Boum Bomo verso série 1

 

La fameuse série des « Boum Bomo » est un classique des vinyles de brocantes. Dans les 60's, la Bonneterie de Moreuil (à Amiens) alias BOMO, lance une série de 45tours, BOUM BOMO, sous-titrée la « Discothèque BOMO, tous les succès du HIT PARADE ».

Sous son propre label, Boum Bomo, édité par les Productions Auteuil, l'entreprise sort une première série de 4 EPs (45tours de 4 titres) dont les dos de pochettes contiennent des photos de modèles d'habits : « Twin-sets, cardigans, pulls, gilets, jarrettes, etc. » La fille qui pose dans de nombreuses tenues semble être toujours la même et c'est elle aussi qui figure au recto de la pochette du 45t N° 1.

Ce premier volume est le seul dont la pochette a un fond bleu clair. La jeune fille, accompagnée d'un petit chien, met des disques sur un pick-up, à même le sol. Plusieurs disques sont étalés devant, parmi lesquels on peut reconnaître deux 33tours des Beatles (With the Beatles et Revolver) et le EP de Dutronc Les Play Boys. Cela nous permet de situer l'année : probablement 1966. Le principe de cette série est qu'un orchestre différent livrera 4 titres instrumentaux sur chaque volume, parfois sur deux volumes, principalement des reprises de tubes du moment.

 

Boum Bomo N° 1

Ce N° 1 est assuré par Raymond Guiot et son orchestre, ça ne démarre pas très fort, avec La Chanson de Lara, bluette romantique de Maurice Jarre, composée pour le célèbre film Docteur Jivago. L'arrangement de batterie a le mérite de bien poser l'ambiance, typiquement variété pop des sixties, avec de courts roulements bien secs, accompagnées d'une basse bien ronde - on dirait du Michel Colombier. Mais les violons sont sirupeux à souhait et on s'ennuie rapidement. Ensuite, c'est South-Highway (signé L. Conti), un morceau un peu plus enlevé, mais qui reste dans le même style assez ringard.

En face B, ça s'améliore peu, avec toujours Maurice Jarre, pour Paris en colère(du film Paris Brûle-t-il ?), qui est quand même une belle mélodie mais dont cette version reste très ordinaire. Pour finir, enfin un bon titre : Les deux guitares, signé Louis Pena, dont on n'a pas fini d'entendre parler à propos des Boum Bomo... Bonne compo, bien rythmée, avec des breaks de batterie bien rock, une belle lead guitare, et des cuivres et des cordes bien foutus, sans oublier un chouette clavecin. On dirait du bon John Barry.

 

Boum Bomo N° 2

Avec le N° 2, on inaugure une série de 3 ou 4 pochettes avec un rond de lumière sur fond noir, série assez homogène qui tranche avec la pochette N° 1 sur fond bleu clair. On voit ici une danseuse en action, avec un carré de cheveux roux. C'est la seule de toute la série qui ne soit pas blonde, soit il s'agit d'un autre modèle, soit elle porte une perruque.  A côté d'elle, un gros bouquet de tulipes et un petit chandelier à trois bougies, sur une table basse, pour une composition kitchisime !

La musique est ici assurée par Les « Pros » et ça commence bien, avec Les Play-Boys de Dutronc, dans une version pas trop mal, avec notamment de jolis petits moulinets de guitares sur le couplet, non-existants sur la version originale. Je pense que c'est pour remplacer le débit de la voix. On entend quand même une parole à la fin : « encore », entre les deux finals, peut-être bien la seule intervention chantée de toute la série Boum Bomo. Et juste ensuite, arrive la première apparition de guitare fuzz de la série ! En introduction de Drugstore midnight, qui semble bien être une compo originale, signé A. Florent. Supers mélodies, plusieurs guitares se répondent, une jouée dans les basses, une autre aiguë au son clair, et enfin une fuzz, qui prend son solo en milieu de morceau. Super basse, super batterie, du bon jerk ; aurait tout à fait pu être joué par les anglais à casquettes dans le film Ne nous fâchons pas.

La Face B démarre moins bien, avec une reprise d'un charleston de Sheila, L'heure de la sortie, bien jouée, mais bon, le charleston, c'est relou, quand même. Puis on revient au jerk avec Le Chemin du lycée (F. Langel), moins bonne compo que Drugstore midnight, la lead guitare est un peu bateau, mais c'est très correct, avec un super son d'ensemble.

 

Boum Bomo N° 3

Pour le disque N° 3, la poursuite lumineuse se fait plus nette, avec un rond rose qui se découpe nettement sur un fond noir, toujours une danseuse et des fleurs sur une table basse (un peu plus discrètes cette fois : deux roses rouges). Cette blonde est apparemment la même que celle au pick-up sur la pochette N° 1 et elle tiendra l'affiche jusqu'au bout de l'aventure Bomo. On voit par contre apparaître à moitié dans l'ombre la silhouette d'un homme de dos, en costard, sur la droite.

Côté musique, ce n'est pas un grand cru, avec Pierre Thibaud et son orchestre. On a affaire à un trompettiste et cela peut vite s'avérer pénible, sauf en cas d'excellent répertoire, mais ce n'est pas le cas ici, avec en ouverture une reprise de Kilimandjaro (la romance de Pascal Danel) suivi de Geronimo (F. Langel), un morceau lent aux arrangements un peu rocks mais globalement assez variète avec une trompette assez soulante. En face B, deux tubes un peu exotiques, Guantanamera et La Bamba, respectivement signés par L. Conti et J. Dina, ce qui n’est pas très honnête puisque l’une est en réalité attribuée à Joseito Fernandez (Cuba, 1928) et que l’autre est un air traditionnel mexicain. Guantanamera démarre pas mal mais ça se gâte assez vite avec la trompette et des arrangements de cordes sirupeux, malgré une bonne rythmique basse/batterie (on vous recommandera plutôt la chouette version de Joe Dassin). Et pour sauver un peu cet EP, on termine avec une version dynamique et assez marrante de La Bamba, morceau de style mexicain sur lequel la trompette passe beaucoup mieux !

À noter (pour les méticuleux) : il y a une erreur de numérotation sur les étiquettes (labels) des disques N° 3 et 4. Les numéros sont inversés, ce sont les numéros des pochettes qui sont les bons. Et la même erreur se reproduira entre les étiquettes des disques N° 6 et 7 !

 

Boum Bomo N° 4

Pour le N° 4, notre danseuse blonde continue à sourire et à danser de plus belle, en robe violette sur un fond de poursuite orange vif du plus bel effet ! Sur une petite table basse, les disques font leur retour à la place des fleurs (on y aperçoit à nouveau le EP Les Play-boys de Dutronc). Et le track-listing va s'améliorer significativement, sous la direction de l'excellent Luis Pena et son orchestre.

Ça démarre avec J'attendrai, reprise de Claude François, c'est à dire I'll be there des Four Tops, un morceau original tellement bon qu'on est forcément un peu déçu ici, l'instrumentation de Clo-clo étant elle aussi excellente. Mais c'est pas mal, surtout la partie de clavecin du couplet ; c'est juste le passage avant le refrain qui manque de punch. Une version un peu courte mais amusante. Ensuite, on a Jerk à St-Germain, une compo de Luis Pena, sympathique mais sans plus, pour un soi-disant jerk, c'est quand même très mou, plutôt une ballade.

Face B, autre reprise d'un excellent morceau, Mellow Yellow de Donovan, bonne reprise, la encore le clavecin est particulièrement réussi, mais le reste sonne bien aussi (basse, guitare, cuivres...) A noter : la présence de chœurs féminins. On les retrouve aussi sur le titre suivant, Spring à Liverpool, une bonne ballade pop, meilleure que le Jerk à Saint-Germain, sans être non plus transcendante. Elle est signée par A. Florent, déjà rencontré sur le volume 2 avec son fameux Drugstore midnight. Mais le meilleur de Luis Pena reste à venir, sur le EP suivant...

 

Deuxième série : à suivre...

 

https://www.youtube.com/watch?v=zghS3b7KQUk