Pour commencer, j'ai récupéré, comme je m'y attendais, quelques bons vieux trucs commerciaux des sixties, pop française et musique d'orchestre ordinaires, comme on en trouve souvent sur les vides-greniers. Par exemple un Raymond Legrand, Apprenez le cha-cha-cha, un 4-titres du label Trianon, état très moyen, pochette en 3 couleurs : fond rose plus photo en noir et blanc, titres incongrus (L'âge atomique - Rock around the Island), musiques gentilles et guillerettes mais sans grand intérêt.

Puis un  Henri Génès : là on monte d'un cran, lui c'est un comique qui faisait des cha-cha bien rigolos et des bonnes chansons à l'orientale, un peu comme Dario Moreno. Et là c'est un 4-titres 100 % twist, en plus, Le roi du twist (Pathé EG 595) ! Dont un Viens poupoule twist ! Fallait l'oser. Pochette là aussi en mauvais état mais belle, avec Henri en chemise noire à fleurs blanches posant sur fond rouge et entouré de quelques paires de mains qui l'applaudissent. Super.

Marino Marini 9Ensuite, un Marino Marini (et son quartette), chanteur italien des 50's et 60's dont j'ai déjà plusieurs EPs de la série Dansons joyeusement (Disques Vogue, ccollection Durium). Ici, c'est l'occasion de la compléter avec le n° 9, pas le meilleur, mais bien, avec Chella 'lla, un fox plutôt rock, une reprise de Rock around the clock un poil italianisée, ce qui ne lui fait pas de mal vu la banalité de ce standard ultra-standardisé. Et en face B, Donne e pistole, sensée être un rock and roll, mais en fait une chansonnette swing italienne, avec quand mêmes des arrangements sympas (piano, solos de guitare) et pour finir Malaguena, un joli boléro instrumental. Super pochette, un collage comme toujours dans cette série, avec le quatuor en photo disposé dans une gondole dessinée – qui sera remplacée par un canot à moteur pour le volume suivant (N° 10) : Voyage en Amérique. Tiens, le disque est voilé, mais proprement : avec une face bombée et une face concave, du coup, il se lit très bien, pour les 2 faces, malgré le fort degré de pente !

Quoi d'autre ? Un France Gall, sans pochette et pas en bon état, un 4-titres Philips qui craque, mais celui-là, contrairement à d'autres, ne court pas trop les rues : Baby Pop (super titre pop signé Gainsbourg). Toujours sympa à trouver, donc, en complément des 6 ou 7 que j'avais déjà. En face B, Cet air là, autre bon morceau (mais encore plus rayé).

Milan GramantikCoté musique d'ambiance, une curiosité : Milan Gramantik : Le manège infernal, un titre d'accordéon assez marrant, une marche speed et pop avec envolées virtuoses sur fond de basse et de batterie. Disque Vogue sous pochette papier standard à trou central (pour montrer l'étiquette), mais décorée d'une photo nocturne du Moulin rouge et de la mention 'Succès de paris' (pochette relativement fréquente), le tout en très bon état, pour une fois, et édité en 1967, quand même...

Enfin, un classique parmi les orchestres sixties instrumentaux, le belge André Brasseur, avec son orgue et ses guitares fuzz ! Ici un 2-titres (sans pochette), pas rares mais que je n'avais pas encore : Holiday (excellent tube, souvent joué dans l'Opération Kangourou) et en face B, The Kid, très bon aussi. L'avantage des 2-titres par rapport aux pressages en 4-titres, c'est qu'ils claquent plus, la place sur le vinyle permettant des sillons moins resserrés et augmentant la dynamique du son. L'idéal, donc, surtout pour les disques-jockeys.

Et enfin, pour clore ce chapitre des variété, un 2-titres de John William, un baryton virtuose connu pour ses grands succès de gospel mais aussi à l'eau de rose, très vieux-jeu et plein de bons sentiments. On en trouve à la pelle, sur les vides-greniers, autant que du Enrico Macias ou du Mireille Mathieu. Mais par contre, je le connaissais pour sa version super kitch et drôle de Goldfinger (BO de James Bond) et là, c'est une autre perle, qu'on voit rarement traîner, une reprise des Beatles / 4 garçons dans le vent (A hard days night). C'est fun, c'est frais, il en fait des tonnes, il y a des chœurs yé-yés tout comme il faut et une orchestration nickel au son bien rock ciselé en beauté.

4 garçons dans le vent john williams

Ces quelques disques auraient déjà fait royalement mon bonheur, mais là on n'était encore dans mon terrain de jeu banal et habituel. Ali Baba venait à peine de plonger les mains dans la première motte de trésors...

(à suivre)