LE BLOGOTHORAX

29 octobre 2016

Les Combinaisons - K7 démos 1985-1992 (Reims)

Dans cette rubrique à (ré)éditer, il était évident qu’il faudrait s’attaquer aux Combinaisons, dont la production de K7 démo est aussi pléthorique que leur discographie est mince !

Je ne peux pas être vraiment objectif, vu que j’ai joué dans ce groupe de 1990 à 1992, mais j’en ai quand même été l’un de leurs plus fervents fans, pendant les trois années qui ont précédé ma participation.

Essayons de ne pas entrer trop dans les détails de l’histoire de ce groupe, qui reste à écrire, pour nous concentrer sur sa production d’enregistrements en studio, quasiment tous jamais édités, mis à part le 45-tours « 4 gros tubes » sorti sur Deutsche Gros Klaxon (en réalité une autoproduction) et enregistré par Dorian Feller et Dominique Diebold, du label Ayaa, en 1987.

Ce disque a été tiré à 500 exemplaires ou bien mille (je ne sais plus), dont plusieurs centaines n’ont pas été vendus - et dont quelques dizaines ont même fini par sérieusement se gondoler suite à un mauvais stockage ! Mais ce disque a tout de même été diffusé, sur Reims et lors de concerts un peu partout, suffisamment pour figurer dans les discographies du rock français (Euthanasie, 45toursderockfrançais…) et pour marquer les esprits, au moins localement. Il est excellent, avec une version étonnante d’Origine Argentine, le fameux tango des Combinaisons, et Sardine à l’huile, deux de leurs plus célèbres chansons, qui seront réenregistrées par la suite (comme on va le voir). Autre titre : Rat débile et rat méchant, chanté par Bûcheron, chanteur de passage cette année-là, car l’une des originalités du groupe est d’avoir compté beaucoup de formations et de membres différents, sur toute son existence, de 1983 à 1993. Cette compo sera elle aussi réenregistrée, mais avec d’autres paroles et sous un autre tire (Sparing partner). Et enfin Cœur volé, titre qui lui est plus ancien, sans doute issu d’une des toutes premières démos des proto-Combinaisons, vers 1983. Où l’on voit qu’on avait affaire dès le départ à un truc pas banal, avec les guitares sauvages et bizarres et bien sûr l’incroyable voix de Kankrela ! Notez que ce morceau s’inspirait fortement de Sex Beat du Gun Club, dont il ne trahissait pas trop l’esprit.

combi 4titres

Mais c’est fin 1985 (ou début 1986 ?) que les Combi enregistrent ce qui est leur première vraie démo à ma connaissance (à moins qu’il ne s’agisse que d’une répétition plus soignée que les autres). En tout cas c’est sous cette appellation qu’elle m’a été donnée à l’époque. Il y a quand même 10 titres dessus, c’est conséquent, sans titre général, d’ailleurs aucune de leurs démos n’aura jamais de titre précis. Le groupe se compose alors de Kankrela et Hugues (chant), de Fara (batterie), de Bruno et Thierry (‘Duty’) aux guitares - et je ne suis même pas sûr qu’il y avait déjà une basse à ce moment-là.

On trouve sur cette K7 Starsky et Hutch, un très bon reggae qui sera malheureusement assez vite supprimé de leur répertoire ; Strychnine, leur reprise des Sonics, dont ils étaient fans. Cette version est très bonne, assez lente tout comme l’originale, et leur valu l’estime de Joe la Cravate, un légendaire rocker de Reims (trop tôt disparu) qui lui aussi chanta avec le groupe durant quelques mois, en 1987, notamment sur ce titre (et sur la reprise de The Crusher, des Novas). Ensuite, vient Do you wanna jump, qui fait bien sûr penser à Do you wanna dance (Booby Freeman, Ramones…) mais avec des paroles françaises et une mélodie musicale originale assez différente. Plutôt une réussite, mais ce titre ne sera pas conservé, tandis que le groupe rejouera finalement une version fidèle de Do you wanna dance (à la façon Ramones) de 1991 à 1993. Puis vient Pedro dollard, qui est en fait déjà une version d’Origine argentine, le tango, mais sous un autre titre. Elle n’est pas aussi bonne que celle du 45-tours, que certains n’hésitent pas à qualifier de chef-d’œuvre !

Cachoux la jaunie est un titre assez enjoué et syncopé, sympa mais qui est resté à l’état d’ébauche. Puis encore une reprise : Over my head, de Pere Ubu, dont ils étaient très fans, notamment Bruno, le guitariste, et Kankrela. La reprise est longue, tout comme la version originale, mais presque tous leurs morceaux étaient longs à cette époque : 5 minutes ou plus. Ils se sont raccourcis par la suite. Un autre titre de Pere Ubu a été repris durablement, de 1989 environ et jusqu’à la fin du groupe, c’est Heaven, dans une très bonne adaptation, mais malheureusement jamais enregistrée en studio. Ensuite, c’est Talking to your daddy, une excellente compo, qui bizarrement a été abandonnée vers 1989 ; on y entend bien le style très caractéristique du premier batteur, Fara, tout en syncopes et roulements rigoureux et raffinés, entre la fanfare et le twist, qui faisait merveille sur leur reprise du générique des Chiffres et des lettres, par exemple. Car oui les Combinaisons n’avaient peur de rien et pouvaient enchaîner ce générique en concert avec Strychnine, ou encore Étoile des neiges (de Jacques Hélian) avec Love comes in spurts (de Richard Hell) !

Pour bien comprendre l’état d’esprit du groupe, ce n’était pas un truc du genre rock festif (ou ska festif, genres qui d’ailleurs n’existaient pas encore à leurs débuts) mais plutôt un truc dadaïste et punk façon John Lydon : anticonformiste à fond et si ça vous plaît pas allez tous vous faire foutre, y compris les punks, justement… Mais bien qu’arrogants, leurs sets étaient globalement très joyeux.

Pour en finir avec cette première démo, on trouve encore trois morceaux : Chocolate song, qui est un prototype de leur fameux futur morceau de bravoure Les grosses dames. Ici, pas encore le climat étrange et le texte incroyable qui viendront, mais déjà les motifs de guitare qui fondent toute cette compo. Bistouquette break, un bon thème musical assez nerveux, mais sans paroles. Et enfin A tous ceux qui s’aimentest un slow, ou plutôt un blues, assez sympa, mais qui sera assez vite mis de côté.

Fin 1986 (ou début 1987 ?) les Combinaisons enregistrent une deuxième K7 démo, 8 titres, un peu plus travaillée. C’est l’époque du Hang’Art, petite salle de concerts et d’expo située sur le côté de la Mairie et tenue par Michel Jovanovic et un certain Denis (si je me souviens bien). Cette salle sert de local aux Combi, qui bossent plus ou moins là-bas en contrat aidé (TUC), au bar et aux entrées, tandis que Michel est alors le bassiste du groupe. Le premier titre, Ougadoudou est très bon, un truc joyeux, simple mais bien trouvé, typique de leurs compos de cette époque, avec toujours Duty à la guitare rythmique. Ensuite, Go to my left (go to my right), qui intègre en intro le thème de Des chiffres et des lettres, célèbre émission télévisée et naphtalinée. Il sera souvent utilisé en ouverture des concerts et joué jusqu’à la fin du groupe ou presque. Puis Strychnine, version plus rapide que la précédente, très carrée et énergique, avec moult cris de Hugues et Kankrela. Encore une belle version de Tango (futur Origine argentine), plus rapide que la version du 45t.

Un nouveau reggae, Revolution, prend la place de Starsky et Hutch. Je le trouve moins bon, un peu trop basique musicalement, mais le chant, caricaturant le style jamaïcain, est très bien. Ce titre a été joué régulièrement en concert pendant au moins deux ans, je crois. Ensuite, Les grosses dames : ça y est, le morceau est abouti, l’un des textes les plus marquant de Kankrela, une histoire de grosses dames bizarres, tout au bout d’une jetée… Un tempo plutôt lent et un climat étrange. Sur cette version, c’est Kankrela qui joue de la guitare solo (il le faisait aussi en concert). C’est suivi par Micheline, qui n’est autre que Bistouquette break, qui a changé de nom et est un peu plus carrée, toujours sans texte, mais avec des borborygmes de Hugues très réussis. Et enfin la première version au propre de Sardines à l’huile, le tube des Combinaisons, version assez proche de celle du 45tours, qui sort quelques mois plus tard.

Après le 45-tours (décrit plus haut), un changement important s’opère fin 1987/début 1988, avec le départ de Duty (guitare rythmique) et l’arrivée de Fu (François) qui remplace Michel à la basse, plus les arrivées d’une organiste, Manelle, et d’un deuxième batteur, Marc. Du coup cela va pas mal modifier le son, sans oublier la présence de Christophe (‘Tof’) à la clarinette, qui était déjà là sur les concerts en 87, mais pas sur les enregistrements.

Il existe une sorte de démo intermédiaire entre ces deux périodes, qui a été enregistrée dans un studio, avec une batterie électronique (jouée par Fara seulement) et avec de l’orgue mais sans clarinette. Je crois qu’elle date de 1988 mais je ne n’ai pas la date précise. Le groupe n’avait pas été très satisfait du résultat de la production. On y trouve 3 titres : encore une version de Strychnine et une de Talking to your daddy, plus un très beau slow mélancolique, La fille du faubourg, avec de belles parties d’orgue et de guitare, qui malheureusement sera très vite délaissé, mais heureusement enregistré ici, donc.

Démo Comin 88 jaquette

Au printemps 1988, c’est l’avènement du nouveau son des Combinaisons, qui enregistrement une quatrième démo de 7 titres, avec l’ami Dorian Feller (du groupe Brodé Tango), fortement marquée par les arrangements de Fu. Le son est plus riche, avec la clarinette, l’orgue, les percussions du deuxième batteur et les nombreux chœurs et bruitages divers et variés. Il y a aussi plusieurs nouvelles chansons : Jiu Jitsu, beau morceau avec différentes ambiances et tempos, plus un chant excellent. On danse, excellente compo également, qui rendra malheureusement l'âme sur l'établi des répétitions en 1990, victime d'une sophistication un peu trop ambitieuse... Les filles du bord de mer, une reprise d’Adamo, qui fut un temps fort dans leurs concerts, où l’on invitait les filles à danser la valse ! Par hasard, il se trouve qu’Arno, le chanteur belge, a lui aussi repris ce vieux standard, très peu de temps après. C'est un titre parfaitement taillé pour Kankrela, qui l’interprète tout aussi bien que son tango, Origine argentine, à nouveau réenregistré ici, ou encore La Matchiche, de Mayol, jamais enregistrée par les Combi mais plusieurs fois jouée en concert. Autre nouveauté marquante : Sur mon vélo, titre très gai au rythme un peu ska, qui nous enchantât cette année-là. Danseuse dada, un titre très speed, qui (de mémoire) s'était appelé Vieux cochon au départ et qui changera encore par la suite.Et enfin Go to my left, qui devient une sorte de patchwork intégrant plusieurs parties musicales récupérées ici et là, dont toujours l’incontournable intro des Chiffres et des lettres.

Cette démo est suivie d’une deuxième, en 1989, enregistrée dans les mêmes conditions, toujours dans l’immeuble des deux Bruno, le guitariste des Combi et Dorian Feller, sur le 8-pistes de celui-ci. 3 titres, dont un nouveau, Texas Tex, pas si nouveau en fait mais encore jamais enregistré, et deux « anciens » : Sardines à l’huile et Les filles du bord de mer. Je n’ai jamais trop compris l’intérêt de réenregistrer cette dernière chanson juste un an après, je crois que Kankrela n’était pas satisfait du chant, mais les deux versions sont très bonnes. Par contre les deux autres morceaux sont vraiment parfaits, vifs, avec un son chaud et une mise en place impeccable. La version de Sardines se fait plus longue, avec un solo de guitare d’anthologie qui en fait la version ultime à écouter ! C’est leur cinquième démo depuis le départ.

Démo Combi 89 jaquette

Mais ce n’est pas fini, il reste encore deux démos à venir ! D’abord celle des studios de la MJC de Vandœuvre-lès-Nancy, qui sera enregistrée en janvier 1991, dans un studio professionnel sur un 16-pistes. Là, il y a encore eu des changements dans le line-up du groupe, avec le départ de Fara, Marc devenant l’unique batteur des Combinaisons, et mon arrivée, en tant que guitariste rythmique (il n’y en avait plus eu depuis le départ de Duty). Cette fois le son est très bon, de qualité pro, mais il est même un peu trop clean à mon goût, avec le recul. Le premier titre est Sparring partner, qui est en fait la même compo que Rat débile et Rat méchant, du 45t, mais avec un nouveau texte, de Kankrela (l'ancien était de Bucheron) un tempo plus rapide et de nouveaux arrangements. Une bonne réussite, notamment avec les bruits de synthé Moog et la lead guitare de Bruno, ainsi que la clarinette de Tof. Le deuxième titre est le plus réussi : c'est une nouvelle version des Grosses dames, très travaillée, avec une ambiance qui s'installe tranquillement pour monter en tension jusqu'à l'explosion finale, et une interprétation magistrale de Kankrela (dont il existe une vidéo, filmée en cabine d'enregistrement). Ce titre fut choisi par le groupe pour figurer sur la compile CD du Printemps de Bourges 1992, où les Combi étaient qualifiés pour représenter la Champagne-Ardennes, mais des abrutis se sont permis de le shunter au bout de 3 minutes alors qu'il en faisait 6, gâchant tout l'effet du truc ! Dire qu'il aurait suffi de nous prévenir pour qu'on leur propose Sparring partner, qui était deux fois plus court. Du coup la discographie CD officielle du groupe ne compte qu'un demi-morceau... Le troisième titre, c'est une nouvelle version de Strychnine, mais avec un texte en français de Kankrela, très drôle et réussi : Pesticide ! (extrait : « Moi, mais moi, je m’enquille, des barils et des kilos de la pesticide » !...) Malheureusement je trouve le résultat un peu décevant au niveau musical, avec des arrangements qui s'éloignent à la fois du garage des Sonics et de l'esprit des Combinaisons première mouture. Le tempo est peut-être un peu trop speed, et je ne sais pas dire, sinon, ce qui cloche exactement, mais ça ne va pas vraiment. D'autre part le saxo soprano est accordé légèrement trop bas, ce qui n'arrange rien à l'affaire. Mais cette démo marque une étape avec la production la plus « pro » jamais obtenue par le groupe : un son ample et net, pas de souffle, etc. Sur Les grosses dames, ça colle parfaitement.

Les Combinaisons - Les Grosses dames (1990)

Et pourtant, le groupe allait pouvoir se hisser encore un cran au-dessus, dans la production en studio, grâce à cette sélection au Printemps de Bourges. Les gagnants de chaque finale régionale recevaient un pécule assez conséquent pour enregistrer quelques morceaux dans le studio de leur choix. En principe, c’était pour préparer leur venue au festival du Printemps, à Bourges, mais comme on avait déjà l’enregistrement de Vandoeuvre sous la main, on avait décidé de reporter le suivant après le festival, pour pouvoir peaufiner tranquillement de nouveaux titres. Le choix se porta sur les studios Mix-it, fondés par Eric Débris et Charles Urbier, de Metal Urbain, groupe dont plusieurs d’entre nous étaient assez fans. En 1992, l’ingénieur du son qui officiait là (et dont j’ai oublié le nom) avait travaillé sur deux albums de la Mano Negra et avait plutôt la cote. Bref, en résumé c’était un gros studio (24-pistes analogique) mais tendance rock indé/alternatif, donc tout indiqué pour nous.

Encore quelques changements de line-up à noter cette année-là : le départ de Tof, le clarinettiste, et l’arrivée de Julien (le futur ‘Jean Golo’), en tant que troisième chanteur ; ça peut paraître beaucoup, trois chanteurs, mais traditionnellement, les Combi ont toujours accueilli plein de membres (le groupe en a rarement compté moins de six). De plus, Hugues n’était pas réellement un chanteur mais plutôt un choriste/bruitiste, un danseur, un entertainer, un ambianceur, un animateur, un agitateur !... Il fût même le manager du groupe pendant quelques années. Donc il restait un peu de place pour un autre chanteur, mais surtout Julien était un ami très proche du groupe, sans cesse fourré avec eux, donc son arrivée allait presque de soi.

Cette démo, enregistrée et mixée au début de l’été 92, contient 4 titres, dont une reprise de Captain Beefheart, Zig zag wanderer, jouée depuis quelques années en concert (un morceau génial, repris entre autres par les Coronados, dans les 80’s). On a souvent comparé la voix de Kankrela à celle de Beefheart, dont il est un grand fan, et toutes proportions gardées, on peut convenir que dans l’esprit et la puissance, il n’en est pas si éloigné que ça ! Cette reprise est impeccable, avec un gros son, net mais avec du grain, des arrangements assez proches de l’original et surtout la voix singulière de Kankrela (c’est pas le genre de titre à faire chanter par Jean-Louis Aubert, par exemple) ! Ensuite il y a deux nouvelles compos, que j’avais amenées dans le groupe : Rock as not learned et Grosses métropoles. Seules le squelette et les parties de base sont de moi, car Fu avait rajouté ses fameux arrangements, puis chacun sa touche personnelle (en particulier la lead guitare de Bruno) et, surtout, les textes et le chant sont de Kankrela, comme presque toujours (mais je crois me souvenir que celui en anglais, de Rock as not learned, est basé sur un poème de Ted Hugues). Là aussi, le résultat est nickel : c’est vif, claquant, avec une basse bien ronde et présente et bon gros son d’ampli à lampes sur la guitare rythmique, mais sans être un son trop lourd non plus (on fuyait par exemple le son gras et uniforme des groupes hard-core ou noisy-pop, ou trop influencés par le style Stooges/MC5). Seule la batterie nous avait donné du mal au mixage, notamment la grosse caisse. Et l’enveloppe sonore avait une belle ampleur (qui a un peu trop disparu sur mes copies de K7 et autres versions MP3…) sans compter les super parties de chant de Kankrela, les claviers, les chœurs de Hugues et d’un peu tout le monde, incluant pas mal de fantaisies et d’improvisations. On avait fait au moins trois prises de chant et de chœurs sur les Grosses métropoles par exemple, et Fu avait passé des heures à en sélectionner les meilleurs passages. Rock as not learned est très rapide et pourrait s’apparenter à un truc rock and roll 50’s ou un peu country-punk, tandis que les Grosses métropoles est plus long et complexe, avec des breaks, des ponts, mais aussi un couplet avec un riff de basse/guitare bien dansant. Sur le pont et dans les parties d’orgue, on sent plus des influences à la Witches Valley, qu’on appréciait beaucoup (sauf Kankrela, qui comme souvent était à contre-courant des autres - idem pour les Wampas, par exemple).

Les Combinaisons - Grosse métropole.wmv

Et pour finir, une nouvelle version de Danseuse dada, cette fois-ci réécrite et chantée par Julien, qui était devenue Charlie et qui parlait du catcheur rémois Colossal Charlie (ou Charly ?) qui était le videur attitré de l’Usine, la principale salle de concerts à Reims au début des années 90. Mémorable refrain, avec Julien qui hurle « Chaaarlie » et Kankrela qui répond, toujours en hurlant, mais dans les basses : « Détrruuis-le ! ». La fin musicale était peut-être un poil trop longue et alambiquée, mais super morceau quand même, supérieur à Danseuse dada. A l’écoute du mixage final, on n’était pas peu fiers du résultat de cette septième démo !

Et voilà. La suite donnée à tout ça ?... Rien, malheureusement. Moi j’ai quitté le groupe subitement suite une embrouille personnelle et ils ont continué à jouer jusqu’à l’été 1993. Mais il y avait des tensions entre plusieurs membres du groupe, de la fatigue aussi, due à de nombreux concerts et encore plus de répétitions, trop de soirées (trop) arrosées aussi, et puis les aléas de la vie, le boulot… Les Combinaisons n’ont rien enregistré d’autre en studio, mais surtout ils n’ont rien sorti, rien publié de toutes ces bouillonnantes démos, dont les trois dernières rien qu’à elles seules auraient pu fournir la matière pour un super album… jamais édité. Ceci dit, il n’est jamais trop tard… Alors, dans l’attente de la réhabilitation du « rock textile à poil dur », Amen !

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24 septembre 2016

Fred Steven – Guns for people (Scum Products, 1986)

K7 Fred Steven 1986

J’ai vu Fred Steven en concert à la MJC Claudel, à Reims, en septembre 1986. Il se produisait plus exactement sous le nom de Fred Steven & The Sub Kids. En effet, Fred était l’un des deux chanteurs et guitaristes, avec son frère Scum, de ce mythique groupe punk de Dunkerque que furent les Sub Kids. Eux, je les avais vus un an avant (mars 1985), au même endroit, et on s’était pris une sacrée claque, car leur prestation ressemblait beaucoup aux Clash, de par sa puissance et son style musical. Ils avaient joué tous leurs super morceaux, comme le fameux Boots and cars, sorti en 45tours en 1984, plus quelques reprises comme Teenage Kicks, des Undertones.

Mais il semble que peu après, le groupe se soit plus ou moins arrêté, avec une scission entre Fred d’un côté et Scum de l’autre (celui-ci formant un peu plus tard The Action, qui passèrent eux aussi à Claudel, avec les Fridays Angels, autre groupe de Dunkerque comprenant un ex-Sub Kids). C’est sans doute pour capitaliser sur le succès des Sub Kids que leur nom avait été accolé à celui de Fred Steven pour son concert, alors on fût d’abord un peu déçu par sa prestation, car elle était moins punk et énergique que celle des vrais Sub Kids. Malgré tout, on découvrait de nouvelles compos de Fred, plus douces mais dans un style toujours très rock and roll, plus nostalgique, lorgnant vers la ballade (un peu à la façon des Saints) ou vers le reggae, deux tendances qu’on retrouve finalement déjà sur le EP Boots and cars, respectivement avec Eyes of Youth et Talk to you. D’ailleurs son groupe joua aussi ce soir-là These days are gonne, titre qu’on retrouve sur le 33-tours compile posthume des Sub Kids, sorti en 1988.

J’en arrive maintenant à la K7 démo que Fred avait sortie en 1986 et dont il jouait les 4 titres en tournée : Guns for people. Sur la pochette on voit un type avec des lunettes noires en train de tirer de face avec un flingue ; je ne sais pas si c’est Fred, car ça ressemble à une photo vintage sortie d’un film, mais ça pourrait bien être lui quand même… La chanson du même nom ne se situe qu’en ouverture de la face B, tandis que la face A s’ouvre avec Benny, qui devait être un peu son « tube » en puissance. Et effectivement, ce morceau est excellent, avec une belle mélodie et des arrangements touchants, comme ces petites cloches qui ponctuent les phrases des couplets. Le son de batterie est assez cheap ; je crois qu’il avait tout enregistré quasiment seul, en home studio. Mais en tout cas il y a un super rendu entre les deux guitares, rythmique et soliste, avec des riffs très bien trouvés, tout comme dans les Sub Kids. Et enfin cette voix, assez singulière et qui m’est devenue si familière avec le temps ; vraiment un bon chanteur ! Tout est en anglais, les Sub Kids étaient du Nord et donc plus branchés sur l’Angleterre que la France, fans de groupes comme les Outcasts, qu’ils avaient rencontré là-bas. Mais aussi les Soft Boys, Undertones, etc. Donc pour eux, c’était la langue naturelle pour le rock. Le deuxième titre, Outta control, est un reggae, façon Clash (ou Ruts…) peut-être pas aussi chiadé que le Talk to you déjà évoqué, mais très bon quand même. Il y a aussi des chœurs, là encore il semble que ce soit lui-même qui les ait faits. Face B, Guns for people est un rock plus speed et enlevé, plus classique dans son style mais très bien, et avec un beau final quand même assez inattendu. Et pour finir Love you again, plus mid-tempo et un peu triste, bon titre assez touchant…

Mais ce n’est pas fini, car il existe une seconde démo ! A priori elle s’appelle One more time, mais le titre était écrit à la main sur la K7 et elle n’a sans doute été distribuée qu’à quelques personnes plus ou moins proches. En tout cas il y a une dizaine d’autres morceaux dessus, dont certains sont excellents. Je n’ai pas les titres, mais il y en a qu’on peut deviner assez facilement, comme New town dream (ou drill ?), encore une excellente compo, avec super guitares et mélodie de chant, plus un peu d’orgue. Il n’y a que le son de batterie qui pêche (car là on reconnaît trop clairement une batterie électronique des années 80, assez cliché). Mais cette compo aurait franchement pu faire un tube, dans d’autres circonstances. Pareil pour She comes to me, avec toujours ce style, clairement influencé par le rock et power pop des 70’s, mais avec cette touche personnelle qu’amène toujours Fred Steven. Les autres titres ne sont pas tous aussi bons, ça part dans pas mal de directions, un reggae instrumental, un titre qui sonne très new-wave, un autre carrément disco cheap et un morceau très pub-rock (un peu trop à mon goût)... Et puis un titre très marrant, Dream like a little queenie, sorte de ska un peu disco mais presque dans un esprit à la Jonathan Richman, et que l’ami Pol Dodu du Webzine Vivonzeureux reconnaîtrait sûrement comme étant du pur hip-pop hoptimiste ! Bien sûr on voit que cette deuxième démo n’était pas destinée à sortir, mais on voit aussi que Fred était un musicien curieux et aimant fureter un peu partout, tout comme les Clash, période Sandinista, par exemple. D’ailleurs il a continué à jouer dans un tas de groupes, de projets et dans des styles musicaux assez variés, jusqu’à aujourd’hui (voir son site Internet, azz.free.fr où il a (re)pris le nom de Fred Rocher (son vrai nom, je crois).

Cette démo, Guns for people, augmentée de quelques titres de la démo non-officielle, mériterait bien une réédition (en vinyle ! ;) et pourrait faire le bonheur de plusieurs amateurs de rock and roll façon 77. Qu’on se le dise…

Et pour finir, il faut dire un mot des titres inédits des Sub Kids. Bien qu’un 33-tours (déjà cité ici) ait compilé leurs 45tours et participation à des compiles, plus quelques inédits dont le morceau titre du disque, These days are gone ou Kensington station, il reste une quantité de compos excellentes de ce groupe qui ne sont jamais sorties… ou presque. Un CD semble être sorti vers 2013, intitulé Sub in dub + inédits, mais pas trouvable à ma connaissance… On peut en voir un track-listing sur la page Facebook des Sub Kids, avec entre autres les excellents titres Keep on dancing, West mind ou encore For a living… Là encore, il y aurait de quoi sortir un sacré vinyle !

PS : Merci à Thierry, qui m'avait fait connaître les Sub Kids, et à Sylvain, qui m'a donné accès aux deux démos de Fred Steven.

L'histoire des concerts de l'asso Un autre émois à la MJC Claudel : http://documentsmusicauxremois.blogspot.fr/2016/09/un-autre-emoi-par-philippe-roger.html

Le site officiel des Sub Kids : http://azz.free.fr/pages/subkids.htm

Le site officiel de Fred Rocher (Fred Steven) : http://azz.free.fr/pages/fred.htm

SUB KIDS - Boots on cars (1985)

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24 juillet 2016

Les Arajas (Reims, années 80/90)

 

Arajas

 

J'ai découvert ce groupe à la MJC Claudel, à Reims, en première partie de je ne sais plus qui. C'était vers 1988. L'association Un autre émoi organisait des concerts de rock là-bas. 

Les Arajas n'étaient alors que deux et c'était peut-être bien leur premier concert. Olivier Stupp, chanteur et guitariste semblait être bien connu et apprécié par toute la bande de Claudel (Tonio, Carole, Wadel, Thierry, etc.). Avec lui sur scène, un autre guitariste, Christophe Boisseau. Par chance j'ai enregistré ce concert et je ne l'ai pas regretté, c'était génial !

Ils reprenanient Juke Box Baby d'Alan Vega, mais dans une version plus rock et mélodique, excellente, ainsi que Walk on the wild side de Lou Reed. Et d'autres morceaux que je ne conaissais pas, sans doute des compos pour la plupart, tous chantés en anglais. Stupp avait une belle voix aïgue, éraillée, nerveuse et puissante. Et un super jeu de lead guitare, avec des solos pleins de reverb, tandis que Christophe assurait la guitare rythmique (électro-acoustique) saturée, avec un solide sens du beat. J'étais scotché, comme je le reste à chaque réécoute de ce concert.

Stupp venait du bout de la Marne (Sainte-Ménehould), près des Ardennes, tout comme Jean-Marc Wadel, le bassiste des Funeral Service. Assez vite après ce concert, ils ont tourné avec un batteur, Arthur (lui aussi de Sainte-Menehould). Je n'ai malheureusement pas de trace de cette formation, mais j'ai du les voir jouer en plein air, place d'Erlon, pour une fête de la musique. Ils ont joué aussi au 1792, une boite de nuit à Valmy, vers 1989.

Ensuite le groupe a pris une autre tournure, Christophe passant à la batterie à la place de Jean, et en accueillant Wadel à la contrebasse et Catherine (la soeur de Christophe) au clavier. C'est avec cette formation qu'ils sont passés à la vitesse supérieure, répétant beaucoup et réussissant à gagner le tremplin régional des Découvertes du Printemps de Bourges. Ils ont ainsi pu aller représenter le région Champagne-Ardenne à ce festival, sans doute en 1991. Cela n'a pas débouché sur une "victoire" nationale au tremplin, ni sur une signature avec un label, mais ils s'y sont fait remarqués et ont eu des contacts supplémentaires avec le milieu des "musiques amplifiées" (comme on disait alors).

Et en 1991 ils sont aussi allés à Bruxelles aux (réputés) studios ICP, pour enregistrer une démo de 5 titres, avec un son incroyable de qualité pour l'époque et pour un groupe français. Un son très ample, très équilibré, avec les rondeurs de la contrebasse, les aigus de la voix et de la guitare, la nettetté de toutes les parties musicales, de la batterie, du piano électrique (ou clavecin selon les titres). Un son très accoustique, un peu à la Violent Femmes, pas du garage ni punk car très propre, mais pas commercial non plus, un son puissant et saisissant.

Il y a d'abord la reprise de Requiem pour un con, de Gainsbourg, chanson qui était à l'époque bien moins connue qu'aujourd'hui, avec une version personnalisée et des supers arrangements de piano/batterie/contrebasse. Leur seul titre en français, la voix passe très bien.

Mais le meilleur reste à venir, avec Welcome to the TV Show, magnifique compo avec son riff de clavecin entêtant et ses saillies de guitare électrique façon mandoline italienne, plus des choeurs aériens et une fois encore, de supers arrangements batterie/contrebasse... "Yes we will be proud of ourselves" chante Stupp à tue-tête. En effet, il y avait de quoi l'être ! Mais c'est en fait un texte ironique sur la prétention et l'arrivisme (enfin grosso-modo, ça me semble être à peu près l'idée).

Les trois autres titres sont excellents eux aussi : Ten inches penis (!), Question of noze et Rosbeef (rosbeef in my heart, baby !). Sur cette dernière, il doit y avoir une guitare slidée qui sonne presque comme un violon. De toute façon ce groupe fourmille d'originalité et de classe d'une façon générale.

Je me souviens de les avoir vus sur la scène de l'Usine à Reims, dans cette formation, et ils sonnaient très bien en live aussi. On sentait qu'ils avaient fait un gros travail sur leur son, il faut dire qu'ils étaient tous plutôt du genre perfectionniste et qu'ils écoutaient beaucoup de trucs.

C'était l'époque à la con ou le vinyle était en déclin et le CD pas encore abordable pour les groupes amateurs, à moins de casser une grosse tirelire... Du coup cette démo n'a été diffusée qu'à l'état de K7 pour rechercher des concerts ou à quelques radios et labels. 

Par la suite, ils ont continué à gonfler, se faisant repérer par Noir Désir, qui leur avait proposé de faire leur première partie sur un gros concert parisien. Et ils ont eu des contacts sérieux avec une maison de disque. Mais là, on leur a demandé de chanter en français, alors pour Stupp, c'était hors de question qu'on lui impose un truc comme ça et il a refusé - à juste titre ! Un peu plus tard le groupe s'est arrêté. Je crois que c'est Stupp qui en a eu marre et a jetté l'éponge pour mener d'autres projets, sur Paris.

Ensuite il y a eu une deuxième (ou troisième) mouture du groupe, sous le nom de "Araja" (sans s et sans article), avec Christophe au chant et à la guitare (et au bouzouki électrifié ou un intrument dans ce genre), toujours Vadel à la contrebasse (ou à la basse, je ne sais plus) et Jean Bigot, l'ainé de trois frères qui ont tous joué de la batterie dans des groupes de rock rémois (Jean, Nicolas et Manel). Cela restait très bien, mais pas aussi bien que du temps de Stupp, à mon avis. Ils ont du jouer au moins trois ans et enregistrer quelques démos.

Avant le départ de Stupp, il y avait eu aussi des répétitions prometteuses avec un saxophone, tenu par Sylvain (ex-membre de plusieurs groupes rémois, dont Dynamo avec moi en 1994) mais restées sans suite (malgré un ou deux concerts, je crois).

En tout cas, voilà une démo qui mériterait grandement d'être (ré)éditée, si possible en vinyle 33tours, avec pourquoi pas quelques extraits du concert de Claudel en bonus (dont l'intensité compenserait la mauvaise qualité de l'enregistrement), le tout pour l'édification des jeunes générations de rockers de Reims et d'ailleurs !...

 

(rédigé de mémoire, cet article comporte sûrement des inexactitudes qui seront corrigées avec plaisir sur simple demande ;)

 

PS : (05/11/2016) Quelques dates de concert des Arajas et de Araja :

 - 03/05/1989 : Shifters + Les Arajas @ M.J.C. Claudel / Un autre émoi
 - 16/02/1990: Passion Fodder + Les Arajas @ L'Usine
 - 12/10/1990: Festival Octob'rock - Les Arajas + Kid Pharaon @ L'Usine
 - 20/03/1991: Noir Désir + Les Requins Marteaux + Les Arajas @ L'Usine
 - 11/10/1991: Festival Octob'rock - Les Arajas + Black Maria + Dominic Sonic + Les Dogs @ le Cirque 
 - 02/06/1994 : The Shoulders + Araja @ L'Usine
 - 06/12/1994 : Araja + Azteks @ M.J.C. Claudel
 - 16/12/1994 : Araja + Dynamo @ M.J.C. Claudel

Les Arajas figurent aussi avec 2 morceaux sur La compil du Nain Jaune Vol.4, éditée par Rod Caravannes vers 1990.
02 - Arajas - Cold friday
03 - Arajas - Nine is new

Merci à Julien pour ces infos et pour ses repérages de trucs à corriger ici et là !

Voir son blog ici : http://documentsmusicauxremois.blogspot.fr/ 

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03 janvier 2016

Découvertes musicales 2015

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Quelques disques relativement récents que j'ai pas mal écouté ces derniers mois :

 

French Boutik : Mieux comme ça (Copase)

3ème EP de ce super groupe mod de Paris, avec 4 titres disséminés sur 2 45tours, dont une reprise de Madness : Tiptoes. Et j'ai un faible pour End of the line, belle composition.

https://www.youtube.com/watch?v=Q4vjQX7DpHU

Os Noctambulos : Corsica garden (Evil)

Super album du groupe parisien de l'anglais Nick Weldon avec Baldo, Coline et Valentin. Il reprend Song for Olivier, tube qui était déjà sur leur splitt 33t avec les Plantains. Plus plein d'autres superbes titres, comme Forget everything, On the run ou encore Wild... Bientôt un autre album à venir.

https://www.youtube.com/watch?v=2zGaNFcQVB8

The Madcaps : The Madcaps (Howlin Banana)

Ecxellent groupe de Rennes, qui viennent de sortir un nouvel album, Hot sauce, pas encore écouté. En tout cas le premier 33tours est super de bout en bout. Ne pas manquer d'écouter le puissant High school troubelmaker. Vus en concert à la Mécanique Ondulatoire il y a 2 mois : extras !

https://www.youtube.com/watch?v=dLpmVNLViXg

Allah-Las : Allah-Las (Innovative Leisure)

J'ai découvert ce premier album seulement cette année mais il date déjà de 2012. Un deuxième est sorti en 2014, mais il n'est pas aussi bon. Ce sont des californiens. De superbes ballades sobres et parfois un peu tristes, mais classieuses et obsédantes. Tell me (What's on your mind) : impeccable tube ! Seven point five est l'une de celles qui me restent en tête constamment.

https://www.youtube.com/watch?v=rK95uR1gE2I

 

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Cate Le Bon : Mug Museum (Turnstill)

3ème album de cette excellente chanteuse et musicienne galloise, maintenant basée à Los Angeles. Il date déjà de 2013, mais j'ai continué à beaucoup l'écouter depuis ! Mon titre préféré : Duke. Magnifique. Vue en concert au Point Éphémère il y a deux ans environ, super bien.

https://www.youtube.com/watch?v=SK6wq7WlBZI

Les Moonshiners : Prière pour aujourd'hui (La Fugitive)

L'un des meilleurs groupes actuellement actifs sur la scène parisienne. Leur CD est sorti cet automne, 18 très bons titres. Avec Thierry Cokrane au chant, superbe voix, mais aussi Mikael, ex-Pénibles, excellent guitariste, Alex le très bon contrebassiste du Massey, plus Frank Williams et Cyrille Andrieu, qui se sont aussi illustrés aux cotés de Fantazio. C'est rock and roll, très roots, ça groove, c'est beau.

https://www.youtube.com/watch?v=oTsqh7P2SA4

The Riots : Take no prisonners (Time for action)

EP 25cm 4 titres de ce groupe de Moscou, vu en concert cette année à la Mécanique Ondulatoire. Ce sont des copains de French Boutik. Excellent punk rock, évoquant Stiff Little Fingers et The Jam. Meilleur titre (un tube!) : Take no prisoners, pas écoutable en ligne, mais Sulphate est très bon aussi : https://www.youtube.com/watch?v=LJD0Sa1yhRg

Dividers : Fourwalls Farewell (Casbah/Beast Rds)

On a découvert ce groupe de Toulouse par hasard lors d'un week-end à Lille. Ils jouaient dans la toute petite cave d'un bar du centre-ville. On leur a acheté l'album vinyle dans la foulée, qui contient l'entêtant morceau Hook, au final un peu long mais super quand même. Un groupe à voir !

https://dividers666.bandcamp.com/track/hook

Les Rivals : Les Rivals (Cashbah Rds)

Également sur Cashbah Records, le 33tour des Rivals, sorti depuis déjà 2014, mais qui mérite de ne pas tomber dans l'oubli, avec des bombes comme Falling from the shelter, Glory days, In my bed, ou encore Halfway there, dans un style plus planant. L'un des tous meilleurs groupes à voir sur scène (à Paris et Montreuil principalement) depuis ces dernières années années. Grosse ambiance !

https://lesrivals.bandcamp.com/album/lp

 

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Quelques vieux 45tours marquants, parmi ceux chinés ces derniers mois, ici et là :

Nestor Campos : Cavalo do cao(Guilde internationale du disque)

Ce boléro extrait du EP 33tours 6 titres Fiesta tropicana est vraiment très sympa :

http://www.discogs.com/fr/Various-Fiesta-Tropicana-Dances-From-South-America/release/1861146

The Melodians : You don't need me(The Melodians)

Tomber su r un pressage original du label Treasure Isle à 30 centimes sur une brocante, ça fait quand même très plaisir, surtout que les Melodians font partie de la crème des vieux groupes jamaïcains.

https://www.youtube.com/watch?v=6neepiKp0Gg

Joe Ferrer & His Devil's Boys : Rockin' crickets(Président)

Un bon instrumental rock avec un saxo plus un arpège de son bizarre qui fait le sel du morceau :

https://www.youtube.com/watch?v=Y-HywqfiTA8

Claude François : Reste(Disques Flèche)

Une des meilleurs reprises soul de Clo-clo, on peut rire (il y a matière) mais quand même, quel son, c'est génial ! Version (artificiellement) longue sur Youtube (les images valent le détour aussi ) :

https://www.youtube.com/watch?v=eD1hOU6Zktc

L'original, Beggin, des Four Seasons, n'a pas cette pêche, ni même la reprise portant classieuse de Timebox :

https://www.youtube.com/watch?v=hQgmyQFFQjo

https://www.youtube.com/watch?v=WJ_QW3m_YO8

Les Sunlights : Cassez la baraque (Disc AZ)

Un titre marrant des Sunlights, que je ne connaissais pas, ça sent le surf sur la vague post-68 :

https://www.youtube.com/watch?v=d9CgNulkD6g

Jacky Moulière : Lam'di lam'(Disques Salvador)

Super titre, chanté par l'un des poulains d'Henri Salvador, en 1964 :

https://www.youtube.com/watch?v=nwF6mVaU_Ic

Tazi : Une fille (Electro Disques)

Étonnante chanson en français d'un chanteur algérien des années 70 !

http://www.encyclopedisque.fr/disque/54895.html

Maya Casabianca : Chéri chéri je reviens (Philips)

Tombé par hasard sur cette super chanson, reprise française de Shimmy Shimmy ko ko bop, de Little Anthony and The Imperials, un groupe de doo wop :

https://www.youtube.com/watch?v=WcGhlrcVRNw

Là contrairement au Reste de Clo-clo, la version originale est clairement au-dessus, c'est la classe !

Roger Clency et Marie Josée : Alalila (Disques Jackman)

Un super morceau de la Réunion, années 60, accompagné par le Club Rythmique ; ça swingue ! Cette version sur Youtube semble légèrement différente du 45 tours :

https://www.youtube.com/watch?v=ngcvBg0Fowc

Los Cangaceiros : Gypsy mambo(Président)

super 4-titres de musique afro-cubaine, dont ce titre là en particulier, tout en cuivres inspirés :

https://www.youtube.com/watch?v=mEBTr5JRRIY

Ronnie : Beestjes (Delta)

Chanson pop néerlandaise bien marrante, du début des seventies - et y a même le clip qui va avec !

https://www.youtube.com/watch?v=yoZX-hWDRV4

Maurice Guinard et ses Rythmes : Zezette (Babylone)

Un chouette boléro instrumental, au piano, avec orchestre. On ferme les yeux, on est déjà au bar...

http://www.cdandlp.com/maurice-guinard-et-ses-rythmes/zezette-piff-signorita-dansez-jenny/45t-ep-4-titres/r116040222/

Dalida : Je préfère naturellement (Barclay)

Encore une petite surprise laissée par Gainsbourg, au détour d'un EP de Dalida, c'est pop, c'est drôle, c'est « anglais !

https://www.youtube.com/watch?v=OVOiqAOz0YU

Los Brincos : Borracho (Novola)

Super titre de ce groupe rock espagnol des sixties, consacrée à l'abus d'alcool (« bourré »!). Le seul titre à ma connaissance avec des chœurs de type bourré (hormis les Charlots, bien sûr) :

https://www.youtube.com/watch?v=6wHPa3o8e0g

Pierre Louiss : Pas tant de grimaces(Disques Régence)

Super chanson antillaise, sur une jeune fille qui se la joue un peu trop, super musique, supers chœurs :

http://www.discogs.com/fr/Pierre-Louiss-Tu-Peux-Compter-Sur-Moi/release/7091713

Bruno Lorenzoni : Nouvelle vague (GEM)

Et pour finir, une excellente reprise du Nouvelle vague de Richard Anthony (alias Three cool cats des Coasters), avec son accordéon, son orchestre et sa swinguing french touch enthousiasmante !

http://www.amourdurocknroll.fr/pages/bruno_lorenzoni.html

 

Bonnes écoutes et bonne année 2016 !

 

 

Ronnie en de Ronnie's - Beestjes

 

 

 

 

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28 décembre 2015

Tazi : Une fille / Briya (Electro Disques, ed. 121)

 

Tazi - Une fille

 

Une fille : une chanson étonnante, chantée en français par un chanteur algérien (ou d'origine algérienne), comme l'indique l'intitulé de la collection sur la pochette : "La voix oranaise". Les paroles décrivent la solitude et les espoirs d'un homme qui aimerait bien trouver une femme. Sûrement un chanteur de la communauté immigrée qui tounait pas mal aux alentours de Barbès, comme Lili Boniche, par exemple, un autre chanteur et musicien plus connu. Cela doit dater des années 70, à en juger par leurs looks sur la photo. 

Malheureusement, je ne possède pas la bonne pochette, mais on la retrouve sur le site Encyclopédisque :

http://www.encyclopedisque.fr/artiste/19016.html

Moi j'ai celle de Zohra / Rabou Léhbêbe (ref. ed. 119, sans le disque, donc). Ce sont les deux mêmes femmes qui posent sur les deux pochettes (sans doute issues de la même séance photo, mais avec des habits différents).

La musique de Une fille est super, tout comme le chant et le texte. L'autre face, Briya,  est bonne aussi, mais plus traditionnelle et chantée en arabe. Il existe au moins un 3ème 45t de Tazi, référence ed. 120 : Bente Jarre / Tbib.

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12 juin 2015

45-tours de Seb - 4/4

Et pour finir, au sein de ces cartons de disques, se cachaient finalement quelques pépites inhabituelles, de celles qu'on voit rarement traîner sur les brocantes ou dans les bacs à soldes des disquaires d'occasion. Du rock, français mais surtout américain...

D'abord un 4-titre sans pochette des Mustangs, l'un de ces nombreux groupes français instrumentaux à guitares électriques, formés sur le modèle (anglais) des Shadows. Avec Drums, mid-tempo pas mal senti, suivi de Hully Gully Lemonad, plus rapide et joyeux. Très bonne guitare solo, qui va donner toute sa mesure en face B, avec une excellente version du Lac des cygnes (20 ans avant The Madness !), façon twist avec moult roulements de tambours et effets de vibrato ! Le disque se termine par le Neghev, un morceau de folklore, un peu moins bon (et ça tombe bien car il y a une rayure dessus).

Les Mustangs - Theme Du Lac Des Cygnes

Idéale transition entre la Françe et les Etats-Unis : un 2-titres des Hou-Lops, super groupe québecois (dont on peut entendre l'excellente pub Honda, 2 roues qui ont des ailes, sur la compilation Dans le vent vol. 2) qui interprètent Pour toute la vie, un bon rock avé l'accent, et Demande moi pardon, qui lui s'excuse d'être un poil tartignolle. Le label (Apex) mentionne « Hou Lops – Les Têtes Blanches ». Je ne sais pas si c'est le nom complet du groupe, à vérifier auprès de spécialistes du style, car il existe des dizaines d'excellents groupes et morceaux de rock sixties canadien, qu'on peut sans doute trouver relativement souvent sur les vides-greniers de là-bas (mais jamais chez nous).

Royale MonarchsJ'en arrive enfin aux USA, avec une petite série de singles obscurs sur des labels tout aussi obscurs, sûrement rapportés directement de là-bas par Seb lors de quelques voyages au pays des sources du rock and roll. Comme les Royale Monarchs, sur Dell Star Rds, qui chantent My babe, très bon rock fin 50's, en face B de Surf's up, mais que je trouve pour ma part plutôt moins bon, même si agréable, avec cris dans le fond et solo de saxo.

Raindrops - Hanky PankySur label Jubille, une version du classique Hanky Panky, par les Raindrops, groupe de chanteuses façon Shangi-Las. Une version plutôt lente qui sonne très bien, avec des fûts de batterie aux peaux délicieusement détendues (ça résonne!) et une fausse fin, suivie d'une reprise avec un baryton qui fait sa grosse voix. En face B : That Boy John, plus speed mais moins bonne compo, elle aussi signée par Jeff Barry. Je réalise soudain qu'il est aussi le producteur de ce single et c'est là qu'en y regardant de plus près, je découvre que cette 'obscure' version n'est autre que la version originale (!) qui fut ensuite popularisée par Tommy James and The Shondells, puis reprise par un tas de gens.

Label VIK

Autre curiosité, cette fois sur label Vik (aux 3 lettres multicolores sur fond noir, la classe) : Teddy Randazzo (with Henri René's Orchestra) qui joue Be my kitten little chicken, excellent rock au style un peu doo-wop, super chœurs, super guitare... - Little serenade, l'autre face, est moins intéressante.

The Rivieras

Et pour finir cette série des obscurs hits du rock and roll américain en pressage original, un classique un peu moins obscur : le superbe Let's have a party tonight, par The Rivieras (sur label Riviera !). Titre endiablé au son chaleureux qui résumerait assez bien l'esprit des soirées DJ de Seb ! La face B est étonnante : Little Donna est en fait une grosse pompe du Rock and roll music de Chuck Berry, moins groovy mais bien speed – la version ultime restant pour moi à venir, chantée par John Lennon sur le 4ème album des Beatles).

En guise de cerise sur le gâteau, restaient enfin à extraire 3 disques de garage-rock, le genre souvent le plus recherché.

J'ai reconnu assez vite un 4 titres blanc sans pochette édité par Juke-Box Magazine (le spécialiste français du vinyle rock d'occasion) sous référence JBR 10002 EP. Disques de rééditions de raretés, sans doute mis en supplément de certaines numéros, que ne devait pas manquer de décortiquer Seb Sorrow - comme nous l'avons tous plus ou moins fait à un moment ou un autre. On a ici un titre des Pirates, mais peu intéressant (Entre toi et moi), suivi d'un titre de Claude Righi, Toi qui n'y crois pas, bonne compo originale avec guitare fuzz dans le fond (dès 1965, en plus). Et en face B, Carl Perkins & The Nashville Teens : Big Bad Blues, bien mais très classique. Et enfin et surtout, Bad little woman, par The Wheels (des irlandais, tout comme Them), l'une des plus belles tueries du garage 60's, compilée sur je ne sais plus quel volume des séries Nuggets ou Peebles. À noter que la version des Shadows of Knight, groupe beaucoup plus connu, est carrément moins bonne. Ça fait plaisir de récupérer un tel truc en 45-tours !

The Wheels - Bad Little Woman - 1966 45rpm

Puis encore une réédition, de Underground Records, qui doit elle aussi dater des années 80 ou 90, un single au label jaune (toujours sans pochette) avec un groupe par face : Tobbaco Road, des anglais Nashville Teens (les mêmes qui accompagnaient Carl Perkins sur Big Bad Blues) thème blues un peu trop caricatural à mon goût, mais super dynamique dans l'interprétation. Et sur la face A, Just in case you wonder, super morceau fuzz des canadiens The Ugly Ducklings. J'ai tout de suite tilté en voyant leur nom groupe car j'avais déjà flashé sur leur titre Nothin, vraiment excellent (compilé lui aussi je ne sais plus où).

Et pour couronner le tout, un tube ultra efficace du garage rock, super dansant, Steppin out, de Paul Revere & The Raiders (pressage Columbia US d'époque, avec en face B, Blue fox, très bien aussi malgré la barre déjà très haute). Voir au passage une version télévisée haute en couleur de ce tube (ci-dessous).

Qu'est ce qui pouvait expliquer que je tombe sur un truc pareil, dans ce qui n'était sensé être qu'un amas de troisième choix – à part peut-être une rayure légère mais assez nette pour se distinguer sur toute la durée de Steppin out ? C'est surtout, redisons-le, que le troisième choix de chez Seb, c'était juste du caviar par rapport à n'importe quelle brocante de base. Ah, il avait du en fouiller, des piles et des cartons de disques, pour arriver à agréger un tel stock de rock and roll de tous styles et de tous états (du meilleur au pire), venus de tous horizons (Amérique, Italie, Belgique...)

PAUL REVERE & THE RAIDERS - 1966 - "Steppin' Out"

Mais même s'il devait faire un peu figure de champion toutes catégories, cette passion sans bornes pour la musique, Seb SF Sorrow la partageait avec bien d'autres comparses. Et il est encore possible aujourd'hui d'entendre des sets dans le même esprit que celui qu'il cherchait à faire vivre, avec des DJs comme Baldo, qui joue à droite à gauche régulièrement, ou Chris Waldo aux platines du Tiki Bar, Jay le Grand Duc du Kansas, quand il revient à Paris, Kitty et Pascal Norvin, Le Colonnel et le Dérailleur, au Cannibale Café ou sur la péniche du Petit Bain avec Big Joe, ou encore Astro et Gerald de la Fuzz, Ivan et Topper à la Mécanique Ondulatoire, David McPlatini et Gaëlle Punaise au Saint-Sauveur, Toto ou Erwan, à l'occasion, Ronan et Patrice, encore plus rarement, au Vinyle Office éventuellement. Et bien d'autres encore... Well, Let's have a party tonight !

Let's Have A Party - The Rivieras

Opération Kangourou : http://www.kangourou.populus.ch/

Tiki Lounge Bar : http://tiki-lounge.fr/

Vinyl Office Shop : https://www.facebook.com/groups/vinyloffice/?fref=ts

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03 juin 2015

45-tours de Seb - 3/4

 

JEverly Brothers recto'ai aussi récupéré plusieurs disques de rock un peu plus pointus, assez connus ou bien donnant envie de se faire connaître.

Une réédition (1980) de titres des Everly Brothers de 1960. Let it be me, une ballade sentimentale pas terrible, adaptation en anglais d'un titre de Bécaud et Delanoe ! Mais surtout Since you broke my heart, une magnifique ballade nostalgique, l'un de leurs meilleurs morceaux, avec en plus une belle photo de pochette où ils posent en pied, en costume noirs sur fond blanc, sans aucun lettrages.

Everly Brothers verso

Autre disque de 1980, mais pas une réédition, celui là : A pop song de Wreckless Eric (Stiff rds). Belle pochette façon punk, un collage de photos d’icônes du rock, en violet foncé sur fond rose. La 'pop song' est plustôt un rock un poil lourd, façon pub rock (même si le son et la voix sont biens) mais c'est surtout la face B, Reconnez Cherie, que j'apprécie, avec un coté frais et joyeux, très pop, pour le coup.

Un autre EP pas trop obscur, mais que je ne connaissais pas : Dean Reed, un chanteur américain de rock and roll au parcours singulier, qui après avoir été signé sur Capitol en 1958 à fini sa carrière en Europe de l'Est, sous le surnom d'Elvis rouge' du ses prises de positions pro-communistes ! Mais là c'est un disque des années américaines, fin 50's, avec son succès, Our summer romance, enjoué mais sage, dans un style un peu doo-wop, précédé par I ain't got you. Et deux titres un peu plus rock en face A : Annabelle et The search. Le tout emballé par une belle paire d'yeux bleus féminins sur fond rouge. Mais la musique me fait plus penser à un Buddy Hollie qu'à Elvis. Jolie pièce, en tout cas.

Dean Reed

Retour aux disques sans pochette, avec un 4-titres de Jimmi Frey, chanteur français yéyé de second plan, que je connaissais pour quelques reprises peu convaincantes de succès américains, sur Panorama, label dont le principal intérêt de ses productions est souvent les instrumentaux de James Award, situés en face B. Mais là, ce 4-titres sorti sur Fontana en 63 n'est pas mal du tout, avec une voix nerveuse et et un bonne orchestration rock (de Louis Marischal), le meilleur titre étant Ne me jette pas la pierre. Et les trois autres sont bons aussi : Si jamais tu m'abandonnais (slop), Si je t'avais (slow) et surtout Soufflé, un twist bien pêchu - avec en prime un petit solo d'orgue.

J'ai aussi sélectionné un petit Perry Como, chanteur américain façon Sinatra, un single assez enjoué et orchestré mais un peu trop commercial à mon goût : Hot diggity / Juke box baby (titre qui n'a rien à voir avec celui de Suicide, mais qui a du me pousser inconsciemment à mettre ce disque de coté, au cas où, dans l'espoir d'un improbable rapport entre les deux).

Et encore un autre américain, pas très connu mais quand même, dans le style ryhthm and blues cette fois : Gary U.S. Bond, avec le single sans pochette de son premier hit, en 1960, New Orleans. Très bon morceau, un classique (mais pas mal rayé, celui là ! Quasi-sûr que Seb en avait une version nickelle dans ses bacs de DJ). Et face B pas inoubliable, au titre prédestiné : Please forgive me (le tout sur Legrand Rds).

Gary U.S. Bonds - New Orleans

Ensuite un célèbre italien, Adriano Celentano, avec un bon 2-titres bien rock and roll sur un pressage italien de 1959 (Jolly Hi-Fi Rds) : Ciao ti diro' et Un'ora con te. Voilà le genre de truc connu, pas très rare (sans pochette mais en bon état), mais qui ne court pas les vides-greniers. Cool de trouver ça là et déjà presque inespéré, mais on n'était pas encore au bout de nos surprises !...

(à suivre)

 

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30 mai 2015

45-tours de Seb - 2/4

 

Pour commencer, j'ai récupéré, comme je m'y attendais, quelques bons vieux trucs commerciaux des sixties, pop française et musique d'orchestre ordinaires, comme on en trouve souvent sur les vides-greniers. Par exemple un Raymond Legrand, Apprenez le cha-cha-cha, un 4-titres du label Trianon, état très moyen, pochette en 3 couleurs : fond rose plus photo en noir et blanc, titres incongrus (L'âge atomique - Rock around the Island), musiques gentilles et guillerettes mais sans grand intérêt.

Puis un  Henri Génès : là on monte d'un cran, lui c'est un comique qui faisait des cha-cha bien rigolos et des bonnes chansons à l'orientale, un peu comme Dario Moreno. Et là c'est un 4-titres 100 % twist, en plus, Le roi du twist (Pathé EG 595) ! Dont un Viens poupoule twist ! Fallait l'oser. Pochette là aussi en mauvais état mais belle, avec Henri en chemise noire à fleurs blanches posant sur fond rouge et entouré de quelques paires de mains qui l'applaudissent. Super.

Marino Marini 9Ensuite, un Marino Marini (et son quartette), chanteur italien des 50's et 60's dont j'ai déjà plusieurs EPs de la série Dansons joyeusement (Disques Vogue, ccollection Durium). Ici, c'est l'occasion de la compléter avec le n° 9, pas le meilleur, mais bien, avec Chella 'lla, un fox plutôt rock, une reprise de Rock around the clock un poil italianisée, ce qui ne lui fait pas de mal vu la banalité de ce standard ultra-standardisé. Et en face B, Donne e pistole, sensée être un rock and roll, mais en fait une chansonnette swing italienne, avec quand mêmes des arrangements sympas (piano, solos de guitare) et pour finir Malaguena, un joli boléro instrumental. Super pochette, un collage comme toujours dans cette série, avec le quatuor en photo disposé dans une gondole dessinée – qui sera remplacée par un canot à moteur pour le volume suivant (N° 10) : Voyage en Amérique. Tiens, le disque est voilé, mais proprement : avec une face bombée et une face concave, du coup, il se lit très bien, pour les 2 faces, malgré le fort degré de pente !

Quoi d'autre ? Un France Gall, sans pochette et pas en bon état, un 4-titres Philips qui craque, mais celui-là, contrairement à d'autres, ne court pas trop les rues : Baby Pop (super titre pop signé Gainsbourg). Toujours sympa à trouver, donc, en complément des 6 ou 7 que j'avais déjà. En face B, Cet air là, autre bon morceau (mais encore plus rayé).

Milan GramantikCoté musique d'ambiance, une curiosité : Milan Gramantik : Le manège infernal, un titre d'accordéon assez marrant, une marche speed et pop avec envolées virtuoses sur fond de basse et de batterie. Disque Vogue sous pochette papier standard à trou central (pour montrer l'étiquette), mais décorée d'une photo nocturne du Moulin rouge et de la mention 'Succès de paris' (pochette relativement fréquente), le tout en très bon état, pour une fois, et édité en 1967, quand même...

Enfin, un classique parmi les orchestres sixties instrumentaux, le belge André Brasseur, avec son orgue et ses guitares fuzz ! Ici un 2-titres (sans pochette), pas rares mais que je n'avais pas encore : Holiday (excellent tube, souvent joué dans l'Opération Kangourou) et en face B, The Kid, très bon aussi. L'avantage des 2-titres par rapport aux pressages en 4-titres, c'est qu'ils claquent plus, la place sur le vinyle permettant des sillons moins resserrés et augmentant la dynamique du son. L'idéal, donc, surtout pour les disques-jockeys.

Et enfin, pour clore ce chapitre des variété, un 2-titres de John William, un baryton virtuose connu pour ses grands succès de gospel mais aussi à l'eau de rose, très vieux-jeu et plein de bons sentiments. On en trouve à la pelle, sur les vides-greniers, autant que du Enrico Macias ou du Mireille Mathieu. Mais par contre, je le connaissais pour sa version super kitch et drôle de Goldfinger (BO de James Bond) et là, c'est une autre perle, qu'on voit rarement traîner, une reprise des Beatles / 4 garçons dans le vent (A hard days night). C'est fun, c'est frais, il en fait des tonnes, il y a des chœurs yé-yés tout comme il faut et une orchestration nickel au son bien rock ciselé en beauté.

4 garçons dans le vent john williams

Ces quelques disques auraient déjà fait royalement mon bonheur, mais là on n'était encore dans mon terrain de jeu banal et habituel. Ali Baba venait à peine de plonger les mains dans la première motte de trésors...

(à suivre)

 

 

 

 

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23 mai 2015

45-tours de Seb - 1/4

Tract-seb-new

Seb (Sébastien) était un DJ parisien, sous le nom de SF Sorrow, mais c'était aussi un pilier du rock and roll à Paris, qui est mort en 2010, à la grande tristesse de ses nombreux amis. Passionné par cette musique, de ses origines à aujourd'hui, il avait aidé beaucoup de monde, en particulier dans l'organisation de nombreux concerts. Il avait aussi accumulé, à ce qu'on disait, une collection de vinyles phénoménale, pendant plusieurs dizaines d'années.

Quelques temps après sa disparition, la question s'est posée de savoir quoi en faire, sa famille n'étant pas portée sur ce genre de collection. Je crois savoir que les disques ont été en grande partie revendus à des disquaires d'occasion et quelques uns donnés à ses amis proches. Il devait y avoir de nombreuses pièces précieuses et rares dans cette collection. Mais il y avait tellement de pièces que même après ces répartitions, il en restait encore un bon paquet, issu notamment d'une cave où Seb avait du les remiser faute de place.

C'est alors que Baldo, un ami de Seb qui avait fait de nombreux sets de DJ avec lui, a eu l'idée avec quelques autres, d'exposer plusieurs cartons de disques dans le sous-sol du bar la Mécanique Ondulatoire (Paris 11e) et d'inviter des gens qui l'avaient connu à récupérer quelques uns des 45tours et 33tours restants. Voilà comment je me suis retrouvé à piocher dans les restes des tréfonds de cette immense collection, un dimanche après-midi. J'étais en compagnie d'Astro, un autre grand amateur de rock – des sixties en particulier. Par bonheur, deux platines avec casques avaient été installées, ce qui permettait de jeter une oreille aux disques avant de faire un choix. En effet, il fallait n'en choisir qu'une dizaine, le but n'étant surtout pas de se jeter sur tout ce qui traînait, mais au contraire de faire preuve de retenue et de respect, au vu des circonstances.

Moi, j'étais sûr d'y trouver mon bonheur, Seb étant apparemment un boulimique à la curiosité musicale très élargie, tout comme le Colonel et le Dérailleur Fou, camarades avec qui il participait à l'Opération Kangourou, émission de radio hors-normes qui diffuse de vieux jerks arrangés pour accordéon et autres curiosité tropicales d'autrefois, vieux vinyles jamais réédités qu'on n'entend nul par ailleurs sur les ondes. Il y aurait donc sûrement un petit Verchuren, un Norman Maine ou un Marino Marini à dégoter.

Mais là où j'ai été bluffé, c'est qu'on est en fait tombés sur de belles pépites, ce à quoi je ne m'attendais pas, sachant accéder à un choix de troisième main, après plusieurs tris et re-tris !

Et c'est là que c'est étonnant : cette collection était tellement riche que même dans ses restes issus des fins-fond d'une cave, on pouvait y trouver des merveilles ! Bien sûr, je me suis retenu, mais je n'ai quand même pas pu m'empêcher d'en sélectionner au moins une bonne vingtaine - avec l'accord de Baldo.

SEB

Une fois rentré chez moi, je n'ai pas pu me résoudre à mélanger ces disques avec les autres, me disant que quelque chose les reliait entre eux, du fait de leur provenance spéciale. Alors j'ai fait un petit logo au feutre, « SEB », en bas à gauche de chaque 45tours. Il faut préciser que je n'avais choisi que des 45tours, mon format de prédilection, et que la plupart étaient sans pochette, enfin juste une simple pochette de papier blanc, ou bien aux couleurs du label. Donc pas de scrupules à marquer ces non-collectors d'une empreinte indélébile, les enrichissant au contraire d'une information intéressante.
Discographisme(On pourrait voir dans ce geste l'influence de Patrice Caillet, grand ami de Seb et auteur de deux beaux livres étonnants, Discographisme ré-créatif, montrant sa collection de disques d'occasion aux pochettes refaites ou modifiées par leurs anciens propriétaires, ce qui leur confère un caractère de pièces uniques, dans une possible vision à mi-chemin entre ethnologie et art brut).

http://approximatif.free.fr/

Et maintenant, autopsie dans le désordre, d'un petit morceau d'ADN de la collection disparue de Seb alias DJ SF Sorrow, récolté au petit bonheur la chance.

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

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19 avril 2015

Claudy Servais - Univers valse (Disques Babylone)

Claudy Servais - Univers valse

Très belle pochette, avec un graphisme datant sûrement des années 50. Très peu d'infos sur Claudy Servais, sur Internet. On apprend qu'il fut un jour dans son enfance "le plus jeune accodéoniste de France", via une carte postale à vendre sur un site. Les cousins du site Encyclopédisque ne possèdent qu'un 45tours, Ma cahute (+ 3 titres). Mais il y a au moins deux autres disques de Claudy Servais, avec la même pochette que le mien, déclinée dans d'autres couleurs : une orange et une bleue (seuls les titres changent).

Celui-ci (le vert - BAB 1011 STA) commence par A la Vilette j'connais un gars, une valse d'Henry de Livry, bon morceaux, presque instrumental, mais avec un couplet chanté tout à la fin, peut-être par un certain Jacques Lemer, dont le nom figure sur au recto de la pochette (sans plus d'infos). Deuxième titre de la face A : Le cha-cha de l'auvergnat (toujours signé De Livry). Démarrage en cha-cha ordinaire, puis un refrain où se dessine une mélodie assez caractéristique du style auvergnat, pour déboucher (là encore) sur une partie chantée, à propos d'un auvergnat qui aime le cha-cha (plus que la samba). Sympathique. 

En face B, toute instrumentale cette fois-ci, un morceau un peu plus ordinaire, mais pas mal : Sur la concha (de Charles Cloarec et Jean Nivel), un joyeux paso-doble. Et enfin, une excellente valse composée par Claudy en personne, avec une très belle mélodie et sur un rythme bien chaloupé : Univers valse

Le verso de la pochette n'est pas illustré et présente simplement un extrait du catalogue Babylone. Par contre, l'étiquette du label est très jolie. On l'aperçoit sur l'extrait vidéo ci-dessous (elle est verte, à coté du timbre Biem qui lui est rouge).

 

Claudy Servais - Univers valse (extrait)