Compos instrumentales originales :

Heureusement, chez Panorama, il y a d’autres compos instrumentales plus inspirées que ces reprises de chansons traditionnelles, des compos qui valent le détour, surfant sur les styles en vogue au début des 60’s : twist, madison, hully-gully, surf…

L’une de mes préférées, c’est Ne te moque plus, toujours de James Award et toujours signée Prévost, un titre gai, bien trouvé, avec une batterie qui tape bien sec, bon riff de guitare et bonnes interventions au saxophone. La fin est shuntée sur un joli final. C’est court, c’est simple, sans prétention mais juste parfait, dans ce style frais et insouciant des sixties !

Ne te moque plus : https://www.youtube.com/watch?v=Igi8P9XpMmQ&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=28

 

Elle est couplée avec un autre bon titre, 23h30, sur la même face B, intitulée « Hully gully party », la face A étant assurée par France Lys, encore une illustre inconnue, qui reprend Le sifflet des copains, de Sheila. On est là sur l’un des Tiercé Panorama, disques qui ne comptent que 3 titres (un chanté en face A et 2 instrumentaux en face B). Mais on retrouve ces 2 titres sur pas mal d’autres disques, couplés avec d’autres titres…

23h30 : https://www.youtube.com/watch?v=4gpUN7mYQoY&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=27

 

Un autre beau morceau de James Award, c’est le Instrumental them (sur ce coup là ils ne se sont spécialement pas foulés pour le titre ! à vrai dire, presque toutes les faces B auraient pu s’appeler comme ça). Il est face B du MH 145, avec C’est ma fête (It’s my party) chanté par Jimmy Frey, en face A (belle chanson de Lesley Gore de 1963, mais une fois de plus, la version de Jimmy Frey a très peu d’intérêt, ni même celle de Richard Anthony dont il s’inspire ici).

L’Instrumental them est un joli motif musical décliné sur plusieurs rythmes différents, avec des chœurs féminins, guitare solo et orgue. Ça groove, ça sautille, ça swingue, c’est joyeux, c’est court et c’est cool !

Instrumental them : https://www.youtube.com/watch?v=hUtHbT0MF-o

 

On trouve aussi ce morceau en version 4-titre sur le Super Panorama 17.344, incluant Da dou ron ron par Jimmy Frey et Cosmonette par Award en face B. Ces 2 titres sont d’ailleurs eux aussi édités à part sur un 2-titres, le MH 144. On a là un bon exemple de l’exploitation commerciale implacable de son catalogue par le label Panorama ! (voir les 3 pochettes côte à côte). Par contre, Cosmonette, malgré son titre amusant, n’est pas terrible, sympa sans plus.

Instrumental Them - 4 titres 17Instrumental them - 2 titres HM 145Da dou ron ron - 2 titres MH 144

 

Autre instrumental de James Award, parmi mes préférés : Sans soucis. Il est en face B du MH 157, où Steve Arlen chante A plein cœur de Johnny Hallyday (reprise sans intérêt, une fois de plus). Sans soucis est un poil nostalgique, mais dansant, avec une super mélodie, jouée surtout au saxo, mais alternant avec des passages à la guitare solo.

Sans soucis : https://www.youtube.com/watch?v=XIWL7unP0gc&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=22

 

Alors là, c’est un bon exemple d’un autre procédé sans foi ni loi de Panorama : l’attribution d’un même titre à différents artistes, afin sans doute de pouvoir le recycler encore plus tout en faisant croire à l’acheteur que le label possède tout un catalogue d’artistes à la pointe de la mode ! Donc, sur le lien vidéo ci-dessus, vous pouvez écouter Sans soucis, mais attribué aux Davidson et non pas à James Award ! Mais ne vous inquiétez pas : dans les deux cas, c’est signé A. L. Prévost, donc c’est lui qui touche les pépettes. Et James-Prévost-Award devait sûrement s’en foutre de savoir sous quel nom sortaient ses instrumentaux enchainés en sessions de studio, alors nous aussi, finalement, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !

Mais du coup, notons quand même l’existence du Tiercé Panorama 3.108, contenant 3 titres dont Tchin Tchin, par Johnny Monteilhet (sans intérêt) en face A et 2 titres instrumentaux en face B, attribués aux Davidson : Sans soucis et Sois bien sage. Ce dernier est très bon (même si je préfère l’autre), encore un twist tout guilleret, avec sa rythmique guitare-basse-batterie efficace et légère, sur laquelle surfent un saxo et une guitare électrique solo. Impeccable (mais non-disponible en vidéo sur Internet). Au fait, pour moi, c’est typiquement du twist, mais comme on est en 63 et que ce n’est plus la mode, ces deux titres sont indiqués comme étant du hully-gully. Une technique commerciale de plus pour tenter de renouveler et d’augmenter l’attrait du jeune consommateur de disques de l’époque.

Par contre, Sois bien sage est crédité à Claude Vasori et non à Prévost. Claude Vasori dont le nom revient souvent sur Panorama, plus souvent pour les faces A que les faces B, accompagnant avec son orchestre les illustres chanteurs inconnus comme Pat Field ou Raymond Falgayrac… Alors Vasori et Award-Prévost ne sont-ils qu’un seul et même homme, ou bien se partagent-t-il à deux le boulot et les bénéfices ? Moi je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse. Sur Internet, on apprend que Claude Vasori n’est autre que Caravelli, célèbre chef d’orchestre easy-listenning français des 60’s, comme Franck Pourcel ou Paul Mauriat. Mais aucune information disponible sur James Award ni sur A. L. Prévost, à part les nombreuses références de leurs disques, sur Discogs, CD&LP, Rakuten, Ebay, etc. - sans oublier l’excellent site (non-marchand) Encyclopédisque.

Selon l'ami Pol Dodu, Claude Vasori est James Award. C'est vrai qu'il y a de fortes chances, mais on n'en a pas la preuve définitive pour l'instant. En tout cas, il faut lire ses chroniques très intéressantes sur son blog Vivonzeureux, à propos de Caravelli et des disques Panorama :

Panorama - Le lion est mort ce soir : http://vivonzeureux.blogspot.com/2020/03/ 

Caravelli - Vasori : http://vivonzeureux.blogspot.com/2019/06/caravelli-le-disque-des-fiances-du.html 

 

MH 135, 136, 137 et dos 143

 

Allez, encore un excellent titre de James à signaler : Suspense ! MH 137, face B de Tes tendres années, chanté par Henry Talhour. Ou alors en 4-titres Super Panorama 17.341, du même chanteur, avec Dis-lui en plus et un deuxième instrumental d’Award : Twist bleu.

Suspense est un rock rapide, avec une structure toute bête en mi-la-si, mais qui sonne super bien, dans un style très dépouillé. Après une petite intro avec saxo, ça part sur l’exposé du thème avec juste une contrebasse et une batterie, rejointes sur le deuxième tour par une guitare rythmique électrique, puis sur les troisième et quatrième tours par des chœurs féminins. On ne comprend pas bien ce qu’ils disent : « Monte là-dedans ? Monte la sauce ? » En tout cas ça sonne bien ! Puis on débouche sur un break avec du saxophone et ça repart de plus belle sur le thème, avec solo de saxophone et toujours les chœurs, qui s’agitent de plus en plus, jusqu’à la fin. En une minute et 52 secondes, c’est torché, nickel !

Suspense : https://www.youtube.com/watch?v=aoQqLRqWQT0&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=52

 

Twist bleu, contrairement à son titre, est plutôt un blues, avec des chœurs façon « doo wop » et un saxo qui fait le job, un titre pas extraordinaire mais agréable à écouter.

Twist bleu : https://www.youtube.com/watch?v=V_urkg9Br8I&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=60

 

Encore un truc bizarre, à signaler à propos de ce disque : j’en possède une version qui a pour label « Pergola » à la place de Panorama. C’était un label lié à Philipps et je ne sais pas pourquoi, plusieurs disques Panorama sont sortis aussi sur Pergola, avec les mêmes pochettes et les mêmes titres. Seules changent la référence et la présentation du label (voir la photo).

Liste de disques Pergola : http://www.encyclopedisque.fr/recherche.html?rd=&m=0&a=&l=771#resultat

 

Tes tendres années - Talhour - Award - Edition PergolaTes tendres années 17

 

Et allez, encore un dernier James Award pour la route, l’excellent If you please. Anecdote : quand je l’ai trouvé, j’ai pensé avoir mis la main sur une reprise du génial morceau du même nom, pas très courant, interprété par Les Surfs. Si vous voulez l’entendre, juste pour le plaisir :

If you please / Les Surfs : https://www.youtube.com/watch?v=rrynnzhQUEk

 

En fait, c’est juste un homonyme, mais qui vaut le détour, mid-tempo (encore un « hully-gully ») avec un bon thème à la guitare, rythmé par une sorte de triangle, un son métalique en tout cas, au sein de la batterie et surtout, un orgue qui fait de beaux effets, puis du saxo qui se ballade sur la partie centrale du morceau et un final tranquille - comme au début. MH 161 - face B de Marie Joconde, chanté par Raymond Falgayrac, totalement oubliable. If you please existe aussi en face B d’un Super Panorama 4-titres de Steve Arlen…

If you please / James Award : https://www.youtube.com/watch?v=0cvVLHLwubo

 

Autres bons titres de James Award, qui méritent d’être cités : Jour de chance (un slow, 3.101), Laisse-la partir (un « Médium shuffle », 3.102), Madison 24 (17.333), Relay twist (MH 119), Gettin’ up (17.334), Tanganyka twist et Eternel twist : ces deux là figurent sur le même EP 4-titres 17.327 (en accompagnement du Lion est mort par Claude Vasori - voir la chronique de Vivonzeureux en lien cité plus haut). Etc.

Tanganyka twist : https://www.youtube.com/watch?v=QjUWvNi2iuk&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=43

 

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Les autres groupes et orchestres instrumentaux de Panorama :

Passons maintenant aux instrumentaux de Panorama non-crédités à James Award. Il y a donc Les Davidson (vus ci-dessus), mais aussi les Royal-Enfield, ces deux-là étant probablement des avatars de James Award.

Et puis quelques autres orchestres, qui semblent être vraiment réels (à vérifier) : Pepe de Corona et son Orchestre (Salade de fruits et Conga parade sur le MH 52), André Girard (Marjolaine Rock sur le MH 72 et Cha-cha d’Auvergne sur le MH 74, Le rock des compagnons sur le MH 107, pas terrible, ces 3 là sont décevant), l’orchestre Guy Christian (Mad and mad sur le MH 139, pas trop mal) et enfin les Devil’s Guitar (qui jouent par exemple Mariner twist sur le Super Panorama 17.332, signé C.B. Jones - voir la photo de sa pochette en fin d'article). Autre titre et orchestre intéressant sur ce même disque : Desafinado (bossa nova de Carlos Jobim) joué par J. Carlos Roberto (ou par les Bossaficionados ! Les crédits sur la pochette et sur le disque sont différents) …

Mariner twist : https://www.youtube.com/watch?v=jif5R_j8_dU

Desfinado : https://www.youtube.com/watch?v=sPDEteSzl7g

 

Revenons à présent sur un disque particulièrement intéressant, le Tiercé Panorama 3.105, où Chis Kersen chante en face A Si j’avais un marteau (chanson très connue interprétée notamment par Claude François). Il faut noter que c’est l’un-e des seul-es interprètes dont le chant est intéressant, sa reprise est pas mal. Elle a fait d’autres disques sur Panorama. Mais le plus intéressant reste bien sûr la face B, avec Dance on the hully-gully, bon morceau (avec du piano plutôt que de l’orgue, pour une fois) et Capricorne, déjà cité plus haut. Les deux sont crédités aux Royal-Enfield, mais signés Prévost (donc surement joués par Award).

Dance on the hully-gully (vidéo pour une fois non-due à M.T. Wallet !) : https://www.youtube.com/watch?v=xtdE6B9rAAs

 

Un bon titre des Royal-Enfield se cache par ailleurs sur le Tiercé Panorama 3.311, dont la face A est Paris, tu m’as paris dans tes bras, chanté par Rémy Francis (sans intérêt) : Candida surf (signé Prévost), non-écoutable en ligne.

Autres morceaux des Davidson, maintenant (dont nous avons déjà vu Sans soucis et Soi bien sage) : encore 2 hully-gully, Sabrina et Five girls, le premier n’est pas terrible, mais le deuxième est bien (et signé Prévost, contrairement à l’autre). Pas écoutable en ligne ; c’est le Tiercé Panorama 3.109.

Deux autres groupes dont je ne sais pas s’ils sont réels ou bien inventés par James Award : l’Orchestre Jean Tordo, qui joue le chouette Attention surf sur la face B de Et pourtant chanté par Robert Thirion (Tiercé Panorama 3.301). Et l’Orchestre L. Marischal, qui joue Un, deux, trois (un bon shuffle) sur la face B de j’y pense et puis j’oublie chanté par André Vasseur (Tiercé Panorama 3.322). Ces deux titres sont signés Prévost, une fois de plus.

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à suivre...

 

07 novembre 2020

LES DISQUES PANORAMA (1/3)

Dos MH 27 à MH 52

 

À vrai dire, Panorama est carrément un label, plutôt qu’une série, mais ces 45-tours ont un look bien identifiable, du genre qui fait qu’on a envie de les classer ensemble, plutôt que de les éparpiller par noms d’artistes ou par styles musicaux.

Il faut dire aussi que question artistes, c’est un peu n’importe quoi : des artistes inconnus, des noms bidons / inventés, voir pas de noms du tout, en tout cas sur les pochettes.

A priori, il s’agissait d’une série commerciale bon marché, dont le but était de surfer sur les succès à la mode du jour, repris par de « jeunes talents » et surtout par quelques requins de studio.

Et la bande de requins de studio, le ou les orchestre(s) maison de Panorama, constitue le principal intérêt de cette série, notamment par leur reprises et créations instrumentales, qui complètent les faces B ou les deuxièmes plages de chaque face, quand il s’agit d’un 4-titres. Car les reprises chantées, masculines ou féminines, sont le plus souvent sans intérêt.

Chez Panorama, il faut distinguer plusieurs séries, ou sous-séries, la présentation ayant évolué au fil du temps, mais aussi en parallèle, car tout semblait bon pour adapter l’offre au client. Beaucoup de titres sont donc sortis en même temps, mais sur deux formats : le 2-titres et le 4-titres. Sans compter qu’il y a aussi une série avec 3 titres, le Tiercé Panorama, même s’il y a aussi des Tiercé à 4 titres !

Les plus vieux disque Panorama n’ont que 2 titres, avec une photo de pochette unique, mais quand même avec des couleurs. Celles-ci changent à chaque fois, mais pas la photo. Astuce et originalité notable : une partie de la pochette cartonnée est trouée et laisse apparaitre, sur une feuille intérieure en papier, le titre des deux chansons. Par ailleurs, un extrait du catalogue est imprimé sur le reste de la feuille, visible uniquement quand on la sort de la pochette.

Mon plus vieux 45t Panorama est la référence MH 27, avec Come prima en Face A, chanté par Philippe Andrey, et Toi, tout l’amour du monde en face B, chanté par Fanny Audrey. La reprise de Come prima n’est pas mal. Cette chanson italienne a été créée en 1957 par Tony Dallara, puis popularisée par Dalida, n° 1 des ventes en France en 1958.

 

MH 27 Come prima

 

La pochette se caractérise par une colonne Morris, dont l’une des affiches indique « Les succès du mois ». Par la suite, sur quelques numéros, le principe reste le même (pochette ajourée avec les 2 titres apparaissant sur la feuille intérieure) mais avec une nouvelle photo de décoration. Il y a toujours la même femme souriante, mais elle a troqué sa jupe vichy très 50’s contre des collants noirs plus annonciateurs des 60’s à venir. La colonne Moriss est remplacée par une roue géante de loterie multicolore, dont les légendes indiquent « Refrains, Variétés, Succès… ». Là encore, les couleurs changent selon les disques, moi j’en ai un à fond vert et un à fond rose. Une reprise pas mal de Salade de fruits (création de Bourvil en 1959)par Pepe de Corona et son orchestre, sur le MH 52. Et une reprise, bien aussi, de Mustapha (Dario Moreno, Bob Azzam…) par un certain Aziz et ses Rythmes arabes, sur le MH 54. Et c’est là qu’apparait pour la première fois, en face B, l’Orchestre James Award, interprétant Notre Amour. Celui-là, on n’a pas fini d’en entendre parler...

 

MH 52 Salade de fruits

 

MH 54 - Mustapha - volet intérieur

Je ne sais pas à partir de quelle référence les disques Panorama sont passés de la colonne Morris à la roue de loterie. Grâce au site http://www.encyclopedisque.fr/ je me suis rendu compte qu’il doit y en avoir peu avec la roue, mais aussi que certains sont sortis sous les deux pochettes différentes : roue et colonne Moriss, c’est le cas pour Salade de fruits (MH 52). Puis j’ai été encore plus étonné de découvrir (notamment sur E-bay) qu’en fait, les pochettes étaient interchangeables et qu’une même référence (par exemple Mustapha, MH 52) peut se retrouver sous pochette roue ou colonne et de différentes couleurs (fond jaune, rose, vert…) !

Toujours d’après le site Encyclopédisque, dès le MH 58, on passe à une pochette originale pour chaque disque (avec photo en couleur). Et à cette période apparaissent les doubles versions : la série 2 titres et la série « Super 45 tours » à 4 titres. Par exemple, à la référence MH 54 correspond celle 4 R 03, qui contient Mustapha et Notre amour, mais en plus La java des croulants et Gillie (mais ce disque-là, je ne l’ai pas).

 

MH 64, 72 et 74

Curiosité : l'étiquette du disque MH 74 est verte, c'est une exception, d'habitude elles sont rouges.

 

Alors, qu’est qu’on trouve de beau, dans ces séries Panorama ?

Il y a par exemple l’instrumental Dada twist, de James Award, en face B de Retiens la nuit (chanté par Raymond Falgarac), sur le Panorama MH 90. Mais aussi le Cincinnati twist, toujours par James Award, en face B de Ya ya twist (chanté par Pat Field et les Pumas de l’Oklahoma), MH 91. Les deux Award sont bien, compositions assez classiques, guitare/basse/batterie, mais aussi orgue, saxophone et chœurs féminins.

Je pensais devoir numériser des disques, pour donner un aperçu de tout ça, mais quelqu’un s’en est déjà largement chargé ! Il s’agit de M.T. Wallet, un collectionneur de disques français, qui gravite dans l’orbite sixties/Opération kangourou et compagnie. Donc merci à lui, dont les vidéos sur Youtube nous permettront (le plus souvent) d’illustrer cet article.

Dada twist : https://www.youtube.com/watch?v=K_lrS5Z5GHI&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=73

Cincinnati twist : https://www.youtube.com/watch?v=RgV3s-N9Wrc&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=40

 

MH 90, 91 et 102

 

Pat Field, il a sorti plusieurs disques sur Panorama, c’est l’un des seuls interprètes pas mal dans le lot. En plus de Ya ya twist, il y a Le Grand M, bonne face A, MH 102. Pour une fois, c’est sa face B, Jesse James, par James Award, qui n’a aucun intérêt (un truc danse country cow-boy ringard avec du violon), c’est une exception.

Ya ya twist : https://www.youtube.com/watch?v=hPIFz0EeP74&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=41

Le Grand M : https://www.youtube.com/watch?v=d_KITSG3Bts

 

J’ai deux autres EP de Pat Field, des 4 titres, cette fois-ci. Let’s twist again / Viens danser le twist, le Panorama 17.317, avec une énorme mention « Twist 62 » en couverture, qui fait sans doute référence à l’année 1962. Une reprise de Chubby Checker, bien sûr, sans grand intérêt. En face B : When the saint go marching in, sans intérêt non-plus (alors qu’il en existe de très bonnes versions, notamment celle de Dany Maurice). Et pour les titres de fin de face, on retrouve à nouveau l’incontournable James Award, avec 2 bons titres, par contre : Régine Twist et Flor Fina (mais pas d’extraits disponibles sur le web).

17

EP suivant de Pat Field : le 17.318, sans la mention « Twist 62 », mais toujours avec une photo en noir et blanc de jeunes gens en train de danser à un concert en pleine rue. Je serai tenté de penser qu’il s’agit du fameux concert des Copains, place de la Nation, où Johnny Halliday avait joué devant plus de 150 000 jeunes, le 22 juin 1963, mais du coup, cela ne colle pas avec l’année 1962. Le titre phare de ce EP est la reprise Fich’ le camp Jack (Hit the road, Jack), titre original de Ray Charles, adapté avec succès en France par Richard Anthony. Aucun intérêt, mais la face B est pas mal : Rock à l’opéra. Pour les 2 titres de complément de faces, c’est encore James Award, mais ils sont de faible intérêt : A Texas Cow-boy, encore un truc western-violon tout ringard, et Dance Bridge (titré Avignon Bridge sur le disque lui-même). On a là une reprise du Pont d’Avignon, en version jazz, pas trop mal.

Avignon bridge : https://www.youtube.com/watch?v=wfOzgLtn4Dw

Notez que la vidéo est celle d’un autre disque Panorama. En effet, le label n’hésitait pas à recycler ses instrumentaux un peu dans tous les sens, les couplant sur des disques 2 ou 4 titres, mais aussi en complément de différents chanteurs, et même parfois sous des noms différents ! Par exemple, le très bon titre instrumental Capricorne, crédité aux Royal-Enfield sur le sur le Tiercé Panorama 3.105, en face B de Si j’avais un marteau, chanté par Kris Kersen, est aussi crédité à James Award, en face B d’un 45t de Rika Zarai, Hallelou !, et d’un 45t Grojean Rama (on reviendra sur cette autre série).

Capricorne : https://www.youtube.com/watch?v=zNzLHYjpDXI

 

Reprises instrumentales de chansons folkloriques françaises :

Mais revenons sur Avignon bridge et penchons-nous sur une autre particularité des disques Panorama : les reprises de chansons folkloriques françaises. On a compris le principe : une série commerciale bon marché de réinterprétation des succès en vogue, avec des interprètes inconnus en face A et des instrumentaux pour remplir les faces B. Les mecs ont dû commencer à tourner en rond assez rapidement et ils se sont mis à ratisser un peu tout et n’importe quoi. Donc il y a toute une série d’adaptation de vieux classiques de la chanson traditionnelle française. Avantage : pas de droits d’auteurs à payer ; d’ailleurs les gars de Panorama ne se sont pas gênés, au point de carrément signer les compos !

En plus du Pont d’Avignon (on y danse, on y danse…), signé Prévost, on trouve un calypso, Old navy, qui reprend en fait la mélodie de Il était un petit navire : inutile de vous dire que là, on nage dans le grand n’importa quoi ! C’est sur le EP Super Panorama17.315 Dans le cœur de ma blonde (Wheels) repris par Les Scarlet (bien piètre reprise là aussi, d’un morceau pas terrible de toute façon). Par contre il y a un 2ème calypso par Award, Close to my girl, qui est sympa (toujours signé Prévost).

Ensuite, il y a le Twist du Frère Jacques… pendant qu’on y est ! Une adaptation qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais hop : une face de remplie ! Et c’est une composition signée, bien sûr, par Monsieur A. L. Prévost - quelle inspiration visionnaire chez ce mélodiste ! Sur certaines versions, c’est titré Brother Jack - ben oui, ça fait plus stylé, ah, ah, ah !

Twist du Frère Jacques : https://www.youtube.com/watch?v=iFFiC6rCZvs&list=PL6EYRryqJOiX0ztcIo3nfKfVugW_jbKLT&index=37

 

Allez, encore une petite pour la route ? I’ve good tobacco, autrement dit, J’ai du bon tabac dans ma tabatière !  Disponible au choix sur le 2-titres MH 109 ou le Super Panorama 4 titres 17.329 (en complément de Chariot, chanté par Les Scarlet).

I’ve good tobacco : https://www.youtube.com/watch?v=jk8XVdW6QAQ&feature=emb_logo

 

à suivre...

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22 juin 2020

Mes meilleurs morceaux des STRONGLURS

79 - Stranglers Black & White

Jean-Jacques, Hugh, Jet & Dave (1978)

 

Article sur les "STRONGLURS", permettant avec cette appelation de pouvoir le poster sur Facebook, qui sensurait le mot "Stranglers".

Voir l'article précédent pour les Stranglers (avec vidéos inserées).

 

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19 juin 2020

Mes meilleurs morceaux des Stranglers

La mort de Dave Greenfield, clavier des Stranglers, le 3 mai 2020, m’a fait me replonger dans la discographie de ce groupe. J’ai connu les Stranglers par leur premier single, Get a grip on yourself(1977), sur la compilation Burning ambitions : a history of punk (Cherry Red, 1982), comme beaucoup d’autres groupes de la même vague.

Sur le moment (vers 1984), je l’avais bien aimé mais sans plus. J’étais fan des Clash et plus récemment des Dead Kennedys et je découvrais en bloc les Damned, Les Buzzcocks, Sham 69 ou encore The Fall ! Donc le son des Stranglers devait me paraitre un peu trop riche et pop, avec son orgue et son saxophone – s’ajoutant au classique trio basse-guitare-batterie des autres groupes).

Mais assez rapidement, j’ai pu entendre le premier album et j’en suis devenu très fan, tout comme pour les deux suivants. J’ai découvert seulement maintenant que c’est la même personne qui avait produit ces trois disques : Martin Rushent, qui est quand même aussi le producteur des trois premiers albums des Buzzcocks – quel beau palmarès !

J’ai lu quelque part que la qualité des morceaux du premier album des Stranglers laissait à désirer car il s’agissait de démos enregistrées à la va-vite. Alors là, on est en plein dans le débat sur les différentes conceptions de ce qu’est un bon son, voir de la bonne musique… Et pour ma part, je me range à 100% du coté de gens comme Billy Childish / studios Too Rag et du style punk « Do it yourself » : des démos avec un son comme ça, du vite fait bien fait, je préfère mille fois ça à des trucs trop produits, surproduits, bien léchés et souvent fades, voir horribles au final. Bien sûr, il y a des exceptions, dans les deux sens. Mais heureusement que le premier LP des Stranglers existe dans sa forme actuelle et pour rien au monde je ne voudrais qu’il sonne autrement ! Merci Martin !

 

Rattus Norvegicus (1977)

Donc ce premier album a un son d’enfer, très chaud avec cet orgue assez sixties, la rondeur de la basse et un son nerveux avec l’attaque de la guitare et de la basse, des parties de batterie (de Jet Black) souvent martiales et un chant percutant lui aussi.

Tout est bon, dès le titre d’ouverture, Sometimes, qui sonne déjà très bien, sans être pour autant mon préféré. Ça enchaîne très fort avec Goodbye Toulouse : tout y est dès l’intro, la basse avec un son génial, la guitare aussi, la batterie en soutien sur un rythme simple, très brut, et l’orgue, super mélodique, comme la composition dans son ensemble. Ça sonne comme un tube, très entrainant et séduisant. Et juste après : London Lady, mêmes qualités mais avec encore un degré de plus ! Pour le côté punk : c’est speed, nerveux, enthousiaste, concis, mais avec en plus ce côté groove et mélodique très sixties. Ensuite, un titre lent : Princess of the streets, qui sonne étonnement bien alors que ce genre de structure de blues donne en général des résultats horribles. Il y a notamment de très belles parties de guitare et de claviers. La face se termine par Hanging around, chef d’œuvre incontournable, un de leur titres les plus connus de leur première période, avec son intro guitare-clavier sur laquelle arrive la basse rugissante, puis le riff du couplet qui groove à mort, et le super solo de guitare un peu plus tard, qui s’entremêle avec le clavier. Et cette façon impressionnante de chanter : tout le contraire d’un chant racoleur ou crooneur, ici c’est « allez tous vous faire foutre ».

La face B démarre par Peaches, encore construite sur un excellent riff avec l’orgue, mais un poil trop répétitive/monotone à mon goût. Puis (Get a) Grip…, dont j’ai déjà parlé au début : c’est quand même un excellent morceau. Et puis The Ugly, vraiment un de mes titres préférés des Stranglers, un de mes titres préférés tout court, d’ailleurs ! Là, le riff est énorme, j’imagine une salle immense de gens plus ou moins alcoolisés en train de danser là-dessus pendant des heures ! Un peu comme dans les fantasmes de transe collective que décrit Virginie Despentes dans ses livres (Vernon Subutex), sauf que cette fois-ci la musique serait bonne, hyper-bonne ! ça groove comme jamais, on voit l’influence des Doors, mais c’est très punk et rentre-dedans, très tendu tout en étant hypnotique. Il a ce break où la voix seule rugit une phrase, avant le redémarrage en trombe. Génial. L’album se termine par un long morceau sous-titré en quatre parties, Down in the Sewer, une espèce de mini-opéra, super bien fait, parsemé de trucs qui sonnent très bien, mais qui peut s’avérer lassant à la longue.

 

No more heroes (1977)

Des trois premiers albums, c’est celui que j’aime le moins, mais il recèle quelques sommets incontournables, dont le titre du même nom, No more heroes, qui est un de leurs plus grands tubes, à juste titre pour car moi il a toutes les qualités : entrainant, dansant, énergique, joyeux, mais rageur, lyrique, étonnant… Bref, la grande classe !

I feel like a wog et Dead ringer sont bien, Bitching et Dagenam Dave sont superbes, Bring on the nubiles est très bon mélodiquement mais aussi très original au niveau du son, surtout grâce aux claviers, avec des paroles louches provocatrices (« amenez les vierges »). Something better change est un gros tube, à juste titre : un riff qui se retient bien et qui groove beaucoup, comme si souvent chez eux. Se distingue aussi l’excellent Burning up time, avec sa lead guitare entêtante, parmi d’autres bons morceaux, mais qui globalement ressemblent  à ceux du premier album en un peu moins bien, comme English towns.

Burning up time & Daghenham Dave, live in San Franscisco, 1978 (JJ on vocals).

Et n’oublions pas l’excellent 5 minutes, sorti en single après cet album mais avant le suivant. Toujours avec un puissant alliage de parties très mélodiques et de voix rageuse surfant sur des sons abrasifs. Straighten Out est un peu du même tonneau.

 

Black and white (1978)

Cet album est terrible ! Dès le début, Tank, magnifique compo, les claviers se répandent, la rythmique basse-guitare rugit à plein régime, les changements de parties sont excellents, le chant aussi !... Après un solo de synthé, le titre se fini un peu en queue de poison dans une ambiance étrange. Et ça enchaine sur Nice ‘N’ Sleazy, un morceau lent mais très particulier, un de leurs plus connus et reconnaissables, une signature originale totalement Stranglers, comme pour Hanging around. C’est dû à la basse, au son si tranchant et présent, à la voix d’Hugh Cornwell et aux claviers incroyables de Dave Greenfield, à la fois très futuristes mais chauds comme un feu de bois. Juste après : Outside Tokyo, un titre encore plus lent mais encore plus beau, très mélancolique, une sorte de valse ou les mélodies de chant, de basse et de clavier s’entremêlent et se répondent. La classe !

Et ça repart furieusement, avec un de mes fantastiques préférés (comme dirait mon ami l’Incohérent) : Sweden (All Quiet On The Eastern Front), qui traite de l’ennui endémique dans ce beau pays du nord où Hugh a passé plusieurs de ses jeunes années. Pour l’anecdote, il existe une version en suédois de cette chanson (enregistrée sur la même bande musicale) : Sverige. Amusant, surtout pour les suédois, j’imagine, mais moins gouleyante qu’en anglais. Le changement avec le solo d’orgue est particulièrement extra, ainsi que la reprise sur le thème principal qui le suit. Pas le temps de reprendre ses esprits, ça continu sur un rythme endiablé avec l’excellent Hey! (Rise of the Robots), où l’on peut noter la présence (réussie) d’un saxo (déjà utilisé une fois sur Grip – 1er album) et joué par Laura Logic (ex-X-Ray Spex  - prononcez-ça à haute voix ;). Tout cela est très rapide : ces 5 premiers titres font à peine 3 minutes chacun. Le dernier de la face, Toiler on the sea, commence sur le même rythme effréné, avec une longue intro musicale très colorée, puis débouche sur un riff répétitif où se pose le chant, entrecoupé par une espèce de gigue qu’on dirait sortie d’un morceau de musique de danse paysanne, puis des breaks de solos de synthés futuristes : drôle de bric-à-brac qui s’apaise peu à peu jusqu’à une fin où le son est shunté, ce qui évite trop de lourdeur qui commençait à poindre. Très bon dosage : les Stranglers s’autorisent régulièrement de petites incursions vers la musique progressive, mais pas trop longtemps (5’23).

Face B : c’est reparti sur les chapeaux de roues, avec Curfew, chantée à plusieurs, les couplets par Burnnel : excellent (3’10). Ensuite, Threatened : encore un morceau incroyable. Une intro prenante et mystérieuse, un rythme primitif et un riff envoutant. Puis un changement où se détache la voix et un filet de guitare, on dirait les B’52s tout d’un coup. Les paroles ne sont jamais ma préoccupation première, chez tous ces groupes anglais que j’adore, mais en voici un extrait : Man killed by industry / Man killed by luxury / Man killed by falling tree / Man killed by sanity, qui débouche sur un break où la voix seule dit ça, sur un ton de cinglé : Bring me a piece of my mummy / She was quite close to me !

 

Chez les Stranglers, on fait rarement dans les bluettes fleurs bleues, c’est toujours plus ou moins louche, comme dans une Série noire. Ensuite, superbe enchainement avec un morceaux lent et bizarre, Do you wanna, qui en soit n’est pas un tube, mais convient parfaitement à cet endroit-là. On voit qu’on est vraiment dans un album construit et un grand album. La batterie est assez particulière, avec le jeu de tomes et l’absence de charley. Et on arrive sur un très grand morceau (encore un), qui démarre sans crier gare, comme si on avait raté le début, puis se fixe sur un riff énorme (encore un !) avec un slogan punchingball scandé en chœur : Death and night and blood ! La rythmique, basse / orgue / batterie est grandiose, comme dans The Ugly, le chant de Cornwell est toujours aussi beau et puissant, le petit pont mélodique est parfait…

Les deux derniers titres restent dans une ambiance bizarre mais plus lente. Je les aime moins, un peu trop répétitifs, moins pop, même si comportant toujours leur part d’expérimentations intéressantes (surtout dans le dernier, Enough time).  Mais avec 8 morceaux excellents sur 12, c’est quand même une somme impressionnante !

 

… Sans compter un autre très grand titre dans la discographie des Stranglers : leur reprise de Walk on by, le tube 60’s de la chanteuse américaine Dionne Warwick. Il figurait sur un 45 tours à part, de couleur blanche, inséré dans le premier tirage de l’album Black and white (puis ajouté sur la réédition en CD). L’original est déjà une superbe ballade pop très touchante, mais là ils transcendent le truc, avec leur style toujours aussi nerveux, mais aussi en en faisant un long instrumental façon Light my fire des Doors, avec moults soli d’orgue, de guitare et de basse, sur plus de 6 minutes. Long mais dansant et pas chiant du tout. Un monument de groove à la façon Stranglers !

 

 

 

The Raven (1979)

 

À partir du 4ème album, je suis moins fan des Stranglers, mais il y a encore de très bonnes choses. Pour ce disque, ils le produisent eux-mêmes, sans Martin Rushent, avec un son plus propre et donc plus aseptisé. C’est dans la marche du temps, du punk vers le post-punk et la cold-wave, avec la même évolution que Joy Division, par exemple, dont je préfère de loin les débuts, période Warshaw. Ils ont quand même le mérite d’être dans l’avant-garde de cette évolution (plutôt que de la suivre).

Trois titres me plaisent vraiment dans cet album, à commencer par The Raven, qui met un peu longtemps à démarrer mais débouche ensuite sur un riff de couplet excellent, portant une voix susurrée, c’est à la fois très pop et assez mystérieux. Nuclear Device est une très bonne compo, malgré le son de synthé qui ressemble à la BO d’une vielle console de jeu Atari ! J’ai un peu du mal avec le reste des morceaux, qui ne me touche pas, même s’il y a pas mal expérimentations intéressantes. Reste Duchesse, encore une super belle chanson (qui est le single extrait de l’album) avec la voix assez émouvante de Cornwell. J’ai entendu les morceaux de cette période en live et c’est meilleur, car le son est plus brut, plus rock, moins produit.

 

 

The Gospel According to the Meninblack (1981)

2 ans plus tard, les Stranglers sortent un album encore plus expérimental. Il n’y a quasiment aucun tube dessus, je ne l’ai pas et je ne l’ai jamais tellement écouté. En fait c’est pas mal, globalement plus agréable à écouter que l’album précédent, mais on est maintenant très loin de leur côté punk nerveux et de leur coloration sixties. Ça ressemblerait plutôt à des groupes comme The Nits ou même Kraftwerk.  Il y a quand même le titre d’ouverture, Waltzinblack, qui est assez connu et qui est une très belle valse instrumentale, avec une mélodie du genre qu’on n’oublie pas, agrémenté de voix et de rires bizarres, sensés provenir d’extraterrestres.

 

 

La Folie (1981)

Cet album suivant les voit continuer leur évolution, dans une veine toujours plus étrange et assez nostalgique, un peu moins électronique maintenant. Ça ne m’emballe pas trop, à part deux très beaux titres, que je trouve vraiment forts : Golden brown, encore une valse, qui reste elle aussi facilement imprimée dans la tête, elle a d’ailleurs été l’un de leurs plus gros tubes. La mélodie est très belle, entre guitare et clavecin qui se répondent et le chant toujours super, dans une ambiance très éthérée. Et pour finir l’album, le morceau La Folie, qui est très triste et déprimé/déprimant, mais très beau ! Il faut noter qu’il est chanté en français, par Jean-Jacques Burnell. Ça parle d’un japonais qui a tué et mangé sa femme ! Ce disque est produit par Tony Visconti (T. Rex, Bowie…), tout comme le suivant.

 

 

Féline (1982)

C’est sans doute par des titres de cet album que j’ai eu en fait mon premier contact avec les Stranglers, sans vraiment le savoir, à la radio et sur des cassettes, au collège, avant même de découvrir la musique punk. Par rapport au disque précédent, c’est plus gai et pop, tout en restant très apaisé, avec des influences musicales plus exotiques.

Le titre d’ouverture, Midnight summer dream, est magnifique ! À vrai dire, ce mélange ne ressemble à rien d’autre de connu, pour moi. Le clavier ne sonne clairement plus comme un orgue, mais pas non plus comme le son de synthé variète qui commence à envahir tout le paysage sonore des 80’s. Et la guitare, acoustique, a un son très chaleureux. La mélodie du synthé est mélancolique, mais pas celle de la basse, tandis que la voix est parlée (plutôt que chantée). Le morceau de vacances par excellence, on se croirait au bord d’une plage à la tombée du jour, dans un pays lointain. Le titre suivant, It’s a small world, n’est pas mal du tout. L’album entier reste assez homogène, dans cette ambiance cool et ouatée. Un autre très beau titre est The european female, superbe compo, avec le refrain et sa petite mélodie de guitare légèrement arabisante. Let’s tango in Paris, malgré son titre, est à nouveau une (belle) valse (il y en a quasiment une sur chaque album). La face B est pas mal mais m’accroche beaucoup moins que la A.

 

 

Suite et fin

A partir de là, je décroche. Les Stranglers ont sorti les albums Aural sculpture en 1984 et Dreamtime en 1986, mais globalement, c’est beaucoup plus commercial. Ils ont eu un énorme hit avec Always the sun, un morceau qui me sort par les trous de nez et que j’ai dû subir ad nauseum pendant mon adolescence, sur tous les juke box et dans toutes les fêtes (comme It’s a shame de Talk Talk ou Un autre monde de Téléphone, par exemple). Ceci dit, le couplet et sa guitare sont plutôt pas mal, mais alors le refrain fait ultra-variété, digne des Lacs du Conemara !

Puis il y a le dernier album avant le départ d’Hugh Cornwell : 10 (Ten), en 1990. Ils reviennent à un format un peu plus rock et chaud, notamment avec l’orgue, et avec une bonne reprise de 96 tears, tube garage sixties de Question Mark & The Mysterians, mais sinon rien de transcendant, et un son, notamment de batterie, qui sonne très (trop) années 80. Les Stranglers continueront ensuite à tourner sans Cornwell, mais pour moi, ils y ont forcément perdu une grande partie de leur âme, c’est comme les Undertones sans Fergal Sharkey, c’est très bien mais bon, c’est pas pareil…

J’ai pu voir les Stranglers en concert au Plan à Ris Orangis en 2004 et c’était quand même super de les voir jouer plein de vieux titres énormes des trois premiers albums. Burnell chantait très bien et était impressionnant à la basse, ainsi que Greenfield aux claviers, ça envoyait bien. Mais j’ai vu mieux, dans une petite salle (La Java) : Cornwell tout seul, ou plutôt en trio, avec une bassiste et un batteur et là, c’était énorme ! Lui aussi reprenait quelques vieux titres du répertoire des Stranglers, comme Walk on by, mais réussissait à les faire sonner aussi bien qu’à l’origine, sans claviers et en chantant et jouant guitare rythmique et solo en même temps. Il est très fort, très inspiré, vraiment à voir ! D’autant plus qu’il a sorti quelques très bons morceaux sur ses albums solo (mon préféré est Beyond elysian field, 2004). Sans oublier son premier album solo, de 1979 : Nosferatu, avec Robert Williams, batteur de Captain Beefheart. Un très bon album, sur lequel intervient notamment le chanteur de Devo.

 

 

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07 mai 2020

Mes meilleurs morceaux de Jimi Hendrix

Un cas intéressant, Jimi Hendrix, car y en a du que j’aime et du que j’aime pas.

N’y allons pas par quatre chemins : il existe un vieux best of de chez Barclay, qui compile à peu près le meilleur de ce que j’aime chez Jimi Hendrix : « Greatest Hits » dans la collection « Super Group, volume 3 ». Est-ce que c’est mon préféré car c’est par lui que j’ai connu Jimi quand j’étais tout petit, ou bien est-ce car les goûts des gens qui ont fait cette compile étaient proches des miens ? Je crois que c’est plutôt ça…

Hendrix Greatest Hits

Hendrix est aimé par plein de gens pour plein de raisons différentes : pour son coté blues par les amateurs du genre, pour son côté virtuose, par les cintrés de la branlette du manche, de la performance technique, pour ses prestations scéniques imprévisibles, souvent impressionnantes, mais parfois interminables aussi… Mais encore pour son côté à la fois très psychédélique et très pop, également très groovy, ou même funky ! Moi c’est surtout les pop songs imparables qui me touchent, dans leur production studio de 2 minutes 30, bien plus que les improvisations en concert.

Le Greatest Hits de chez Barclay commence par le début (de sa carrière solo, car il a fait un paquet de trucs avant en tant que musicien de studio, mais dans lesquels il n’avait trop droit au chapitre) : Purple Haze, un deuxième single (après « Hey Joe ») absolument sidérant, sorti début 1967 en Angleterre, avec le Jimi Hendrix Expérience (lui-même + Noel Redding à la basse et Mitch Mitchell à la batterie). C’est puissant, mélodique, étrange, saisissant et ça groove beaucoup. A la fois il y a un coté super produit et épique, avec des effets et un gros son très léché, mais en même temps, il y a un côté super primitif, à la Troggs, à la fois martial et incontrôlable. En principe, quand tu entends ça pour la première fois (en y faisant un peu attention), ça te marque. Le morceau est court : en moins de 3 minutes, la messe est torchée (magie des 60’s et des 45tours). Quel jeu de guitare, mais quel chant, aussi. Et quelle production, quel son de basse, quel jeu de batterie, tout est bien !

Des albums enregistrés en studio, Hendrix en a sorti seulement trois de son vivant : Are you experienced (1967), Axis : Bold as love (1967) et Electric Ladyland (1968). Mais aucun n’emporte totalement mon adhésion, ils combinent des morceaux extraordinaires avec d’autres un peu ennuyeux (restons polis), tandis que le Greatest Hits reprend quasiment tous les singles. Et là, c’est imparable. The wind cries mary (3ème single), une balade bluesy mais avec une superbe mélodie, très touchante, émouvante. Stone free : la face B du premier single, tu parles d’une face B ! Beaucoup de groupes connus n’ont pas sorti un morceau arrivant à la cheville de celui-ci dans toute leur carrière. Il y a plus un côté clairement rythme & blues dans celui-là. Aussi fort que du James Brown, mais plus rock, à la fois très souple et très agressif.

A propos, ne vous référez pas trop à Youtube pour écouter du Hendrix : on n’y trouve souvent que des versions live ou alternatives (ou pire : des reprises). Il faut entendre les productions studio originales, elles supplantent tout !

Hey Joe : incroyable version d’un standard du garage rock américain, déjà enregistré par plein de groupes, au premier rang desquels les excellents Love d’Arthur Lee, autre célèbre musicien métis du rock américain, auprès de qui Jimi Hendrix trainât pour un temps, avant de partir en Angleterre. Mais la version de Jimi ne ressemble pas aux autres : elle est beaucoup plus lente, blues, mais ça balance à mort, avec ce chant trainant et cette trouvaille sur la fin, la suite de notes de guitares imparable… Sa version a éclipsé toutes les autres pour des années - alors qu’elles étaient très bonnes, mais toutes un peu les mêmes. Deux curiosités agréables et marrantes à entendre : la reprise de Johnny Hallyday (qui a tourné avec lui en 1966 !), puis la reprise des Charlots, Hey Max ! (1967).

Foxy Lady : 4ème single (1967) qui ouvre aussi le premier album. Encore un riff et un morceau imparable, assez proche de Purple Haze dans le style. Moins tribal mais encore plus barré au niveau des envolées de guitare, tout en restant sur un format très pop et ramassé. Avec ce côté très sensuel et décontracté aussi, marque de fabrique de Jimi Hendrix le chanteur.

Sur mon Greatest Hits, toujours : Bold as love, encore une très belle ballade, chanson d’amour, un peu comme The Wind cries mary. Celle-ci n’est pas un single mais le dernier titre du deuxième album, un final de toute beauté - avec de belles parties de guitare, mais pas seulement ça.

Et puis Fire, énorme titre ! Sorti en single mais seulement en 1969 et présent tout d’abord sur le premier album. Un titre super claquant et speed, digne des Kinks tendance You really got me ou des premiers brulots des Who.

Et puis Highway Chile : encore une face B, à l’origine, celle de The Wind cries Mary (3ème single), mais plus convaincante que tant de milliers de faces A ! Avec un super riff de guitare et un rythme légèrement boogie, mais pas bourrin, une structure assez classique mais un style tellement cool !

Pour en revenir aux deux premiers albums, à part les titres déjà cités ci-dessus (et compilés dans le best of), ce n’est pas aussi extraordinaire, pour moi. Mais sur le premier, il y a quand même Manic depression qui vaut le détour. Et surtout Can you see me, qui envoie vraiment du bois ! Le reste retient assez peu mon attention, sans parler de Red House, un pur blues qui pour moi représente vraiment le coté chiant de Hendrix (mais que tellement de gens adorent). Et à noter, par contre, en ouverture de la face B, une belle ballade assez originale : May this be love, ainsi qu’un super instrumental, 3rd stone from the sun, avec des passages assez psychés.

Le deuxième album, Axis, est le moins convaincant, avec des morceaux qui ressemblent un peu aux précédents, mais en moins bien. A part, tout de même, Up from the skies, qui est aussi son 6ème single (et le seul qui fût extrait de cet album), présent aussi sur mon fameux Greatest Hits. Un morceau tranquille, mais chaloupé, bien trouvé. Et surtout Wait until tomorrow, qui est mon préféré de l’album, titre assez enjoué, avec un refrain aux chœurs très chouettes, dans le style des Who du début. Même chose sur You’ve got me floating, en version un peu plus rentre dedans, très bien aussi. She’s so fine sonne assez garage rock anglais, d’autant plus qu’il est chanté et signé par Noel Redding, mais n’est quand même pas aussi bon que les compos d’Hendrix. Encore une belle ballade/slow à noter enfin : Little wing.

 

Electric Ladyland (1968) / pochette de DruilletElectric Ladyland / pochette française par Druillet

Puis on en arrive au sommet, le fameux troisième album : Electric Ladyland, sorti en 1968. Comme c’est un double, ou peut trouver qu’il y a un peu du remplissage, ou en tout cas de longues plages assez barrées. Mais de purs petits bijoux de pop se cachent à l’intérieur, dont trois sont inclus dans mon best of de chez Barclay, commençons par eux : Burning of the midnight lamp, morceau lent à la mélodie immédiatement mémorisable, jouée à la fois par une guitare wha-wha et par une sorte de clavecin, puis des envolées psychédéliques avec plein de chœurs, de guitare et de reverb. Puis une reprise de Bob Dylan : All along the watchtower, vraiment l’un des sommets de la discographie d’Hendrix, et même de tout le rock de cette époque ! Il vous électrise instantanément, au même titre que Under my thumb des Stones ou Light my fire des Doors (par exemple). Le titre de Dylan est déjà super à la base, mais très dépouillé, là il lui donne une ampleur, une emphase incroyable (sans tomber non plus dans le style grandiloquent des Genesis et autres Queen à venir). Et puis Crosstown traffic : encore une bombe sonore ! C’est comme Stone Free ou Fire, dans une veine très black / soul, avec des couplets parfois presque uniquement sur un lit de batterie ; ça ne dure que 2’18 minutes, avec une mélodie extra, au couplet comme au refrain, plus un petit pont musical excellent, un son d’enfer… Difficile de ne pas aimer un morceau pareil.

Ces trois titres sont sortis en single, Burning of… étant la face B de All along… (quel concentré de qualité sur un seul et même 45tours). Mais ce double album recèle encore d’autres pépites. Il démarre (après un collage sonore introductif) par une belle ballade, Have you ever been (to Electric Ladyland), suivi de Crosstown traffic, puis d’un long morceau planant, Voodoo chile, qui se traine en longueur (15 minutes). Mais la face B démarre sur les chapeaux de roues avec l’excellent Little miss strange, composée et chantée par Noel Redding, une très belle pop song digne des Beatles - malgré quelques passages de soli un peu trop studieux. Une superbe ballade, à la fois très cool et assez nerveuse lui emboite le pas : Hot long summer night, suivie par Come on, un rock de facture plutôt classique mais qui groove bien, puis par Gipsy Eyes, que j’aime moins, pour se finir en beauté par Burning of… (déjà évoqué). C’est ma face préférée. Le deuxième disque (faces C et D) oscille entre blues et musique planante plus ou moins expérimentale mais un poil chiante, à part le beau 1983… (A mairmaid I should turn to be) et quand même un superbe final : avec All along… suivi par Voodoo chile (Slight return). Autant le Voodoo chile de la face A est long et poussif, autant celui-ci est ramassé (5 minutes) et incandescent ! Je n’aime pas le coté démonstratif avec solos de 10 minutes en concert, vous l’aurez compris, mais là, cette guitare, ça défonce tout ! C’est du pré-punk, au même titre que Helter Skelter des Beatles ou que les Stooges.

Ensuite, Jimi enregistre un album live avec un nouveau groupe : Band of Gypsies (1970, le dernier sorti de son vivant), c’est sans doute remarquable, d’autant plus que Buddy Miles est un super batteur, mais ça m’interpelle moins.

Ce qui m’intéresse, c’est son « dernier » album studio, qui est en fait son premier album posthume. Mais il était quasiment près, en 1970. Hendrix y travaillait depuis 2 ans et par contre, il pensait sans doute sortir un triple album ! Il y aurait sûrement eu à boire et à manger dessus, comme sur Electric Ladyland ou sur le double blanc des Beatles. Mais du coup, après sa mort prématurée (en septembre 1970, à 27 ans) les producteurs choisissent de sortir un album simple, avec 10 morceaux, qui étaient achevés (ou quasiment) : The cry of love (1971). Résultat excellent ! ça commence par Freedom, super morceau, assez funk, très groove, super compo très musicale, qui donne le ton de l’album. Ensuite, une superbe ballade, comme il sait si bien les faire : Drifting, très émouvante. Et ça repart fort avec Ezy ryder, une pur compo rock à la Hendrix, comme Purple haze ou Crosstown traffic, riff guitare/basse imparable, un vrai tube - avec une fin assez barrée quand même. Le titre d’après, Night bird flying, est bien, mais sonne un peu trop une démonstration de musicos (les vendeurs de guitare doivent sûrement adorer ça). La face se finit par une assez belle ballade / blues, My friend. La face B s’ouvre par Straight ahead, super morceau très bien arrangé et avec un excellent riff de guitare très soul au milieu. Astro man a de très beaux passages, mais me paraît un peu trop démonstrative, comme Night bird… Puis il y a Angel, une dernière merveilleuse ballade, très belle compo, superbe voix ; encore un morceau qui a du donner lieu à plein de reprises horribles... Pour faire du bon Hendrix, il faut être (et avoir la classe de) Hendrix ! Il y a encore deux titres pour finir l’album, mais pas aussi bons. Ça fait quand même cinq excellents morceaux pour ce dernier album studio !

Ensuite, il y a eu plein d’autres exhumations, compilations, albums live et pirates, par dizaines ! Avec sans doute quelques pépites cachées qui me restent à découvrir à l’occasion… Mais avec mes 26 titres studio préférés, cités ci-dessus, je suis déjà largement comblé et pour encore longtemps.

Après, en live, il y a quand même des super trucs à entendre ou à voir, mais faut trier...

 

 

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04 avril 2020

Mes meilleurs morceaux des Buzzcocks

Petite visite de mes morceaux préférés des Buzzcocks (l'un de mes groupes préférés)

 

Le premier, c’est Boredom, sur leur premier 45 tours, Spiral Scratch, légendaire car l’une des toutes premières autoproductions du phénomène punk, sortie en janvier 1977. Chanson géniale, simple mais qui se retient fort, comme une comptine. Je l’ai connue vers 14 ans, sur la compilation Burning Ambitions, dès la première écoute, elle se détachait du lot, par sa couleur originale.

Le reste du EP 4-titres est très bon aussi, notamment Breakdown, très nerveux. Le thème de Boredom est repris sur le premier album, Another music in a different kitchen, en introduction puis tout à la fin de l’album, sans chant, mais avec un petit solo de guitare inédit et se finissant en boucle sur un sillon sans fin (« endless groove »). Pourquoi juste un rappel instrumental ? Entre autres parce que ce n’est plus le même chanteur : Howard Devoto est parti fonder un autre excellent groupe : Magazine. Mais Pete Shelley a repris le chant et il est largement aussi bon !

 

Another music in a different kitchen (1er album, 1978) :

Face A :

1. "Fast Cars" (Howard Devoto, Steve Diggle, Pete Shelley) 2:26

Un chef-d’œuvre : paroles (« I hate fast cars »), mélodie, urgence. La version sur la Peel session est étonnante aussi, avec une intro de basse au son pas possible, ça tremble de partout, extra !

2. "No Reply" (Shelley) 2:16

No reply est très bon aussi, dans la même veine.

3. "You Tear Me Up" (Devoto, Shelley) 2:27

L’un des seuls titres des Buzzcocks que je n’aime pas, le rythme est pesant.

4. "Get on Our Own" (Shelley) 2:26

Magnifique composition, mélodie, chant, solo, concision (encore), un bijou !

5. "Love Battery" (Devoto, Shelley) 2:09

Un grand classique, très bon.

6. "Sixteen" (Shelley) 3:38

Dans leur veine répétitive, hypnotique, obsédante, pas ma préférée mais c’est bien.

Face B :

1."I Don't Mind" (Shelley) 2:18

Encore un petit bijou pop, le pont et son chant sont géniaux.

2."Fiction Romance" (Shelley) 4:27

Dans la même veine que Sixteen, mais mieux réussi, impressionnant. Il faut voir l’effet que produit l’intro d’un tel morceau sur la foule en concert : totale excitation collective !

3."Autonomy" (Diggle) 3:43

Encore un dans ce même style, alternant boucles instrumentales et envolées lyriques.

4. "I Need" (Diggle, Shelley) 2:43

Une pop song nerveuse et ramassée, très bien

5. "Moving Away from the Pulse Beat"  (Shelley) 7:06

Toujours dans l’esprit de Fiction romance, supers solos…

 

Love bites (2ème album, 1978) :

La même année, les Buzzcocks sortent un deuxième album. On entend souvent parler de groupes dont le deuxième album serait un peu moins bon, avant qu’ils rebondissent sur le troisième, mais là, aucune baisse de régime ; par contre c’est de plus en plus pop et mélodieux.

Face A :

1. "Real World" (Pete Shelley) 3:29

Démarrage en boucle hypnotique instrumentale, qui débouche sur un superbe refrain mélodique.

2. "Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn't've)" (Pete Shelley) 2:40

Certainement leur plus grand tube, je l’ai tellement entendue que j’en suis quasiment lassé, mais c’est génial ; pour découvrir les Buzzcocks, on ne peut pas passer à côté de ça.

3. "Operator's Manual" (Pete Shelley) 3:30

Un bon titre, avec le changement sur un rythme de valse, la seule fois chez eux, je crois.

4. "Nostalgia" (Pete Shelley) 2:51

Celui-là me prend aux tripes dès les premières secondes, beau, pop, dramatique, concis. Avec l’un de ces solos si typiquement simples et courts de Pete, mais tellement bien trouvés !

5. "Just Lust" (Pete Shelley, Alan Dial) 2:57

Très bon titre également, moins bon que le précédent et le suivant, mais meilleur que la discographie complète de nombreux autres groupes (au hasard : Coldplay, The The ou No-FX…)

6. "Sixteen Again" (Pete Shelley) 3:14

Dans la même veine que Nostalgia, magnifique !

Face B :

1. "Walking Distance" (Steve Garvey) 1:58

Joli effort instrumental, mais pas extraordinaire.

2. "Love Is Lies" (Steve Diggle) 3:10

Très belle ballade chantée par Steve, j’aime particulièrement la petite lead guitare qui accompagne le chant en fond sonore, sûrement due à Pete.

3. "Nothing Left" (Pete Shelley) 4:23

Un titre un peu dans même style qu’Autonomy, bien mais pas ce que je préfère chez eux.

4. "E. S. P." (Pete Shelley) 4:39

Pour moi un chef-d’œuvre, il m’a marqué fort depuis toujours, j’adore cette composition, avec le motif de guitare solo en boucle et les accords qui changent derrière. Tout sonne super bien.

5. "Late for the Train" (Pete Shelley, Steve Diggle, John Maher, Steve Garvey) 5:51

 

A Different Kind of Tension (3ème album, 1979) :

Troisième album (en deux ans !), pour moi, ils arrivent ici au sommet de leur art.

Face A :

1. "Paradise" 2:23

L’album commence très bien, une belle tournerie typique de Pete Shelley.

2. "Sitting Round at Home" (Steve Diggle) 2:38

Celle-ci je l’aime moins, compo un peu lourde, mais belles envolées sonores quand même.

3. "You Say You Don't Love Me" 2:55

Un grand classique, une ballade ultime, dans le même esprit que Love is lies, mais puissance 4. La quintessence de Pete Shelley le romantique.

4. "You Know You Can't Help It" (Diggle) 2:22

Bon titre, avec encore un excellent petit solo qui ne s’oublie pas.

5. "Mad Mad Judy" (Diggle) 3:35

Très nerveux, ici Steve envoie du bois, l’une de ses meilleures compos. Ça se termine en une longue boucle sur un riff de guitare, comme les Buzzcocks savent si bien le faire…

6. "Raison d'être" 3:32

… et ça enchaîne immédiatement sur ce titre, l’enchainement entre les deux morceaux est génial. Cette chanson au nom français est magnifique, vraiment un de mes préférés. Superbe composition, sur un rythme un peu swing, original pour du punk, mélodies de chant et de guitare incroyablement belles. Et devinez quoi : sur 45tours, Raison d’être est la face B de You say you don’t love me ! Quel niveau de qualité ! 5 minutes de pur bonheur.

                Face B :

1. "I Don't Know What to Do with My Life" 2:43

Encore un super morceau, au titre très explicite. Suites d’accords très bien trouvées, solo simple et entrainant. Je l’ai beaucoup joué à la guitare, dès le lycée, dans l’idée de le reprendre un jour sur scène. Le genre de titre qui vous donne envie de monter un groupe et donc… une idée de truc à faire dans la vie !

2. "Money" 2:45

Encore une ballade, encore sublime, leurs compositions sont de plus en plus élaborées, avec ce troisième album, le son réverbéré est merveilleux. Et toujours ce chant et ces guitares qui se répondent, s’entremêlent. Et la voix de Pete. « Life is a zoooo »… 

3. "Hollow Inside" 4:46

Enchaînement direct avec ce titre très bon, mais pour moi un cran en dessous du précédent.

4. "A Different Kind of Tension" 4:39

Un morceau très original, très bonne compo avec une particularité sur le chant : un duo avec une voix d’ordinateur qui répond au chanteur, puis à la fin, 2 voix différentes qui énumèrent simultanément des trucs opposés. On comprend bien le titre (qui est aussi celui de l’album) et ce que les Buzzcocks cherchaient à faire.

5. "I Believe" 7:09

Encore une superbe ballade, assez désenchantée, avec une série d’énumération, comme sur la plage précédente, plus un excellent final, qui justifie sans problème la longueur de ce morceau. « There is no love in this world anymore. » Mais nous on t’aime, Pete !

6. "Radio Nine" 0:41

Un beau petit collage sonore de quelques extraits de leurs titres qui apparaitraient sur les ondes lors d’un balayage sur un transistor.

 

Singles Going Steady (compilation, 1979)

La compilation des singles des Buzzcocks est un must du genre. Presque tous les titres sont inédits sur album, ce qui en fait quasiment un quatrième album studio, et qui ne contient quasiment que des tubes !

Face A :

1. "Orgasm Addict" (Howard Devoto, Pete Shelley) Non-album single (1977) 2:00

Le premier single après le départ de Devoto : énorme. Un hymne à la jeunesse et au plaisir, une pierre angulaire du phénomène punk. Musique très nerveuse et mélodique et cette façon de chanter si particulière : ce titre annonce le programme à venir pour trois années intenses…

2. "What Do I Get?" (Shelley) Non-album single (1978) 2:52

Deuxième single : superbes mélodie et chant de Pete Shelley, encore un énorme tube !

3. "I Don't Mind" (Shelley) Another Music in a Different Kitchen 2:16

Et la série continue, dans cette veine à la fois hyper pop et très électrique propre aux Buzzcocks. Changements de tonalité, chœurs et lyrisme mais sans prétention. Mais je l’ai déjà mentionnée car elle figure sur le premier album.

4. "Love You More" (Shelley) Non-album single (1978) 1:47

Celle-ci est sans doute ma préférée de toutes, une merveille musicale et un chant tellement beau. Je l’ai reprise en concert pendant deux ans. Elle est si courte, mais si intense…

5. "Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn't've)" (Shelley) Love Bites 2:39

6. "Promises" (Steve Diggle, Shelley) Non-album single (1978) 2:34

Encore un tube, superbe ; quelle série d’excellents singles, digne des Beatles !

7. "Everybody's Happy Nowadays" (Shelley) Non-album single (1979) 3:09

Encore un titre à la fois éthéré et noisy, léger et puissant à la fois, avec ce refrain dans les aigus qui reste si bien en tête…

8. "Harmony in My Head" (Diggle) Non-album single (1979) 3:06

Un titre toute en rage de Steve Diggle (sans doute son meilleur) avec une excellente mélodie et un super refrain, plus des petites interventions de lead guitares qui boostent encore la machine.

                Face B :

1. "What Ever Happened To?"   (Alan Dial, Shelley) "Orgasm Addict" single 2:12

Vous réalisez que ce titre est une face B ? Sur cette face B de la compilation 33T, il y a toutes les faces B des singles, qui sont en fait du même niveau incroyable que les faces A ! D’ailleurs sur leurs 45-tours, il était mentionné « face A » d’un côté et « face 1 » de l’autre !

2. "Oh Shit!" (Shelley) "What Do I Get?" single 1:34

Celle-là est un contre-exemple car je la trouve plus faible que les autres, même si la lead guitare est super, mais la mélodie de chant est moyenne.

3. "Autonomy" (Diggle) Another Music in a Different Kitchen 3:41

4. "Noise Annoys" (Shelley) "Love You More" single 2:49

Magnifique titre, à la fois très pop et très original dans sa construction ; ces duos de guitare... Et c’est la face 1 de ma face A préférée !

5. "Just Lust" (Dial, Shelley) Love Bites 2:58

6. "Lipstick" (Diggle, Shelley) "Promises" single 2:36

Toujours cette même grâce dans le chant et les guitares, avec des compos de plus en plus chiadées (on est dans la période du troisième album).

7. "Why Can't I Touch It?" (Diggle, Garvey, Maher, Shelley) "Everybody's Happy…" single 6:32

Un très beau morceau lent et assez envoûtant.

8. "Something's Gone Wrong Again" (Shelley) "Harmony in My Head" single 4:29

Bon morceau mais un poil lourd à mon goût… par rapport aux autres, bien sûr : chez les Buzzcocks, il n’y a jamais de mauvais, il n’y a que du moins bon (parfois) !

 

Parts 1 – 3 (mini album, 1981)

Dernier effort avant la rupture, cette série de 3 singles, tout de suite rassemblés sur un mini album en 1981 (lui-même ajouté plus tard sur la réédition CD de Singles Going Steady). Pour moi, il y a une petite baisse de niveau, d’inspiration, mais ça reste intéressant malgré tout.

Face A :

1. "Are Everything" (Pete Shelley) 3:56

Morceau un poil trop répétitif, ou un peu trop long, mais super bien trouvé, ça tourne bien.

2. "Strange Thing" (Shelley) 4:07

3. "What Do You Know" (Shelley) 3:12

Pour moi, c’est leur dernier très grand titre, superbe compo sur accords mineurs, avec un très beau chant de Pete, chœurs très efficaces, super guitares et, singularité dans leur discographie, la présence d’un saxo, qui sonne très bien.

Face B :

4. "Why She's the Girl from the Chainstore" (Steve Diggle) 2:25

J’aime moins la face B / Diggle, mais Why she’s reste quand même un grand classique des Buzzcocks.

5. "Airwaves Dream" (Diggle) 3:51

6. "Running Free" (Diggle) 3:12

 

  • I look alone (1981)

Cerise sur le gâteau que ce très bon et dernier titre des Buzzcocks, paru à l’époque uniquement sur une compilation K7 accompagnant un magazine anglais, puis ajoutée sur l’intégrale en coffret CD (Product) dans les années 90, retraçant toute leur première carrière (avant la reformation en 1989).

 

 

Les Buzzcocks se sont séparés en 1981, puis reformés en 1989 et ont tourné jusqu'à la mort de Pete Shelley, en 2018. J'ai pu les voir 6 fois, à partir de 1993, très bon groupe de scène !

 

Buzzcocks 

 

Pour résumer tout ça, citons un titre des Buzzcocks  : Paradise !

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23 décembre 2019

Sélection musicale Années 2010 à 2019

Sélection albums 2010's

 

Albums 33T :

Hipbone Slim And The Knee Tremblers ‎ : Square Guitar (2011)

The Norvins : Yoga with Mona (2011)

Allah-Las : Allah-Las (2012)

Allah Las - Tell Me (What's On Your Mind) (Official Video)

Les Terribles : Quelque chose comme ça (2012)

Sally Ford : Untamed Beast (2013)

Jacco Gardner : Cabinet of curiosities (2013)

Os Noctambulos : Corsica garden (2014)

Os Noctàmbulos - Song For Olivier

Les Rivals : Les Rivals (2014)

Mighty Tsar : Extra Dry Motherfolkers (2016)

Moonshiners : Prière pour aujourd’hui (2016)

Les MOONSHINERS - Prière pour Aujourd'hui

French Boutik : Front Pop (2016)

The Ready Mades : Autogestion sentimentale (2018)

The Most : Beat beat boom !!! (2018)

The Necessary Separations : The Necessary Separations (2019)

Cate Le Bon : Reward (2019)

Cate Le Bon - Home to You (Official Video)

 

Compilations 33T :

Le garage se rebiffe : Paris 2013 (Close Up Rds, 2013)

Thesaurus volume 1 : Label France DMF 1964-1968 (Cameleon Rds, 2017)

Disque La Rayé : 60’s French West-Indies Boo Boo Galoo (Born Bad Rds, 2017)

Maurice Alcindor - Sékirité sociale

 

Rééditions 33T :

Les Playboys : Anthologie (Soundflat Rds, 2011)

Les Olivensteins : Les Olivensteins (Born Bad Rds, 2011)

El’Blaszczyk : The Quirky Lost Tapes 1993-95 (Born Bad Rds, 2016)

Maudit

 

 

Maxi / EPs / Singles :

Les Spadassins : Diabolique (EP 4 titres, 2011)

Vince And His Lost Delegation ‎– Vince And His Lost Delegation (Maxi 6 titres, 2012)

The Riots : Take no prisonners (EP 25cm 4 titres, 2014)

The Ready-Mades : Ouagadougou blues / Fire (single, 2016)

The Roves : Green beret / Murder outside (single, 2017)

Les Spadassins - Diabolique

 

 

Vus et appréciés en concert :

Real Kids (Petit Bain, Paris, 01/07/2016), Zemblas (Montreuil, 2017-2018), Billy Childish (Festival BBMix, Boulogne, 23/11/2019), The Ready Mades (Paris, Pantin, Les Lilas), Cate le Bon (Point Ephémère, 25/02/2014 + Trabendo, 08/06/2019), The Selecters (Trabendo,12/10/2019), The Saints (Maroquinerie, 19/09/2014), Kitty, Daisy & Lewis (22/03/2012, Magic Mirror à La Défense), Les Olivensteins (BFGO + Gibus), Les Daltons (x fois), French Boutique (x fois), Jello Biafra (Au 104, 23/04/2014), Les Soucoupes Violentes, Popincourt, Paul Colins Beat (Mécanique Ondulatoire, 27/05/2016), 8°6 Crew (Gibus, 2019), Hipbone Slim & The Knee Tremblers (Mécanique Ondulatoire, 19/02/2013), No Hit Makers (Mécanique Ondulatoire, 19/02/2013) Massey Ferguson Memorial (Paris, Montreuil), Les Punaises, Smash, Warum Joe (Paris, Montreuil), The Glendas, Jaromil Sabor (L’International), The Madcaps (Mécanique Ondulatoire), 39th & The Nortons, The Norvins (x fois), Last Drop, The Wildebeests (Mécanique Ondulatoire), The Masonics (Cirque électrique, 05/07/2014), Cheap Riot, Bobby Few & Benjamin Sanz (Théatre Berthelot), Pierre Bastion (Théatre Berthelot), The Nuns (Théatre Berthelot), Jim Murple Memorial (Montreuil), Petit Louis (Montreuil), Dividers (Lille, 2015), The Dream Syndicate (BFGO, 24/10/2017), Patrick Scarzello (Bordeaux, 2015), The No-Things (Montreuil), Belleville Cats, The Riots (Mécanique Ondulatoire), Werckless Eric, Oui Oui (Bus Palladium, 7 juin 2014), Flowerbed Tramplers (x fois), Frustration (Mains d'oeuvres + Cité de la musique, 24/10/2013), Buzzcocks (Cité de la musique, 24/10/2013), Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou (Cabaret Sauvage, 29/07/2014), Les Combinaisons (Reims, 2011), Les Terribles (Gibus, 07/06/2012), New-York Dolls (Trabendo, 16/04/2010), The Undertones (Trabendo, 09/10/2010), La Souris Déglinguée (Combustibles, octobre 2011), Sudden Death of Stars (Combustibles, 26 mars 2011), Kid Congo (La Boule Noire), Blue Emphasis Soul Band (L’Armony, 2012), Sheriff Perkins, Herr Broken (x fois), Les Spadassins (Combustibles, 09/07/2011), Les Playboys (Combustibles, 19/03/2011), Fantazio (CICP, 2013),  Bouton Rouge, The Most (L'International, 16/06/2018), Cheveu et le Groupe Doueh (21/06/2017), Veenus (2019), etc.

Les Rivals - Fruitcake

THE REAL KIDS "my baby's book" (Paris 2016)

The Ready-Mades, Ouagadougou Blues

 

Meilleur titre en ligne de l'année 2019 :

(sortira-t-il un jour en vinyle ? ;)

Jeffrey Lewis & The Voltage - LPs

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24 août 2019

Shocktaws - Giant Ego (Autoproduction, 1995). Album K7 11 titres.

Shocktaws

 

Les Shocktaws officiaient à Paris vers 1995-1997. Je les ai vu pas mal de fois en concert à cette époque, notamment au bar le Montagnard (Métro Belleville) dans un concert organisé par les Barrocks. Ce groupe était excellent ! Ils jouaient une sorte de hardcore, mais très pop et mélodique, qui pourrait s’apprenter aux Buzzcocks ou aux Dead Kennedys. Mais le groupe qui nous venait alors le plus à l’esprit, avec Fu, mon pote des Combinaisons, c’étaient les Witches Valley, autre excellent groupe parisien, qui malheureusement ne jouait déjà plus à cette époque. Les jeunes Shocktaws avaient cette même énergie doublée d’un sens hors pair de la mélodie, même s’ils étaient plus sages (difficile de faire moins sage que les Witches, ceci-dit). Autre point commun, ils avaient le même manager : François Julien, un grand type aux cheveux orange avait été un temps le manager des Witches, sur la fin, après Sasha Monet. Les Shocktaws ont joué plusieurs fois en première partie de Montecarl, on groupe de rock and roll alors assez en vogue (notamment à la Flèche d’or, à l’époque où cette salle était encore gérée par une asso cool dans un esprit indépendant). Montecarl a donné plus tard la carrière solo de Uminski (dont je n’aimais pas beaucoup le chant) et celle d’AS dragon, pour la section rythmique, avec l’excellent guitariste Stéphane Salvi.

Mais à l’inverse de la majorité du public, nous on était là pour les Shocktaws qu’on trouvait bien meilleurs ! Le chanteur, Buster Bone, avait une super voix nasillarde et assez désabusée, mais délicate et avec des mélodies de chant super bien trouvées. Et tous les musiciens étaient très bons : Pekobah à la basse (et chœurs), Cadillac à la guitare (et chœurs) et Dee Doo’s à la (fougueuse !) batterie.

La K7 démarre fort avec Inner tube ; à vrai dire tous leurs morceaux sonnent comme des tubes en puissance. C’est nerveux, il y a des breaks, des changements musicaux, c’est loin de se militer à une structure couplets/refrain toute bête, mais en même temps tout coule de source, comme chez les Beatles ou les Undertones. Cependant c’est très chargé, avec plein de notes de basse et de roulements de batterie derrière, mais sans être lourd pour autant. Le deuxième titre est Gorgeous gloom, plus lent mais toujours très mélodieux, avec une ambiance très Witches Valley, mais aussi une partie avec du violon, très bienvenue. Ensuite, c’est Giant ego (morceau qui donne son titre à la K7). Encore une super compo, avec des effets de guitare marrants et des plein de breaks et des chœurs super. Tous les morceaux sont aussi courts que riches, en 2 ou 3 minutes maxi, ils déroulent toute leurs structures avec 15 idées à la seconde… Quatrième titre : Mitsuhirato, encore un excellent titre, l’un de mes préférés, alternant des breaks chant/guitare avec un refrain imparable. Là encore on pense aux Buzzcocks. Tout en ayant un style bien particulier et identifiable, leurs chansons sont très variées ! La face se conclue par Suffering, qui démarre relativement tranquillement, pour déboucher sur un excellent refrain qui tourne en boucle à la fin. « Motherfucker help me… »

La face B réattaque très fort avec Piano garden, un de leurs titres les plus tubesques, du genre qu’on chante avec joie dès qu’on le reconnait, ce qu’on faisait lors des concerts (« I feel like a bliiiind… »). Ensuite, c’est Brambled hand shake, avec son intro à la basse, puis deux différentes voix qui se répondent, sur un rythme mid-tempo et un son une fois de plus très buzzcoksien, mais ils me font aussi penser par moment à The Fall. Je ne sais pas pourquoi mais il me manque 2 titres, que j’ai dû ne pas numériser : Pins and needles (sans doute un clin d’œil aux Ramones ?) et Gorgeous gloom II sur cette face, et Back to mono sur la face A. Mais il me reste I feel pour finir, encore un titre de très bonne tenue, sans être le meilleur.

Voilà. Cette K7 n’a jamais été rééditée ni en CD ni en vinyle, mais ça vaudrait vraiment le coup, car c’est l’un des tous meilleurs groupes de rock français que j’ai connu, or j’en ai vu un sacré paquet depuis plus de trente ans !... Et peut-être existe-il des enregistrements inédits ?...

A signaler aussi : plusieurs K7 solo qu’avait faites Dee Doo’s, leur très sympathique batteur. On m’avait signalé sinon un nouveau groupe, fait plus tard par le guitariste et le bassiste, mais une écoute rapide sur une page Internet ne m’avait pas trop emballé (j’ai oublié le nom). A part ça, sur la toile, on trouve très peu d’infos sur les Shocktaws (dont le nom s’inspirait d’une tribu indienne), à part leur présence sur quelques flyers de concerts, et la présence de leur K7 sur Discogs depuis pas très longtemps : https://www.discogs.com/fr/Shocktaws-Giant-Ego/release/11367160

Et le seul titre disponible sur Youtube, c’est moi-même qui l’avais mis il y plusieurs années (en 2012) : https://www.youtube.com/watch?v=rS1yho2CvdU

 

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Affiche de concert

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31 octobre 2018

Los Matecoco : Hubkle Buck + 3 (Bel Air)

Los Matecoco - recto

Voilà un disque de musique typique qui est plutôt atypique, pour le coup, puisque ses deux titres les plus intéressants ne sont pas de style cubain ! Evidemment, le label a rajouté « cha-cha » au style de tous les morceaux, mais les commerciaux sont connus pour ne pas s’embarrasser de scrupules et si c’était sorti en 1977, ils auraient pu tout aussi bien écrire « madison-punk » ou « madison-disco » plutôt que « madison-cha-cha » !

Alors, le EP commence par Hubkle Buck, qui n’est autre qu’une reprise du standard The Hucklebuck (dit aussi Huckle-Buck), joué par de très nombreux artistes dont Chubby Checker et Franck Sinatra. Pourquoi cette grosse faute d’orthographe sur le titre, intentionnelle ou involontaire ? On ne le saura jamais… Ici, pas de chant mais quand même des chœurs ; cette version n’est pas mal du tout, bien rythmée, avec des cuivres rutilants et une bonne batterie, plus percussions. On sent très peu le coté cha-cha, mais bien plus le côté madison - un rythme rock mais avec du swing. Ensuite, un morceau beaucoup plus typiquement latino : Sonny Boy. Ce mambo n’a rien d’extraordinaire mais c’est sympathique.  

Face B, on poursuit avec Old Man River, un twist-cha-cha. Là on sent qu’il y a quand même plus eu un effort sur la rythmique pour mélanger ces deux styles. Mélodiquement, le début du titre est quelconque, mais la deuxième partie est meilleure, avec ses chœurs et son piano qui se répondent, puis chouette final avec cuivres et flûte. Et pour finir, le morceau le plus surprenant : Symphonia, censé être à nouveau du twist-cha-cha, sauf que là c’est carrément du ska ! Bon titre, bien dansant, avec une bonne pompe de contrebasse et un piano qui marque les contretemps, plus les cuivres pour la mélodie, bientôt doublés par les chœurs. La compo est signée Alstone (je ne sais pas si c’est un jamaïcain). Très bien.

 

Los Matecoco - verso

 

Je n’ai que 2 autres EPs des Matecoco, mais d’après Google, il en existe toute une ribambelle !... Et pour le fun, voici une vidéo où un speaker américain présente la nouvelle danse twist, le Hucklebuck : https://www.youtube.com/watch?v=0vCEvotB8oI



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