13 novembre 2009
à suivre...
Pas trop eu la possibilité d'enrichir le blog ces derniers mois... et ça ne va pas s'arranger dans les semaines à venir.
Mais tout reste en ligne et la suite viendra, tôt ou tard ! Avec à nouveau des extraits musicaux, autant que possible. Merci à tous les commentateurs pour leurs précisions et encouragements. à bientôt.
27 avril 2009
Emile Lambert - Ca gonfle pour moi (Baccara)
Un 45tours complètement génial, qui nous vient de Belgique, et probablement de l'année 1978, vu que la face A, ça gonfle pour moi, est une reprise du ça plane pour moi de Plastic Bertrand, ou plus exactement un morceau à la manière de... Ce n'est pas le seul, on connait par exemple l'excellent ça gaze pour moi, chanté par Plastichke en 1978 : http://www.bide-et-musique.com/song/2140.html . En tout cas celui-ci est très drôle aussi, sur une musique plus pépère mais qui balance bien, avec un orgue qui sonne comme un accordéon... ou l'inverse ? (à moins qu'il y ait les deux) et une boite à rythme top vintage qui rajoute un coté moderne à l'entreprise (aujourd'hui parlerait de son synth-punk ! ; ). Et surtout la voix et les textes de "Caoutchou Lambert". "Bertrand gagne un tas de fric, en chantant son plastic, oui mais moi voyez-vous j'aime mieux le caoutchouc, ça gonfle pour moi "... "Moi qui adore la bière, j'suis dans toute une affaire, j'fais pas souvent pipi et quand j'bois toute la nuit, oui croyez-moi, ça gonfle pour moi !"... Apparement il s'agissait d'un quinquagénaire barbu rigolo des 70's avec un look à la Jean-Pierre Ranu ( http://dvdtoile.com/Filmographie.php?id=32283 ) et aux propos plus ou moins graveleux.
Et ça se corse d'ailleurs en face B, avec le non moins épatant Je voudrais dormir avec toi, encore un rock à l'orgue et boite à rythme. "Je voudrais dormir avec toi, je te ferai des petites choses tu verras ce sera bien crois moi..." Mais tout ça reste bon enfant, avec Emile et ses "130 Kg de bonne humeur". La pochette n'est pas mal non plus : des collages photographiques détourés sur fond rouge et des lettrages à l'emporte-pièce. Merci à l'ami DJ Alfred Hitchcock Magazine (DJ de Chocomix) de m'avoir prêté cette perle.
PS : Il s'avère que l'équipe de Bide & musique est également sur la trace du Lambert, mentionnant au passage un autre de ses disques : J'aime les seins (ça m'étonne pas de lui !). + d'infos ici : www.bide-et-musique.com/artist/5290.html
04 décembre 2008
André Verchuren : Je me sens bien (Festival)
Il était temps de s'occuper du cas Verchuren, qui est quand même la grande star de l'accordéon français (avec Yvette Horner). Une carrière très longue, commencée après-guerre (sans compter sa toute jeunesse couronnée de prix dans les années 30) et qui dure encore aujourd'hui ! Donc il y a une pelletée de 45tours, 25cm et 33tours, des années 50 jusqu'aux années 80, parmi lesquels j'ai choisi un EP qui doit se situer vers 1963, époque du twist roi. La pochette peut faire craindre le pire puisqu'elle illustre la chanson "Un p'tit chapeau tyrolien", censée être un fox, mais qui ressemble plutôt à une marche tendance polka bien lourde ! Heureusement, le bal s'ouvre par un twist excellent, " Je me sens bien", où l'accordéon dialogue avec un orgue vraiment pas mal, sur fond de batterie rock et de coeurs oh-yé-yé-yé. Selon une tradition de la chanson populaire française, une voix se met à chanter vers les deux tiers du morceau, qu'on croyait instrumental (on retrouve aussi ce principe dans la musique cubaine des années 40/50). Ici, la chanteuse n'est pas très rock & roll, mais bon, une lead guitare électrique lui donne agréablement la réplique. Il est fréquent que des chanteurs interviennent sur les disques de Verchu, tout au long de sa discographie (en général sans être crédités) quand ce n'est pas lui en personne qui s'y colle - l'exemple le plus fameux étant son 45tours "Si j'étais ministre des finances", dans les années 70.
Pour en revenir à ce EP, la face B, outre une valse encore une fois tendance lourde/polka ("La campagne, la montagne et la mer"), nous réserve un bon madison qui avec ses guitares et son orgue sonne quelque peu comme les titres de la fameuse BO du film "Ne nous fachons pas" (pour vous donner une idée), l'accordéon en plus. C'est avec ces incartades aux styles jeunes en vogue dans les 60's que Verchu a largement contribué, tout comme Georges Jouvin à la trompette, à l'édification d'un rock si typiquement "french touch" dont on découvre aujourd'hui l'intérêt du Japon jusqu'aux States... en passant par chez nous ! Ainsi, l'antipathique mais fin connaisseur Vincent Palmer (ex-Bijou) a-t-il choisit "Minet jerk", issu d'un autre EP de Verchu, pour figurer sur sa série de compiles CD "Pop à Paris" sortie en 2003 chez Univers Sale. Pour finir, il ne faut pas manquer de visiter l'excellent site du gand fan et grand ami de "dédé", qui est très riche d'infos et d'images, avec notamment les pochettes de ses disques : http://www.andre-verchuren.com/
28 juillet 2008
Les Maxel's - Kodina cumbele / Dina (Disques Debs)
"La première chanson est un arrangement de l'orchestre sur une musique africaine. Il s'agit d'un rythme à la mode et que les amateurs de danse raffolent." (extrait notes de pochette). Titre agréable chaloupé mid-tempo. "La deuxième chanson est une composition de Jacques Bracqmort dont l'arrangement ne passera pas inaperçu des connaisseurs. Si cette chanson était interprètée en anglais on aurait cru de la musique directement importée d'Amérique" ! En effet ce slow aux cuivres déchirant la nuit évoque une soul à la Otis Readding, mais heureusement, il est chanté en français, et c'est bien sûr ce qui fait tout son sel. Cet amant malheureux qui pleure le départ de Dina pourrait curieusement faire penser à un Didier Wampas, dans ses slows les plus mignons. Cette chronique est complémentaire de celle de mon pote Pol Dodu, qui a déjà parlé richement des Maxel's sur son excellent blog il y a quelques semaines : http://vivonzeureux.blogspot.com/2008/05/les-maxels-dsordre-musical.html (notez juste que le mien est sorti chez Debs et non sur le label Aux Ondes, mais que dans les 2 cas les pochettes sont superbes). Laissons la conclusion à ces fameuses notes de pochette : "Les Maxel's ont fait beaucoup de chemein et nous savons qu'ils ne sont pas au bout de leur rouleau. On n'arrête pas la marche aux étoiles." !
30 mai 2008
Johnny Hallyday : Cheveux longs et idées courtes
Je ne possède pas encore le EP de Johnny contenant cette chanson, mais c'est quand même un must dans le genre pop réac', directement inspiré par Antoine (encore une fois), qui dans ses Elucubrations avait osé s'en prendre à "l'idole des jeunes". Il l'imaginait "en cage à Médrano". Voilà donc une vidéo de la fameuse réponse toute en finesse de Johnny, qui parle d'elle même... Signalons simplement que la version audio a un son plus pêchu, dans le chant mais surtout pour la musique, assez réussie. D'après le camarade Vinylmaniaque, celle-ci aurait d'ailleurs été piquée à un Belge, Ferré Grignard : "Quelle ironie ! Piquer une chanson d'inspiration beatnik pour critiquer... les beatniks !", s'indigne-t-il à juste titre dans sa chronique du livre Anti yé-yé (de Christian Eudeline) : http://www.vinylmaniaque.com/repertoire4/revue-de-presse-1.html
L'épilogue savoureux de ce coup de gueule sera bien sûr la métamorphose hippie de Johnny quelques mois plus tard, cheveux compris !..
27 mai 2008
Mix 68 (Opération Kangourou)
Pour compléter la petite série de 45tours pop réac' ci-dessous, je vous recommande chaudement l'écoute du nouveau projet de nos amis de l'Opération Kangourou : Mix 68.
On y trouve plein de 45tours milésimés 68, aussi bien réacs que soixante-huitards, et souvent jerks en diable ! Avec des titres qu'on aurait à peine oser rêver, comme ce Moonkiss de la police, par les Gottamou, ou encore un chanteur pop québecquois qui fustige "ces niaiseux d'étudiants" !... Les deux premiers volets sont à écouter et/ou à télécharger ici : http://www.myspace.com/messoixantelitres
à titre indicatif, la 1ère partie fait 26 minutes et 36 Mo - ça mange pas de pain ! Mais c'est aussi diffusé en direct tous les jeudis après-midi dans leur émission, sur FPP (Fréquence Paris Pluriel). + d'infos ici : http://www.myspace.com/radiokangourou
12 mai 2008
Pierre Selos : Réveille-toi ! (Zoom 68)
Au premier coup d'oeil, la pochette pourrait laisser penser que ce Pierre Selos est proche de l'extrême-droite (la veste marron, les fils barblés, la carrure et le regard plutôt virils..?). En fait, non : on a ici à faire à un chanteur proche de la gauche catholique, avec une critique de la jeunesse somme toute assez bon enfant, mais bien marrante quand même ! En gros, il est reproché aux jeunes de se laisser endormir par la société de consommation, au lieu de retrouver leurs "vraies" valeurs - sans doute celles des scouts, grosso-modo... La musique, plutôt rock (rythmique batterie, basse, piano), n'est pas très rapide mais se veut entrainante, avec son air de marche et ses cuivres - bien qu'ils restent très sages, voir timides ! Question paroles, ça commence fort, avec un "Hello les copains, salut les beatniks..." débité d'un ton ironique ; on est tout de suite dans le bain. Puis surtout, il y a cette superbe idée, pour le refrain : "Réveille toi, mon vieux, réveille-toi, sors du paradis, tout n'est qu'L.S.D. !" Encore une allusion à la drogue, donc - ce maudit poison ! Mais le fin du fin, c'est que LSD est prononcé à l'anglaise (avec un d qui fait di), pour permettre la rime avec paradis. Fallait l'oser, quand même, celle là... Si l'on en croit le logo du label, ce disque date justement de 68. Mais Pierre Selos avait commencé sa carrière de chanteur dès les années 50 (chez UniDisc) et a continué jusqu'en 1980... Il a même son propre site Internet : http://pierre-selos.fr/
05 mai 2008
Jean Ferrat : Pauvres petits c... (Barclay, 1968)
Les phénomènes réactionnaires viennent le plus souvent de la droite, mais pas toujours. Avant d'emboiter le pas au mouvement de mai 68, lors des grêves générales, les communistes ont été pris de court et bien rétissants par rapport à l'agitation étudiante. Sur ce 4-titres enregistré en décembre 67, Jean Ferrat chante la "vraie" révolution, là-bas, aux Amériques (Les Guerilleros) et la "fausse", ici à Paris, dans Pauvres petits cons, le vilain gros mot étant pudiquement abrégé en c... (eh oui, 68 n'a pas encore fait son oeuvre !). Il y a donc déjà de l'agitation en cette fin d'année 67, et pour Jean Ferrat (et les communistes), elle correspond juste aux caprices de quelques petits bourgeois, des fils à papa. Il nous sort une espèce d'équation du style jeunes / riches / parisiens = yéyé / rock / branchés = cons / superficiels / usurpateurs... "Si votre papa fait mine de couper les ponts, il y a des places en usine, pauvres petits cons". Pour l'occasion, sa musique est d'ailleurs plus rock qu'à l'ordinaire (ce paradoxe si génial qui fait tout l'intérêt de la pop réac'), et les arrangements (de Goraguer) sont excellents ! Car l'idée phare est que les 3 petits points de cons sont aussi dans la chanson : à chaque fin de refrain, il y a un break juste avant le mot fatidique (!), ponctué par une timbale d'orchestre (boinnng!), puis reprise de la dernière phrase : "...pauvres petits..." et cette fois un son très grave et long qui fait "cooonnnnnnns...", sans doute chanté par une voix de basse mais qui peut aussi évoquer un violoncelle frotté dans les graves, et qui semble arriver comme une conclusion aux arrangements de cordes présents sur chaque couplet. Belle mécanique... au service d'un texte engagé mais plutôt réac' et franchement dépassé par... les évènements ! Mais s'il a tort de croire qu'il ne s'agit là que de "contorsions éphémères", le futur lui donnera -en partie- raison sur un point : "Fils de bourgeois ordinaires [...] vous voterez comme vos pères, pauvres petits cons".
Paroles complètes ici : http://www.paroles.net/chanson/19842.1
27 avril 2008
Pierre Gilbert : Antoineries (Pacific, 1966)
Ah, ce sacré Antoine ! Il en aura provoqué, des réactions, avec ses cheveux longs, ses chemises à fleurs et ses railleries. A commencer par celle de Johnny Hallyday, directement attaqué dans son fameux tube de 1966, Les élucubrations : "Tout devrait changer tout le temps, Le monde serait bien plus amusant, On verrait des avions dans les couloirs du métro, Et Johnny Hallyday en cage à Médrano." Johnny lui répondra d'ailleurs par un rock bien nerveux : Cheuveux longs et idées courtes (juste 6 mois avant de plonger lui même dans le flower power le plus cliché qui soit! :)). Mais quand on voit où ils en sont arrivés tous les deux aujourd'hui, Atoll et Optique 2000, ça fait un peu pitié... Enfin, revenons à nos moutons (à poils longs), nombreux sont ceux qui vont surfer sur la vague Antoine, et nous avons ici un parfait prototype de chansonnier vieux jeu super ringard pour pères de bonne famille en mal de distraction. Pierre Gilbert faisait des sketches vraiment bas du front, du niveau des blagues Carambar, en gros. Mais il eu l'idée de stigmatiser la musique des djeunes : premier essai en 1963 avec Les Yéyés, enrégistré au Théâtre des Deux-Anes (ah? pourtant, j'en vois qu'un - voilà typiquement le genre de blague qu'il aurait pu sortir!). C'est un boeuf-parodie des succès du moment (Si j'avais un marteau, J'entends siffler le train...), en écoute ici : http://monsieurpatrice.canalblog.com/archives/2006/04/20/1769391.html Et donc il remet ça en 1966 avec Les Antoineries. L'extrait audio ci-dessous donne un bon aperçu de l'ambiance : qu'est-ce que c'est que ces jeunes qui n'ont rien dans le crâne ? et en plus, ils savent même pas chanter, etc... J'aime beaucoup la photo de la pochette, où la perruque à cheuveux longs arrive à peine à adoucir ce visage si dur avec réelle moustache de beauf des années 50. Mais bon, ceci dit je ne connais pas sa bio, c'était peut-être un type charmant... (mouais, peu de chances quand même). Ses deux 45tours sont aussi référencés ici (avec photos et crédits) : http://www.encyclopedisque.fr/artiste/2049.html
17 avril 2008
Lina Margy - Le folklore auvergnat (CBS, 1966?)
Un disque bien marrant que ce jerk campagnard. Lina Margy n'est pas une vilaine dame, chanteuse de l'ancienne génération, on lui doit la ritournelle Ah, le petit vin blanc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lina_Margy). Mais déjà quinquagénaire, elle se retrouve ici embringuée dans une chanson aux paroles un poil xénophobes : "l'Amérique nous inonde avec ses chanteurs Noirs"... Comment en est-on arrivé là ? Fin 1965, Sheila provoque un mini scandale dans le milieu des musiciens français, avec son succès Le folklore américain. Cette fois-ci, c'en est trop ! Qu'est-ce qu'y ont, ces yé-yé, à systématiquement encenser la culture américaine ? Et la France, elle est pas belle, la France ? Sans compter cette Françoise Hardy qui déclare aller enregistrer à Londres car les studios français ne sont pas à la hauteur ! On va leur montrer un peu c'qu'on sait faire, de par chez nous... Tout ça va donc donner lieu à plusieurs réactions, dont le parodique Folklore auvergnat de Stella, excellente chanteuse culte de la pop française des 60's, qui sera un petit hit. Mais le morceau de Lina Margy n'a rien à voir avec lui à par son titre. Ici, pas de second degré, ça vole plutôt au ras des paquerettes. Par contre la musique et l'ambiance sont franchement bonnes, et même rock, avec une batterie bien beat... mais le tout est entrecoupé de breaks de "cabrette" (la cornemuse auvergnate : http://www.cabrette.com/ ). Du super french touch beat, donc ! ; )) "et même s'il ne vient pas de Cuba, de Rio, Y'a du rythme et d'la joie, dans le folklore auvergnat !"


















